Archives de octobre 2010



7 Danois sur 10 paient leurs impôts avec plaisir: Hvorfor?

Un sondage qui surprend hors de Scandinavie (ici) réalisé pour le quotidien Boersen.

ATTENTION AU SPIN QUE POURRAIT EN FAIRE UN MÉDIAS FRANCOPHONE (réf: RAS)

Traduction:

Près de 7 Danois sur 10 paient leurs impôts « avec plaisir ». Y compris les électeurs conserveurs.

D’après les experts, cela s’expliquent par le fait que les partis conservateurs ont tendance à développer des politiques sociales plus importantes que la gauche elle-même. Mais aussi parce que les Danois sont prêts à payer cher pour leur « dose d’État-providence ».

37% des électeurs Konservative et 44% des électeurs Venstre refusent quel les politiciens baissent les taxes.

Ceci dit, un professeur de science politique met un bémol en disant que les partis politique danois ne sont pas capables de bien articuler un discours où l’État réduirait ses perceptions fiscales et les avantages qui pourraient en découler.

Connaissant bien le Danemark et sa vie politique, je tente ici de vous éclairer sur un tel sondage.

D’abord, très important, au Danemark, toutes les personnes qui gagnent de l’argent sont imposées. On n’est pas dans un régime à la québécoise où 44% des gens n’ont qu’à demander à l’État de percevoir plus chez les autres pour donner des services. Comme tout le monde paie, je crois que ça responsabilise les quêteux et aussi que ça rend les politiciens plus raisonnables dans les dépenses publiques. Imaginez le scandale au Québec si les travailleurs au salaire minimum étaient imposés à 37% et devaient payer, sans aucun crédit ou remboursement ultérieur, une TVA de 25% sur tout ce qu’ils achètent y compris des choses aussi essentielles que du lait ou des fruits.

La fonction publique danoise n’a pas des conditions de travail très différentes du secteur privé. On n’a donc pas deux classes de travailleurs qui se font face, par exemple quand une récession survient aucun des secteurs n’est à l’abri de coupure. Tout un contraste avec le front commun québécois qui demande des augmentations en période de crise. Ça veut dire qu’on reste raisonnable quand on négocie ses conditions de travail, et que comme on passe souvent du privé au public et vice-versa dans une carrière, les deux secteurs s’influencent mutuellement.

Foncièrement, les Danois ont l’impression d’en avoir pour leur argent. Que l’argent prélevé s’en va vers des services directs à la population. Pas 50 intermédiaires, ni de subventions à des millions de lobbys.

On ne fait pas de cadeaux avec des tarifs artificiellement bas ou des gratuités non plus . Des exemples: tarifs de garderie modulés selon les revenus, électricité à plein prix et essence sur-taxée même si le Danemark produit du pétrole.

Puisque le service public doit être rendu au plus bas coût possible, pour mieux utiliser les fonds, le secteur privé sert de fournisseur. Je pense aux hôpitaux privés, où sont envoyés les patients du public qui attendent trop, aux péages, aux PPP dans les transports.

Le Vérificateur général est une personne crainte avec des réels pouvoirs. Il peut exiger des remboursements de comptes de dépense, mais aussi congédier si un projet dépasse les coûts estimés par exemple.

Je répète également que l’échelle fiscale danoise n’est pas si égalitaire que cela, les impôts directs s’échelonnant de 37% à 56%, un pauvre paie plus qu’un riche. Il n’y a pas non plus énormément de redistribution, les gens reçoivent donc des services qu’ils ont eux-mêmes payés et non pas payés en majorité par d’autres plus fortunés. Enfin, je l’ai déjà dit, la fameuse égalité sociale en Scandinave est d’abord et avant tout issue d’une culture historiquement égalitaire et non pas d’une social-démocratie « exemplaire » depuis les années 1920. On n’a seulement qu’à regarder l’Allemagne, où l’État-providence a débuté sous Bishmarck dans les années 1880, mais qui demeure une société inégale et hiérarchisée au plan social.

Anne Frank, de kessé?

J’ai vu ceci chez Lagacé cet après-midi et j’ai attendu. Attendu qu’il y ait plus de commentaires puis, comme ça n’a pas levé, prouvant presque mon point, je me lance.

