Archives de juillet 2010

Où sont les riches Islandais?

On dit qu’au Québec, on parle plus volontiers de sa vie sexuelle que de ses finances personnelles. Je ne saurais dire dans quelle mesure ceci s’applique aux Islandais mais, comme les Norvégiens et leurs skattelistene, tout le monde peut facilement connaitre les salaire de son voisin.

Le quotidien Visir publie d’ailleurs, depuis mercredi, les revenus de mille personnalités publiques. En date de vendredi, la page avait eu 35000 visites.

L’histoire ne dit pas si c’est brut ou net, mais j’espère que c’est le deuxième parce que ce n’est pas si haut que cela. Et considérant le coût de la vie, c’est encore plus touchy comme observations.

Quelques remarques stéréotypés:

- les politiciens et fonctionnaires ne sont pas si riches que ça
– les journalistes seraient contents de travailler pour PKP lol
– les artistes, ça varie mais j’ai l’impression que les auteurs font beaucoup d’argent

Verslunarmannahelgi

Les esprits sarcastiques diront que si Reykjavik a des boulevards de 4-6-8 voies, c’est pour la dernière fin de semaine de juillet, le seul moment où il y a vraiment du trafic en Islande. Quatre jours où on entend des bulletins de circulation à la radio et où la police passe à la télé aux sorties de la ville. La patrouille aérienne est même de mise!*

Au début du siècle dernier, les commerçants (d’où le nom) et leurs employés se sont vus octroyer un long weekend, le premier lundi d’août étant chômé. Maintenant que l’auto est partout, les gens sortent en masse de la capitale pour se diriger vers les nombreux festivals autour de l’ile. Mis à part le traditionnel rassemblement sur Vestmannaeyjar, 17000 personnes sont attendues à Borgarnes par l’organisation de jeunes UMFI.

Même Icelandair sent la pression: ce n’est pas la semaine pour avoir un bon deal!

* Très rafraîchissant cette absence de campagne maternante de la police. À la place, elle est sans pitié envers les émules de Michael Schumacher.

Recensement: une révolte ouest-allemande

Otto von Bischmark est crédité de l’invention de l’État-providence et, près de 200 ans plus tard, les Allemands ont toujours le Sozialstaat près du coeur: rares sont ceux et celles qui acceptent de séparer les deux mots.

Cependant, quand l’État veut compter ses ouailles, l’étatisme prend le bord. Flashback dans les années 1980…

La RFA a tenu un recensement complet sur la population/métiers/lieux de travail en 1970, en planifiant un nouveau en 1981. Bonn désirait mettre à jour ses données sur la population afin de répondre plus efficacement aux besoins.

L’adoption de la loi fédérale sur le recensement a toutefois trainé, au point où le tout a été retardé à 1983. À l’exception du Sénat de Hambourg, tous les Länder et le fédéral ont accepté la loi.

Mais la résistance citoyenne, de gauche comme de droite, s’est organisée parce que l’on jugeait que le gouvernement n’avait pas fait assez pour anonymiser les données. Les tribunaux constitutionnels ont été saisis et le 15 décembre 1983, la Bundesverfassungsgericht annulait le recensement tant que l’État ne garantissait pas que l’on ne pourrait retracer le répondant. Encore en 2010, le "Volkszählungsurteil" est une décision phare en matière de protection de la vie privée en Allemagne.

On avance à 1987. Bonn s’est plié aux exigences des juges et on a refait les questions pour répondre aux attentes des gens. Des mois avant le 12 mai 1987, une campagne est organisée pour inviter les gens à compléter les formulaires. Malgré le caractère obligatoire, un boycott s’organise.

Le boycott de 1987 est plutôt dirigé contre la quantité de renseignements personnels recueillis et les risques de sombrer dans un État-policier. Des comités se forment, on organise un recensement parallèle, on colle les formulaires sur le Mur de Berlin (symbole de totalitarisme).

L’État leur donnera raison: des maisons, y compris le siège du SPD, d’opposants sont fouillées. On fichera des gens à la police pour cela. Partout, les autorités locales ont nié que des millions de formulaires n’avaient pas été retournés. Le formulaire est ici, plus simple que le canadien court mais encore plus controversé!

Truffé d’erreurs, le recensement de 1987 a été presque enterré par l’Allemagne fédérale. Et plus aucun recensement ne s’y est tenu depuis, y compris avec la réunification.

En 2011, l’Allemagne participera au recensement pan-européen via les registres de résidents (Melderegister). Pas question de repasser par le même cauchemar qu’en 1987.

