Archives de 27 octobre 2010

S’en prendre aux riches, ça passe mieux…

Angela Merkel et son équipe coupent. Parmi les mesures annoncées figurent l’abolition des allocations pour congés parentaux (Elterngeld) aux prestataires d’aide sociale (Hartz IV).

Le ministère fédéral de la famille justifie le geste d’une manière très simple: ces gens, 50000 mères monoparentales et 85000 couples, ne travaillent pas donc ils n’ont pas à recevoir une aide financière pour rester à la maison élever leur enfant. Une économie de 600 millions d’Euro (coupures totales 13 milliards).

Voilà qui est logique. Cependant, la mesure est mal reçue dans les groupes communautaires puisque ces familles avaient bien besoin de cet argent pour joindre les deux bouts. Ceci dit, on parle depuis un moment que les sommes allouées aux enfants devraient être mieux calculées, c’est peut-être le moment de le faire.

Afin de faire taire les critiques, le gouvernement fédéral a décidé d’abolir l’Elterngeld aux parents payant la « Reichensteuer », les gens qui gagnent plus de 250000€ par an.

Une mesure populaire, applaudie par ceux qui dénoncent l’injustice commise envers les Hartz IV, mais qui dans les faits ne touche que 2200 foyers.

Difficile de trouver un meilleur exemple de Symbolpolitik…

SD

La France et l’Allemagne: la Cigale et la Fourmi?

Le Sénat français a, sans surprise, adopté la réforme sur l’âge de la retraite qui passe officiellement de 60 à 62 ans. Quelle savoureuse ironie de lire sur cette décision dans la presse scandinave, région où travailleurs et patrons sont prêts à tout pour conserver la viabilité de leur système (et non pas leurs acquis, ce n’est pas la même chose!). Par exemple, à 65 ans, l’Islandais ne prend que sa pré-retraite alors que le Français est à la maison depuis 5 ans.

En Allemagne, malgré l’opposition à l’intérieur du SPD, la coalition CDU-SPD a augmenté progressivement l’âge de la retraite à 67 ans, de façon à assurer la pérennité du système de pension mis en place par Otto von Bischmark à l’époque de l’unification du pays. Il y a bien eu des manifestations mais aucunement de l’ampleur de celles connues en France, d’ailleurs en Allemagne la loi interdit les « grèves politiques »: on ne peut sortir en grève que par rapport à sa convention collective.

Les jeunes et les chômeurs allemands ont les même plaintes que les Français: pourquoi travailler plus, il y a même pas de travail. Sauf qu’il est mal avisé de blâmer le chômage sur la lenteur des départs à la retraite, la France et l’Allemagne étant toutes deux royalement inflexibles au niveau de l’emploi, ce qui bien évidemment rend les entreprises plus frileuses dans le domaine des ressources humaines.

Force est de constater également que ça s’inscrit dans une perspective plus large. Dernièrement, il a été annoncé qu’Eurostar commandait des trains Siemens, ce qui a fait rager la classe politique et les médias français. Une colère qui en cache une autre, dixit les observateurs de l’UE.

Car pour voir si Siemens pourrait avoir le contrat, il a fallu amener un ICE de Deutsche Bahn dans le tunnel sous la Manche. Le succès du test a immanquablement eu des échos dans la grande tour DB sur Potsdamer Platz: et si Deutsche Bahn reliait l’Allemagne à Londres directement, sans que les voyageurs aient à transiter par Bruxelles ou Paris?

On recule la loupe encore un peu. Malgré les directives européennes, la France s’obtine à garder ses monopoles d’État. Paris ne manque jamais d’excuses pour expliquer qu’EDF, la SNCF, la Poste soient encore sous son aile. Rappelez-vous la crise des suicides à France Telecom, que les travailleurs ont mis sur le dos de la privatisation de l’entreprise?

À la même époque, l’Allemagne a écouté Bruxelles et s’est désengagée. Deutsche Telekom et Deutsche Post sont entrées en bourse, l’électricité a été complètement privatisée et dérèglementée. Il ne reste que Deutsche Bahn a capitaliser, mais celle-ci a vu son monopole remis en question sur plusieurs lignes, notamment locales. DB a commencé à investir à l’étranger, sa division bâtiment opère des gares britanniques.

Deutsche Telekom est présente un peu partout en Europe, même aux États-Unis avec son service T-Mobile. La Post, déjà soumise à la concurrence en Allemagne, attend impatiemment d’avoir le droit d’ouvrir des bureaux un peu partout dans l’UE. Et vous connaissez tous sa division messagerie DHL!

D’un côté, on voit que les sociétés publiques françaises ont peur d’affronter la concurrence. Peur que ne partagent pas les sociétés allemandes, probablement parce qu’elles étaient gérées davantage comme des entreprises que des ministères.

On peut même ajouter le taux de change. L’Allemagne favorise un Euro fort avec son titre d’exportateur numéro deux au monde, la France préfère une monnaie européenne faible et accuse l’Allemagne de lui nuire en rendant ses produits moins compétitifs.

La tendance est donc facile à observer: tandis que la France s’accroche à son passé des Trente Glorieuses, l’Allemagne ne cherche pas à se défiler devant les défis du 21ième siècle et cherche à trouver des solutions pour conserver sa prospérité.

Pour les Allemands comme les Scandinaves, la fin justifie les moyens: si on veut rester riches, il faut s’arranger pour le rester. Pas se battre pour ne pas changer quand tout change autour de nous.

Spiegel

Cette Norvège que les Modélistes ne veulent pas voir

Ah la Norvège, ce pays si merveilleux qu’on jurerait qu’il n’existe que dans les rêves de Léo-Paul Lauzon…

Une étude de l’UBS (ici) révèle que le pouvoir d’achat des habitants d’Oslo n’est pas très bon malgré les hauts salaires versés en Norvège. La raison? Les prix élevés et le fait que la majorité de l’argent des Norvégiens se ramasse dans les caisses de l’État et non pour acheter des biens de consommation. Explications

La richesse collective des Norvégiens ne fait pas de doute, par contre quand on nuit au pouvoir d’achat des citoyens, on a franchi une ligne qui devrait faire réfléchir. Parce que c’est la somme des richesses individuelles qui devrait faire une société riche, et non l’inverse.

Dans un total autre registre, on apprend que la NRK a reçu 200 appels de plaintes concernant une série pas encore diffusée, appellée Trekant (Trip à trois), sur la sexualité des jeunes adultes de 2010.

Qui envoie les plaintes? Non pas le lobby féministe. Des téléspectateurs de la chaine chrétienne Visjon Norge. NRK

Personnellement, ça me fait plutôt rire de voir ça mais, en même temps, je suis bien conscient que ça ne fait aucunement partie de l’image de la Norvège diffusée par ceux qui penchent à gauche!


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