J’attire votre attention sur cette phrase:

Elle a bien fait une escale, discrète, à Montréal, en 2005, mais Julie Couture aimerait que sa terre natale puisse accueillir une exposition d’envergue sur Anne Frank.

Je mettrais un beau vingt que, par « discrète », on entend qu’elle a été reçue par une institution anglophone et donc la majorité n’y a pas eu accès. Je ne veux pas dire par là que l’exposition n’a pas été bilingue, simplement que la pub n’a pas été bien faite en français.

Gardez vos larmoiements nationalistes victimaires pour un autre. Car cette histoire nous donne un parfait exemple de l’isolationnisme culturel des Québécois.

Comprenons nous bien. Le Journal d’Anne Frank, c’est un des livres les plus lus, traduits et distribués après la Bible. On ne parle pas d’un obscur livre. Mais il semble qu’au Québec, ça ne dit presque rien à personne en bas de 40 ans.

Aux dernières nouvelles, c’était un livre obligatoire au secondaire dans un endroit aussi proche de nous que l’Ontario. Que s’il est assez connu pour être censuré par une commission scolaire de Virginie, c’est que des millions de jeunes Américains l’on lu au high school.

D’ailleurs, c’est d’abord aux États-Unis que l’histoire a été connue. Au point où ce fut une pièce sur Broadway, des films, des documentaires, même une mini-série en plein primetime sur ABC!

Cette même télé américaine, que l’on juge si fermée sur elle-même, qui nous a donné des mini-séries comme Uprising et Holocaust. En presque 60 ans de télé ici, a-t-on déjà produit une dramatique basée sur des faits historiques extérieurs au Québec?

Ça n’a pas toujours été comme ça: ma mère, qui a quitté l’école par ennui en secondaire 4 en 1972, se rappelle très bien de l’avoir lu dans un cours de français.

Au cours des dernières semaines, j’ai entendu quelqu’un au Téléjournal déplorer que la Crise d’Octobre ne prend que 2 paragraphes en secondaire 4. On ramène ainsi la fameuse question, tant dénoncée par les nationalistes, de la faiblesse de l’enseignement de l’histoire au Québec.

En 1999, quand j’étais moi-même un élève de secondaire 4, on m’a enseigné certes que le Canada était en guerre contre l’Allemagne mais essentiellement comme une banale externalité d’un énième conflit entre Québec et Ottawa: Refusant de jouer le jeu des empires, surtout britannique, les Canadiens-français et leurs élites ont massivement rejeté la guerre, même après la chute de la France. Fort heureusement, des milliers de Canadiens-français ont combattu volontairement, sans quoi on n’aurait pas trop de fierté à percevoir d’avoir failli à notre solidarité occidentale.

C’est la conséquence de vivre dans une culture aussi narcissique que le Québec. Parce que nos éducateurs veulent faire de nous des bonnes ouailles nationalistes, on laisse de côté la civilisation. Comme nos profs d’université qui veulent faire la piastre en mettant leurs propres livres obligatoires, les éditeurs de romans québécois trouvent une clientèle captive dans nos commissions scolaires.

Il ne faut tellement pas contaminer notre petit Québécois avec une culture importée qu’on n’utilise même pas nos modestes cours d’anglais pour nous découvrir plus en profondeur ces provinces et ce pays qui nous entourent, la Grande-Bretagne, l’Australie, etc… Beaucoup trop facile de monter une histoire qui se déroule au Stampede de Calgary!

J’ai l’impression que cette bulle n’est pas étrangère au fait que le Québec aime bien se comporter comme s’il était le centre de l’univers. Nos politiciens nous font croire que nous sommes des modèles, alors que les étrangers peuvent à peine nous placer sur une carte. Sans oublier les crises d’hypersensibilités nationales, la dernière étant l’article du Maclean’s, qui chez les humains nous rappellent ces enfants qui ne se sont jamais faire dire non dans la vie.

Et juste comme ça, je termine en disait que si j’avais vraiment voulu faire du Québec-bashing, si j’avais vraiment été de mauvaise fois, j’aurais comparé avec la Corée du Nord. Ce pays où même Mozart est presque inconnu tellement la famille Kim s’impose comme créatrice de l’univers.

