Archives de 20 février 2010

Une Heure sur Terre à Berlin: Bestanden

On n’est pas à l’école (quand même!) alors je ne serai pas plus sévère envers Jean-François Lépine que lui accorder la note de passage. Il faut l’avouer, même si je les avais à l’oeil étant donné ma familiarité avec le sujet du reportage, c’était bien. Le portrait d’ensemble était correct. Mais, il y a quelques mais…

Rendre des comptes: On n’est visiblement passé à côté d’un bon point, possiblement en voulant éviter d’écorcher les lourds monopoles publics québécois. À Berlin, le transport en commun est un faux PPP: deux sociétés publiques exploitent le transport en commun mais elles doivent respecter un lourd cahier des charges au risque de subir des pénalités financières. La ponctualité, la fréquence du service, les investissements… tout ceci est pris en compte par la ville. À chaque année, elles « passent au cash » et le contrat ne leur est pas dû à son échéance chaque 7 ans. Quelques jours de grève en mars 2008 ont coûté cher à la BVG, qui n’a pas été subventionnée pour les jours sans service. Même chose pour la crise à la S-Bahn, qui a vu la filiale de Deutsche Bahn privée de centaines de millions d’Euros en plus de coûter leurs emplois au dirigeants de l’entreprise et d’entrainer des poursuites d’usagers résultant en l’obligation d’indemniser les gens pendant l’hiver 2010. Et comme la ville décide des tarifs, bien une pénalité financière ne peut pas être récupérée via les ventes de tickets.

La BVG est certes très endettée mais, certaines années, elle fait des surplus budgétaires. Quand est-ce que c’est arrivé à la STM?

Historique: Presque raté. Le système actuel de TEC berlinois ne date pas de 1990. Les chemins de fer sur lesquels roulent la S-Bahn ont commencé à être construits dans les années 1880, la U-Bahn a été ouverte en 1902. Bien sûr, il y a eu d’énormes destructions pendant la guerre et la division de la ville n’ont pas aidé, ils ont ralenti son développement. Sauf que là, à entendre Jean-François Lépine, quelqu’un s’est levé un matin en 1990 et s’est dit « Bon, on va faire 4-6 voies de chemins de fer entre Zoologischer Garten et Alexanderplatz avec une grosse gare en vitre dans le milieu »…. ça ne s’est pas passé de même! Lors d’un reportage sur les artistes à Berlin, Maxence Bilodeau avait fait pareil: pour eux, Berlin est né en 1990. Non, en 1237!

Achalandage: L’excellence relative des TEC berlinois n’expliquent pas à elle-seule leur popularité. Une auto en ville, de manière générale, c’est souvent embarassant. L’essence est plus chère en Allemagne, Berlin est une ville pauvre. Aussi, ne pas oublier que les vignettes pour accéder au centre-ville aux voitures les plus polluantes ont fait en sorte que beaucoup de « vieilles minounes » n’ont plus le droit de sortir.

On dit aussi qu’à Montréal, un très large pourcentage d’automobilistes vient des banlieues. À l’oeil, on voit très vite à Berlin que la grande majorité des véhicules vus en ville sont « plaqués » « B » et non dans l’un des Landkreise autour de la ville. En fait, seulement 250000 personnes font la navette entre Berlin et les villes avoisinantes pour le travail ou les études donc la banlieue est un sujet marginal là-bas. Le faible coût des logements (maisons comme appartements) ainsi que la superficie de la ville (892 km2, dans certains quartiers on est à la campagne) jouent en sa faveur.

C’est pas mal ça :-P


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