C’est une question qui fait mal mais je ne peux m’empêcher de la poser après avoir vu les reportages de France 2 sur l’opposition à la réforme des retraites de ce soir.
Dans 80 lycées, les étudiants sont sortis manifester contre la réforme. Selon l’une d’entre eux, "c’est important parce que ça sera dur quand on sera vieux si on ne fait rien".
Il est non seulement très ironique de voir des jeunes de 16 ans, qui n’ont jamais travaillé, protester contre la retraite à 62 ans, mais aussi s’opposer à une réforme qui vise à diminuer le fardeau des retraités sur les jeunes travailleurs.
De plus, quand j’entends ces employés de la SNCF se plaindre que c’est dur, travailler à horaire variable, se lever à 3:00 du matin, etc… Que conduire un autobus à 60 ans, c’est l’enfer… Ça me dépasse. Dans certains cas, c’est mémère alors que, dans d’autres, ça fait partie de la job! On ne devient pas infirmière ou pompier si on veut travailler seulement du lundi au vendredi de 9 à 5!
Je pense également à ces Français de mon âge, qui se plaignent, non sans raison, de la précarité qui les guette. Quand on n’a aucun emploi stable avant 30 ans, comment peut-on sérieusement envisager une retraite à 60 ans?
Mon père est entré chez Alcan à 18 ans. Il est normal qu’il est sorte à 58-60. Mais moi, dont les trois emplois donnent à peine un peu plus de cinq chiffres annuellement (ne vous inquiétez pas, un jour je sortirai de ce trou, d’ici là j’ai réalisé deux de mes rêves en 2010: voir l’Islande et avoir une voiture), je ne peux même pas rêver à la retraite avant 75 ans. Comme je discutais avec un ami danois, "ajoute 40 ans à l’âge où tu as ta première vraie job, là voilà ton âge de retraite".
De toute façon, on va tous vivre 90 ans quand même. Et, au lieu de faire comme nos parents et d’attendre la retraite pour tout faire, on va y aller à mesure.