Pour une école publique trilingue

Il paraîtrait que, contrairement à ce qu’ils laissent insinuer depuis des semaines, l’accès à l’école anglaise et l’enseignement de l’anglais seraient deux choses distinctes. Évidemment que oui mais, comme je viens de l’écrire, je n’ai pas entendu très souvent des commentaires en faveur d’un meilleur enseignement de l’anglais alors que nos nationaleux ordinaires criaient que la loi 103 permettait de « s’acheter un droit » et qu’il s’agissait de rien de moins que la mort de l’école française.

Dans un twitfight avec le chef des communications de Pauline Marois, j’ai appris que le PQ se range du bord de l’ADQ au sujet de la Loi 103.

On me parle d’une demi-année d’immersion au primaire et secondaire, plus une session de Cégep.

Ça commence à ressembler à une bonne solution. J’exige cependant des garanties que l’on va s’attaquer au problème du mauvais enseignement de l’anglais à l’école francophone, source de la forte demande de l’école anglais.

Maintenant, à moi de proposer quelques pistes afin de moderniser le système d’éducation public québécois:

1) Une école à programme européen: Enseignement en français ou en anglais selon la communauté linguistique, cours de l’autre langue officielle le plus tôt possible et introduction graduelle de l’espagnol, comme troisième langue de l’Amérique du Nord. L’obtention du DES serait conditionnelle à la réussite d’examens prouvant une connaissance fonctionnelle des deux autres langues.

2) Une école d’immersion: Programme enseigné dans les deux langues dans une proportion 2/3 vs 1/3, plus bien évidemment l’espagnol à introduire en fin du primaire. Bien sûr, tout est une question de nombre d’heures alors ça pourrait revenir au même d’avoir des semestres dans l’autre langue puisqu’on apprend mieux en étant intensément dedans.

Il faut que, comme en Allemagne, au Danemark, en Finlande ou ailleurs en Europe, le diplôme d’études secondaires soit conditionnel à la réussite d’examens en plusieurs langues.

Deutschland Multikulti? Mein A****! LOL

À Potsdam samedi, Angela Merkel a choisi son camp dans le débat allemand sur l’immigration: le multiculturalisme est un échec en Allemagne.

Les commentateurs se sont empressés de lier cette remarque à l’inconfort grandissant de plusieurs Allemands, notamment ce sondage cité par la BBC, face à l’immigration mais surtout face à la vie que mène ces millions d’étrangers sur le territoire.

Je vais vous dire bien franchement, j’aimerais demander à madame Merkel comment le multiculturalisme allemand peut-il être un échec s’il n’a jamais été vraiment souhaité?

En Allemagne, le multiculturalisme, c’est du folklore. Klaus Wowereit vante la capitale « multikulti » mais seulement 13% des Berlinois sont nés à l’étrangers et, en dehors du Karnaval der Kulturen, on parle très peu de l’apport de l’immigration à Berlin par exemple. Ça me rappelle le Québec, où on aime nos « ethnies » francophones et péquistes, sinon on souhaite qu’ils partent.

L’État allemand est hypocrite quand il regrette l’absence d’intégration des immigrants. En Allemagne, les « conditions gagnantes » sont difficiles à trouver.

La véritable clé de l’intégration, elle n’est nulle part ailleurs que dans l’économie. Les Turcs, les Italiens, les Espagnols, les Yougoslaves sont venus en Allemagne dans les années 1960 pour pallier au manque de jeunes hommes en âge de joindre le marché du travail.

L’Allemagne a toujours souhaité qu’ils repartent, les premiers accords d’immigrations prévoyaient même un roulement entre les travailleurs pour éviter qu’ils restent. Ce sont les entreprises, écoeurées de devoir toujours former de nouvelles personnes, qui ont supplié les politiciens de garder les mêmes gens.

Ces hommes ont donc fait venir leur famille. Les mères ont appris l’allemand, les enfants ont fréquenté l’école. Mais on a toujours dit, ou au moins souhaité, que tous ces gens retournent « chez eux » un jour. D’ailleurs, avant les années 1990, il était presque impossible pour un étranger d’obtenir la nationalité allemande.

