Stefanie Vogelsang: Un médecin par coin de rue?

On en a longtemps parlé au Québec, les régions éloignées ont de la difficulté à recruter des médecins. C’est la même chose pour certains coins d’Allemagne, y compris la capitale fédérale si on croit la députée CDU Stefanie Vogelsang.

Depuis janvier, la loi allemande sur le financement des caisses d’assurance-maladie publiques permet de payer des primes aux médecins qui s’établissent dans des secteurs moins attrayants financièrement. Or, l’exclusion de Berlin dans ce programme est un non-sens, nous dit la représentante de Neukölln au Bundestag.

Longtemps, Berlin a eu un surplus de médecins (c’est encore le cas pour les vétérinaires). Maintenant, le ratio a diminué mais seulement au point d’avoir un équilibre entre offre et demande: 6800 médecins en clinique et 1600 psychothérapeutes pour 3.4 millions d’habitants (ironiquement, le Québec en compte 20000 pour 2x+ de gens et on en manque).

Le problème, toujours Mme Vogelsang, n’est pas le nombre total mais leur répartition. Les quartiers "riches" sont mieux pourvus en médecins que ceux où les revenus sont les plus bas: Neukölln, Marzahn-Hellersdorf, Lichtenberg, Treptow-Köpenick et le quartier Wedding dans Mitte.

Il y aurait un médecin de famille pour 1059 habitants de Charlottenburg contre un pour 1600 à Neukölln. En gynécologie, la différence serait encore plus grande: un pour 11144 femmes de Neukölln, contre un pour 4876 dans Mitte.

La politicienne exclut que les habitants des quartiers pauvres se déplacent pour obtenir des soins. Une heure de métro, c’est trop, et les pauvres n’ont pas les moyens de payer les transports en commun, donc les gens "préfèrent" attendre un mois pour un rendez-vous près de chez eux.

Sinon, madame suggère que le Land de Berlin répartisse les médecins, par une loi, équitablement partout dans la ville.

Perso, j’ai un peu de misère avec le fait qu’elle juge inadmissible que les gens se déplacent. Admettons qu’une personne soit physiquement capable de le faire, prendre la U-Bahn pour aller ailleurs en ville ne devrait pas être la fin du monde. Après tout, on se déplace bien pour faire plein de choses… On a beau parler de "vie de quartier", peu de gens peuvent se vanter de ne jamais avoir à sortir d’un périmètre limité près de chez eux.

Les Berlinois prestataires de l’aide sociale ont droit à plus de 50% de rabais sur le transport en commun (ici) et il existe d’autres possibilités de quasi-gratuité pour leurs enfants. Et une personne qui n’achèterait pas de tickets, faute d’argent ou de besoin, pourrait tout de même certainement se permettre les quelques euros d’un aller-retour en passage simple!

Et même à ça, j’ai l’impression que même si on leur donnait un aller-retour gratuit en métro pour aller chez le médecin à l’autre bout de la ville, ça coûterait moins cher que donner des bonus à des médecins pour déménager leurs bureaux de quelques kilomètres!

Berliner Morgenpost

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