Ceci dit, permettez-moi de souligner que les Melderegister, couplées aux cartes d’identité, cartes fiscales et autres, constituent une formidable mine de renseignements personnels. Et s’il y a une raison de se méfier de cela, c’est que l’histoire nous apprend que c’est comme ça qu’on a repérer les Juifs…

(Danke Wikipedia!)

Seuls les fous ne changent pas d’idée

Un #jeudiconfession recensement-style: toute cette histoire m’indiffère. Avant qu’on commence à en parler, ça ne m’empêchait pas de dormir. Pour moi, la vraie question est plus loin…

Pour tout vous dire, j’ai fortement l’impression que les recensements ne sont qu’une parure. L’État connait déjà la plupart de ce qui est demandé, seulement nous obliger à remplir les formulaires permet aux autorités d’avoir un "front" légal pour confirmer le recoupage des données.

En mentionnant ceci, LCS m’a accusé d’être conspirationniste, que ça ne peut pas être vrai sinon ce serait Big Brother.

Je persiste, il faut être naïf pour ne pas y croire. On sait déjà que Élection Canada constitue la liste électorale avec les rapports d’impôts. Que l’Agence des Services Frontaliers fournit les données pour pincer les chômeurs/CSST-és/SAAQ-és/etc qui voyagent. La même agence n’est surement pas moins bavarde envers le magasinage de Roger et Francine à Plattsburgh.

La SAAQ sait que j’ai acquis une nouvelle voiture le mois dernier. Un appel chez Revenu Québec et, avec ça, StatCan a un beau portrait de mon endettement personnel. Les pensions alimentaires retenues à la source, les prêts étudiants… tous des choses que les ministères se partagent sur notre dos.

Je dirais même plus: avec tout ce qu’il connait sur nous, si l’État a besoin d’un recensement rempli sous la menace d’amende et d’emprisonnement, c’est que nos fonctionnaires manquent incroyablement d’efficacité!

Je mentionnerai également que si je suis en accord entre utiliser les données du recensement pour répartir les services publics, ça ne m’intéresse pas que le secteur privé obtienne les données pour faire des études de marchés. Ceci inclut les dentistes et les chiro, dont un m’a fait tout une scène sur twitter là-dessus (et il réclame même que le provincial rapatrie le recensement!).

Les salons de coiffure font des études à leur frais: Pkoi pas le Docteur aussi?

Quant à mon titre, c’est un clin d’oeil au billet "Le jupon dépasse" chez Les Analystes. Le déchainement médiatique contre cette idée, sans même s’y attarder, est ce qui me scandalise le plus de toute cette histoire.

Je l’ai dit, cette histoire m’indiffère et j’ai toujours rempli mon questionnaire malgré mes opinions énoncées plus haut. Mais, avec l’annonce, j’ai eu l’honnêteté intellectuelle d’examiner des alternatives, de faire des liens sarcastiques avec les bases de données européennes…

Aucune personnalité publique n’a fait cela, d’un bord comme de l’autre.

La chasse aux sorcières conservatrices est plus importante que la réflexion.

Dire que la gauche affirme que le PC agit par idéologie…

Mais c’est vrai qu’eux, c’est la Vérité!

Petits mensonges fiscaux

La semaine dernière, on apprenait que John Kerry évitait de payer des taxes sur son yacht de 500000$. Cette semaine, un autre couple de gauche se faire prendre la main dans le sac: Helle Thorning-Schmidt et Stephen Kinnock. Madame est la chef du Parti Social-Démocrate du Danemark, donc candidate potentielle PM l’an prochain.

Le tabloid BT a découvert que madame a fourni de fausses informations lorsque les autorités fiscales ont demandé combien de temps son mari passait au Danemark. Britannique, monsieur travaille à Genève et le Skatteministeriet cherchait à savoir s’il devait payer des taxes danoises tandis que le ministère de la justice était curieux sur sa qualification à posséder la moitié de la résidence familiale (le Danemark limite l’accès à la propriété des non-citoyens).

Madame a affirmé que monsieur n’était au Danemark que 33 fins de semaine par an. Pas assez pour payer, tu parles d’une coincidence!

Elle a confessé que ce n’est pas vrai, il est là du vendredi au dimanche 52 semaines par an. Une facture l’attend donc.

Le prix politique? Fort. Plus gros que la facture, on imagine. Les sondages la désavoue, l’opposition la traine dans la boue, et Venstres Ungdom a porté l’affaire devant la police avec l’appui du Dansk Folkeparti.

Un dossier à suivre…

DR

Les criminels rentrent à la maison

Marie-Claude Lortie rappelle que l’honnêteté ne paie pas aux douanes.

Je déteste la douane canadienne autant que les Américains sur Flyertalk.com n’aiment pas son équivalent US. Et pour la même raison: les Questions.