Bien entendu que cet esprit « temporaire permanent » a joué sur le niveau d’intégration. Après avoir vu leurs parents tout faire pour être considérés comme Allemands et demeurer malgré tout des Ausländer, beaucoup de « deuxième génération » se sont finalement réfugiés dans leur « turquitude » de manière poussée. Par exemple, des filles portent le voile alors que les mères n’auraient jamais osé. Des jeunes qui ne connaissent rien de la Turquie sont soudainement aussi turcs que Atatürk.

La mobilité sociale est réduite en Allemagne, le système d’éducation est très opaque, le marché du travail très réglementé, ce qui fait que les étrangers sont sur-représentés dans les classes plus pauvres et qui les rend donc plus nombreux à demander de l’aide sociale. Pendant longtemps, une certaine classe politique a pu se dire « Prenez votre chèque, pendant ce temps-là vous ne volez pas de jobs ». Sauf qu’à mesure que le chômage a augmenté, les Allemands « de souche » sont devenus plus nombreux à être prestataires d’aide sociale et on a jugé qu’à partir de ce moment là, c’étaient les étrangers qui recevaient plus qu’ils ne donnaient comme contributions sociales.

Et c’est un cercle vicieux: l’immigrant qui se sort de la spirale de la dépendance à l’aide sociale et qui se trouve un emploi est à nouveau accuser d’enlevé quelque chose aux Allemands, dans ce cas-ci un travail. Allemands qui, nouveau problème pour l’État-nation, sont de plus en plus à quitter. En plus de faire très peu d’enfants.

Ce qui inquiète des personnes. À la CDU, Annette Schavan est de ceux-là, plus les Verts, le FDP et les chambres de commerce. D’où la collision entre les deux camps: alors que l’on dit qu’il y a assez, voire trop d’étrangers, en Allemagne, un nombre de plus en plus important de personnes affirment qu’au contraire il en manque.

En 2002, le gouvernement Schröder avait instauré un système de greencard pour les travailleurs spécialisés. Ce fut un échec, en 2009 seulement 169 personnes ont été accueillies selon ce programme. C’est la grosse inquiétude du milieu économique: en restant fermée aux étrangers, l’Allemagne recule économiquement. Les entreprises ne parviennent pas à recruter des spécialistes, notamment face au Canada, USA, Australie…

Sauf qu’ils récoltent ce qu’ils sèment depuis 50 ans.

Un nombre à peu près égal de personnes, 27000 chaque, sont venues en Allemagne comme réfugiés ou sous le régime des permis de travail. Un régime qui fait sacrer bien des gens, dont moi, et des entreprises qui perdent beaucoup d’argent lorsque les bureaucrates retardent leurs décisions.

L’argument massue, c’est le chômage. Or, l’Allemagne manque 400000 employés professionnels et l’agence fédérale pour l’emploi admet qu’elle est incapable de convaincre de nombreux chômeurs d’aller chercher de nouvelles qualifications.

La plus facile est donc le regroupement familial, 45000 visas l’an dernier. C’est la voie qu’on m’a « fortement recommandé », celle où il se passe des choses peu catholiques: faux mariages, fausses paternités, enfants conçus dans le seul but que la mère étrangère s’établisse en Allemagne, je peux même vous donner des noms…

Je crois par contre que ce n’est pas une bonne voie pour s’intégrer si on se sert d’un membre de sa communauté pour accéder à l’Allemagne. Pour certaines femmes turques ou africaines, ce n’est même pas une libération: elles sont peut-être matériellement plus confortables que dans leurs villages, mais elle ne mènent pas la même vie qu’une Allemande de leur âge, c’est certain!

Cela dit, je rejette la catégorisation des immigrants comme le fait Thilo Sarrazin par exemple. Il fait une fixation sur l’absence d’intégration de certains musulmans mais un Britannique de Munich peut être encore moins bien intégré que le marchand de fruits arabe qu’il dénonce. En Europe, c’est perçu comme moins grave. Or, c’est une erreur car la problématique est la même.

Bon, à moi maintenant d’écrire un mémoire au Bundestag sur la nouvelle politique d’immigration de l’Allemagne hahahaha

Jóhanna ou Davíð: Qui est Lucien « Lucide » Bouchard?

Il y a un an, Louis Préfontaine écrivait ce texte sur la crise islandaise. Étant à Copenhague à l’époque, je me suis contenté d’un clin d’oeil sur son utilisation du nom anglais « Independence Party » et j’ai laissé faire.

