Ole Sippel poursuit DR

À l’instar de son ancien collègue Jens Nauntofte ici, l’ancien correspondant de DR au Moyen-Orient dans les années 1970 Ole Sippel n’a pas apprécié la "révision" de son travail par Jacob Rosenkrands cet automne.

Il vient d’envoyer une lettre de plainte de 17 pages, dans laquelle il explique que les règles d’éthique de DR n’ont pas été suivies. Il affirme qu’on a édité ses paroles pour en faire un sympathisant de l’OLP. Des paroles qui, soit dit en passant, ont été prononcées par Ole Sippel lorsqu’il a agit comme "témoin expert" dans l’affaire Fighers + Lovers où une entreprise vendant des t-shirts au profit de l’OLP a été jugée pour soutien au terrorisme par une cour danoise il y a quelques années.

Examinons la citation, dont il livre la version complète (la partie en gras a été celle diffusée sur DR2 le 3 octobre):

- Det er vel også en form for terror at lukke for strømmen i Gaza, som Israel gør nu. Eller at tilbageholde de penge som Israel ifølge Osloaftalen skal opkræve i told og skat på vegne af det palæstinensiske selvstyre, sagde Ole Sippel .

- PFLP angriber det israelske militær og bosættere, og det går nogle gange ud over civile. Men det er svært at sætte sig til dommer over, sagde han.

"C’est aussi une forme de terrorisme que de couper l’électricité à Gaza, comme Israël fait maintenant. Ou de bloquer les fonds qu’Israël, selon les accords d’Oslo, doit collecter en taxes et douanes pour les fins de l’autonomie palestinienne.

L’OLP attaque l’armée et les colons israéliens, et c’est allé quelque fois sur des civils. Mais c’est difficile de se positionner pour juger, dit il"

Je ne sais pas pour vous mais moi, la première partie ne me convainc pas vraiment qu’il n’est pas sympathique à l’OLP alors imaginez la deuxième!

Et j’espère qu’il y aura quelqu’un à DR pour lui dire que sa plainte est un peu loufoque considérant que ses reportages pro-communistes/palestiniens des années 1970 ne répondaient pas exactement aux règles d’éthiques journalistiques!

DR

Soit dit en passant, Wikipedia en danois a une belle page sur ces "mercenaires rouges". L’expression a été inventée par un ministre Venstre en 1968.

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5 Responses to “Ole Sippel poursuit DR”


  1. 1 matvail2002 Vendredi, 12 novembre 2010 à 15:13

    Honnêtement, j’ai hâte de voir un journaliste qui va faire des bons reportages sur des états où que les gens vivent en extrême servitude comme en Corée du Nord, en Birmanie, au Belarus ou au Turkménistan. Mais non, on va voir encore la même soupe que d’habitude avec leur maudit paradigme de pseudo-oppresseur et pseudo-oppressé.

    Je suppose que leur excuse est que c’est trop de faire 12 heures de vol.

    Et encore, il est curieux de voir que certains événements parmis les plus malheureux des quarante dernières années ont passé en omertà auprès des médias occidentaux. Par exemple, le régime des Khmers Rouges ont été une véritable boucherie et personne n’a vraiment fait grand chose.

    Et encore, des idiots utiles, cela a toujours existe dans l’histoire…

  2. 2 derteilzeitberliner Vendredi, 12 novembre 2010 à 17:21

    Il faudrait d’abord qu’ils soient autorisés à y entrer. La Corée du Nord et la Birmanie, pour nommer ceux que je connais mieux, interdisent la présence de journalistes sur leur territoire et pour avoir vu bien des documentaires, on te montre ce qu’on veut, sinon la porte.

    Remarque qu’il y aurait bien moyen de faire passer un message. Ça me semble évident qu’on pourrait spinner un peu sur le fait que si tu interdis aux journalistes de travailler librement, c’est que t’as des choses à cacher!

  3. 3 matvail2002 Samedi, 13 novembre 2010 à 12:22

    «Remarque qu’il y aurait bien moyen de faire passer un message. Ça me semble évident qu’on pourrait spinner un peu sur le fait que si tu interdis aux journalistes de travailler librement, c’est que t’as des choses à cacher!»

    À vrai dire, je suis allé en Birmanie bien que pour une durée limitée faute de temps. Vrai que le régime est extrêmement fermé, mais honnêtement le Turkménistan est probablement celui qui est le plus fermé à part la Corée du Nord. Cependant, tu parles à plusieurs journalistes «experts» couvrant les affaires étrangères et je suis certain qu’il sont très peu à comprendre la situation là-bas. On entre donc dans le syndrome d’attention whore car il est évident que certain lobbies géo-politiques sont beaucoup plus forts que d’autres.

    Mais c’est justement cela dont je voulais passer comme message. Honnêtement, considérant ses voisins, Israël ou même la Cisjordanie à certains égards (du moins, car je suppose que Gaza est plus difficile) sont assez soft auprès des journalistes.

    Et encore, si tu regardes certains évènements historiques dont même certains occidentaux étaient présents (par exemple le régime des Khmer Rouges), il a fallu attendre quelques années pour comprendre l’atrocité de ces gestes qui étaient d’une brutalité comparable à celle des périodes sombres de la révolution française. Malheureusement, à première vue, il existait malheureusement certains individus qui tentaient d’abrier l’affaire.

    Mais je considère que le problème est le suivant avec certains journalistes, tu ne peux considérer l’ennemi de ton ennemi comme ton ami. Trop de gens entrent dans ce paradigme quitte à s’associer avec n’importe quoi.

  4. 4 derteilzeitberliner Dimanche, 14 novembre 2010 à 3:16

    Les élections birmanes ont été couvertes par des gens que les médias n’ont pu nommer. Et penses-tu vraiment que les Khmers Rouges auraient permis à un journaliste de faire son travail?

    Le correspondant de CBS News à Berlin dans les années 1930 a écrit ses mémoires, dans lesquelles il explique comment il dérangeait et que les Nazis l’ont mis dehors à la minute où ils ont perdu patience.

    Entre ça et Walter Duranty, qui a préféré cheerleader Staline plutôt que critiquer et se faire expulser, je prendrais le premier. Mais, par exemple, les médias ouest-allemands ont préféré encaisser l’espionnage et le harcèlement de la Stasi et couvrir la RDA du mieux qu’ils pouvaient.

    Là où est le problème, à mon avis, c’est qu’on utilise, par pragmatisme, le prétexte de la censure pour ne pas faire de reportage en Corée du Nord, au Tibet, etc. mais, du même souffre, on utilise la liberté de presse totale d’Israël ou des USA pour y faire un travail bâclé où l’orientation idéologique prime sur la qualité factuelle.

    Comme si, finalement, les principes d’un cas ne sauraient être utilisés dans le deuxième.

    En 1994, la Corée du Nord a littéralement appelé Radio-Canada à Pékin pour que Raymond St-Pierre aille couvrir la famine. Il est le seul qui est allé, on lui a montré ce que le régime voulait: des enfants affamés. Maintenant, essaye de voir la même chose aujourd’hui. Les seules images sorties de la famine nord-coréenne sont clandestines, le régime veut tellement pas montrer les victimes que même les ONG ne peuvent pas travailler librement.

    Il y a évidemment des questions de budget, de marché, mais de croire que c’est par paresse qu’une partie du monde est en black-out total, c’est très exagéré.


  1. 1 Le jupon rouge des journalistes « Trop penser, ça donne un blogue… Rétrolien sur Jeudi, 10 mai 2012 à 8:04

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