Inadmissible qu’un citoyen canadien doive se soumettre à des questions pour rentrer chez lui, point à la ligne!

Pour les étrangers, on peut le tolérer si ça se limite à la nature et la durée du séjour, mais ça devrait s’arrêter là. Comme en Grande-Bretagne.

Mais le vrai modèle de douane, c’est Schengen. Bonjour, *étampe*, bonne journée! Quelle ironie pour un Américain ou un Canadien, d’entrer en Europe avec plus de facilité que dans son propre pays!

Tant qu’à s’attaquer à l’invasion de nos vies privées par l’État via le recensement long obligatoire, le gouvernement conservateur pourrait mettre fin au harcèlement systématique des citoyens canadiens qui se prévalent de leur droit d’entrer et de sortir de ce pays comme ils veulent.

En bon opposant au système canadien, je limite mes réponses à des formules vagues et polies. Et oui, si vous demandez, j’ai déjà répondu "On est tellement bien en dehors du Canada, difficile de pas en profiter"!

Éruption volcanique oblige par contre, mon arrivée d’Islande, à Boston et à Jackman, a plus intéressé les douaniers que mon magasinage.

Et il était bon, le skyr ramené en contrebande des États-Unis…

P.S.: Pour répondre à sa question sur l’alcool, deux mots: MONOPOLE ÉTATIQUE

Cheers à deux amis

Ce post m’est inspiré par cet article du Berlin 030. Accessoirement, c’est un ode à Tacheles qui fermera bientôt…

J’ai connu Oliver Eglin et Harry Leath la première année où j’étais à Berlin en 2006. J’étais guide, le premier stagiaire au bureau alors que le deuxième, si mes souvenirs sont bons, avaient vu ses plans de job s’effondrer pour l’été. Je me souviens d’avoir été "parler allemand" pour eux à plusieurs endroits. Et je pourrais bien sûr écrire un livre de toutes nos histoires de clubs et autres…

Une bonne qui ne mettra personne dans le trouble LOL: à 4:00 du matin, Harry et moi nous sommes obstinés avec le gars de la pizzeria coin Oranienburger/Friedrichstrasse pendant un bon 10-15 minutes. Il avait notre âge, était né à Berlin, jamais été en Turquie mais pas question qu’il soit Allemand, c’était beaucoup trop demandé, adhérer à un peuple inférieur qui lui avait tout donné par l’entremise de son État-providence… On l’avait rincé, je l’avais même appelé "Deutschfeindlich" (jeu de mot avec Ausländerfeindlich, xénophobe) mais, à bien y penser, peut-être avions été nous été les premiers à lui dire qu’il est aussi Allemand que les autres [d'ailleurs un certain Luso-Canadien se fait passer le même sermon par moi très souvent].

Si ce n’étaient de ces deux Britanniques qui ont tout changé leurs plans de carrières par amour pour Berlin, j’y vivrais encore sans aucun papier ("who cares???" disaient-ils). La dernière fois que j’ai vu Oliver, lors d’un brunch à Londres (oui, je suis aussi jet-set que ça!), il m’a même servi ma propre médecine "You’re not allowed to live an unhappy life in Canada, Frenchie, you’ve got only one life and it has to be a good one. So do what you want, move to Berlin and who cares about your fucking papers? You shall defeat the nazi Ausländerbehörde"*.

Oliver est photographe, Harry est plutôt en business et les deux savent très bien combiner leurs forces: pubs, défilés de mode, soirées techno… C’est leur créneau. Mon ipod est ne manque rien!

Malgré ce que m’a appris ma "culture nationale", il ne me viendrait à l’esprit de les rabaisser parce qu’ils ont réussi où j’ai échoué. D’abord, parce que pour moi, c’est très relatif puisque j’ai encore le temps! Et, dans le pire des cas, ce sera mon dernier repos…

Tant qu’à faire, je vais ajouter d’autres cheers: Fred et Pascal, deux Français qui ont investi dans l’immobilier après avoir eu le coup de foudre. Et Ramses, un autre collègue de 2006, de père mexicain, qui a ouvert des restaurants acclamés par le chronique voyages du New York Times.

Tout ce monde a des passeports de la bonne couleur (bourgogne) mais il reste que, contrairement à ces Allemands "de souche" qui attendent des jobs blindés, ils font quelque chose de hautement meilleur à mes yeux: réaliser leurs rêves. Et, par la même occasion, ça profite à Berlin et à l’Allemagne dans une mesure que personne, en Allemagne, ne veut voir!

* On me réclame au Danemark également, avant-hier un ami me dit sur Facebook "When you pass your citizenship test"…


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