J’ai cependant remarqué qu’il avait rappliqué dans la foulée de la sortie de François Legault (ici) où je me suis évidemment senti interpellé par son lien avec l’Islande à la phrase suivante:

ceux qui ont appliqué les recettes des « Lucides » sont aujourd’hui ruinés.

David Oddsson a été premier ministre de 1991 à 2004, deux mandats et demi, dont un avec le Parti Social-Démocrate, des mandats où, oui, de nombreux secteurs de l’économie islandaise ont été privatisés et déréglementés. Baisses d’impôts personnels comme corporatifs, aussi. Mais le désengagement de l’État de plusieurs secteurs « non sociaux » a permis de dégager des fonds qui ont permis aux services publics d’être maintenus.

Le Parti de l’Indépendance et ses partenaires ont certes privatisé les banques, le téléphone, les pêcheries et autres mais JAMAIS on n’a coupé les budgets dédiés aux secteurs que la gauche québécoise juge essentiels: santé et éducation. Même la culture, David Oddsson étant un grand amateur de théâtre, n’a jamais été « victime » du supposé laisser-faire de son gouvernement: 2% du budget de l’État islandais va à la culture, ceci est vrai depuis des années!

À la même époque, Lucien Bouchard, par son « déficit zéro », envoyait chez eux du personnel médical, coupait un peu partout, haussait légèrement les frais de scolarité, nous contraignait à apprendre dans des livres si vieux que l’Afrique n’en voulait même pas!

En 2005, Lucien Bouchard revient avec son manifeste. Manifeste revenu dans l’actualité 5 ans plus tard avec le groupe Force Québec qui dit s’en inspirer.

Si je prends Louis Préfontaine au mot, je lui lance le budget islandais 2010 en pleine face et je lui demande si c’est David Oddsson ou Johanna Sigurdardottir qui a copié les Lucides.

Depuis bientôt 3 semaines, on note des manifestations aux quatre coins de l’Islande contre les coupures en santé. L’année 2010 aura été celle où les éducatrices en garderie se sont le plus inquiétées pour leur emploi. Depuis la début de la crise économique en Islande, les étudiants craignent la fin de la gratuité, le chômage et des coupures à l’aide financière.

Les habitants des localités rurales se demandent pourquoi on continue de construire une salle de concert à Reykjavik, que l’on entretient un réseau d’ambassades aux quatre coins du monde si on n’a soudainement plus d’argent pour garder ouverte une salle d’accouchements là, ou suffisamment de médecins pour les urgences ailleurs.

Or, pendant la décennie où des « libertariens » ont été au pouvoir, ces secteurs n’ont jamais été inquiétés. Quand on a voulu réduire l’État, on a commencé par le moins essentiel, l’État-providence islandais n’a jamais été démantelé par David Oddsson. Je ne serais même pas surpris que ce soit la prospérité du pays qui ait permis au régime public d’assurance-maladie d’envoyer des centaines de personnes se faire soigner à l’étranger à chaque année.

Ce n’est pas en 1997 que les habitants de Reykjavik ont vu leur facture d’électricité grimper de 25%, c’est en 2010.

Et puisque l’on parlait, notamment ici, que les « Lucides » ne sont pas exactement des libertariens, j’aimerais que quelqu’un me montre où, dans le « Manifeste pour un Québec Lucide », il est écrit que l’État québécois doit nationaliser les pertes de banques qui n’ont pas su s’arrêter de mal investir. Je ne l’ai pas vu!

Révisionnisme d’Octobre 1970

Depuis quelques semaines, j’ai suivi avec curiosité la couverture des 40 ans de la Crise d’Octobre. Il m’apparait bien évidemment que l’application de la Loi des Mesures de Guerre était une atteinte grave aux droits et libertés, un geste disproportionné quand on ne veut que neutraliser quelques terroristes amateurs. Et je vous dis ça en toute cohérence avec mon opposition à une législation liberticide comme le Patriot Act.

Ce matin, 40ième anniversaire de la proclamation de la Loi, La Presse nous parle d’un monument érigé à la mémoire des prisonniers. Prisonniers, bien sûr, de la police de Montréal, de la SQ et/ou de la GRC. Aucune mention des deux prisonniers du FLQ, James Cross et Pierre Laporte, dont la mort est encore aujourd’hui considérée comme accidentelle par nombre de souverainistes!

Je pourrais parler longuement de comportement apologiste des médias et des nationalistes envers le FLQ, n’ayant entendu personne dénoncer publiquement les intentions du mouvement, soit l’anti-thèse de la liberté: un gouvernement révolutionnaire communiste à la cubaine!

Dans le texte de La Presse (en passant, merci à Daniel Paquet), on y entend les récriminations habituelles des nationalistes envers le Canada, eux qui se réveillent sûrement la nuit pour haïr ce pays.

Selon leur logique tordue, il faudrait prendre le parti de terroristes marxistes parce qu’Ottawa y est allé trop fort dans sa réponse? Si je peux me permettre l’analogie, ce serait comme des musulmans qui supporteraient Al-Qaïda parce que la France a interdit le voile intégral!

Il faudrait aussi que quelqu’un rappelle à Alain Chartrand que le « Sommet de la Matraque » n’était aucunement à l’honneur du Canada mais que de tels dérapages peuvent se produire, même dans des pays démocratiques. Est-il au courant que les arrestations au Sommet COP15 l’an dernier ont donné lieu à une controverse similaire au Danemark? Même chose pour Bernard Landry, auquel il faut rappeler que les Mesures de Guerre furent effectivement indignes de la démocratie canadienne mais que ce n’est pas une raison pour enlever le titre de pays démocratique au Canada, même si, il le dit lui-même (!), des abus de pouvoir sont toujours possibles!

Et si Serge Ménard a raison d’affirmer que de nos droits civiques nous sont retirés dans l’indifférence la plus totale, il devrait aussi réaliser que les deux partis dans lesquels il a été député ont aussi une mauvaise fiche en matière de libertés individuelles!

Je termine avec le meilleur, ma réplique à la citation de Bernard Landry:

Évoquant l’échec du Canada à réintégrer le Conseil de sécurité de l’ONU, Bernard Landry a ajouté que si les événements d’octobre 70 avaient été médiatisés ailleurs dans le monde, le Canada n’aurait jamais eu droit à un siège au Conseil de sécurité.

On commencer par le premier point.

- L’article Wikipedia de la Crise d’Octobre existe en 8 langues.
– Reportage de la BBC en 1970 et en 2010
Archives du New York Times
– Articles dans le magazine Time Ici, Ici et
Article Der Spiegel, d’autres ici, là une entrevue avec Robert Bourassa.
– Frontpage du Morgunbladid, samedi 17 octobre 1970: Ici
– Transcription des « evening news » des trois réseaux américains le 16 octobre 1970: ABC, CBS, NBC.

Maintenant que, même 40 ans plus tard, on trouve des traces sur le net de la couverture médiatique de l’époque, on peut lui demander la source de ce jugement tordu.

En effet, des dizaines de pays peu recommandables sont à l’ONU, y compris au Conseil de Sécurité. Voyez la liste vous-mêmes. Même le groupe occidental a déjà eu dans ses rangs l’Espagne franquiste en 1969!

Si la Crise d’Octobre disqualifie le Canada, alors pourquoi accepter l’Allemagne (3ième Reich + DDR), le Portugal (Estado Novo), l’Espagne (Franco), l’Italie (Mussolini), le Royaume-Uni (depuis 1755 :P), la France (Vichy), les États-Unis (Hiroshima, Nagasaki) et les autres????

Mais remarquez que c’est conséquent avec la méthode péquiste de la culpabilité collective. Encore en 2010, le Canada et les Anglophones du Québec doivent payer pour les geste de leurs ancêtres commis depuis 1759…

Liberté de la presse vs liberté d’expression?

C’est en ces mots que Jean Tremblay décrit son différent avec les médias. Selon lui, les médias briment sa liberté d’expression en exigeant qu’ils parlent à tous les médias. Oui, là-dessus, ok. Mais pour le reste, quand il laisse entendre que sa liberté d’expression est compromis par les critiques des journalistes, bien on revient à « Place au Maire » et ses vidéos YouTube où il peut faire son Hugo Chavez!

Reportage TVA


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