Archives de mars 2011

Orphelin politique

Mes documents sont prêts à partir pour Ottawa, je voterai par la poste depuis le Carnival Valor.

Voici ma "boussole électorale" du site de la SRC. Si je suis d’accord avec la conclusion de l’axe économique, je pense que je suis beaucoup plus libéral sur les questions sociales que le questionnaire le permettait.

Si j’adhère aux valeurs économiques du PCC, je ne partage pas du tout l’agenda moral de certains militants. C’est dans ce temps-là que j’aimerais voter pour un parti comme le FDP allemand: économiquement à droite, moralement à gauche.

Mais au Canada, il n’y en a pas.

Icesave: Verdict le 9 avril

Un dernier billet avant ma première journée de travail chez Carnival Cruise Lines. Même si vous aurez régulièrement des nouvelles sur Twitter et Facebook, je ne peux pas me prononcer sur la régularité des mises à jour du blogue. La règle: Aussi souvent que possible

C’est le samedi 9 avril prochain que les Islandais se prononceront, encore une fois, sur le remboursement des épargnants floués par la chute de la banque Icesave en 2008. Le 6 mars 2010, l’accord avec Londres et La Haye était rejeté massivement, 93% des électeurs ayant dit NEI.

Les conditions plus favorables, de même que l’inévitable usure du temps, semblent avoir convaincu les Islandais: tous les sondages placent le OUI à plus de 60%. RUV.

Pour le camp du non par contre, même si c’est mieux, il demeure une question de principe que l’on n’a pas à socialiser les pertes de banquiers privés. Une de mes connaissances a même dit que payer revient à faire de la prison quand on est innocent…

Mais le camp du non gagnerait peut-être davantage à ressortir l’argument suivant: Les Britanniques et les Néerlandais cherchent à se faire rembourser par l’Islande le bailout faits à leurs citoyens.

Vu de même, ce n’est plus la même chose… C’est encore plus injustifiable, et imaginez le précédent!

On verra dans un mois.

Byltingu á Íslandi, alvarlega?

Ce billet aurait dû être écrit il y a 3 mois. Depuis les Fêtes, je revois périodiquement passer ce texte, émergeant sans doute de l’extrême-gauche française, et à chaque fois je me dis combien c’est scandaleux qu’un tel ramassis de mensonges soit pris pour du cash.

D’aucuns seront surpris que Renart Léveillé eut été séduit par cette histoire remplie de faussetés mais ce fut un choc de le voir reproduit sur…Québec Droite, les bras m’ont tombé!

Je veux bien croire que les médias étrangers ont peu couvert la crise islandaise, au point où c’est cet évènement qui m’a vraiment poussé à bloguer et ainsi vous faire profiter de mes connaissances de cette langue, mais il suffisait de chercher quelques sites anglophones pour obtenir l’essentiel de ce qui s’y passait. Il n’y avait donc pas de complot médiatique.

Si complot il y a, il est peut-être monté par l’auteur du texte original lui-même, se disant qu’il peut raconter n’importe quoi puisque les "Islandais d’honneur" (le surnom que @hjortur et @Inga_Ros ont donné à @tom_harper et moi) ne courent pas les rues pour corriger.

Un journaliste de Rue89 s’est proposé de rétablir les faits. Je n’ai rien à redire de son article, je suis même soulagé de ne pas avoir à l’écrire (:P), cependant je me désole de lire les commentaires qui soutiennent essentiellement le texte "original" que Pascal Riché cherche à corriger. Aussi, à défaut de tout repasser le premier en détail, j’aimerais dire que le bâtiment "pris d’assaut" n’est pas la résidence du président mais bien le parlement.

Du reste, si je peux mettre à jour l’article de Rue89, écrit en janvier, je vous rappelle que l’élection à l’assemblée constituante a été invalidée et que les 25 élus ont fini par être embauchés par le parlement à titre de "conseil constitutionnel spécial". Conseil qui débutera ses activités à un moment encore non précisé.

Quant à Icesave, j’en parlerai dans un prochain texte et au cours du mois, on votera à nouveau le 9 avril. Et les Che Guevara de salon seraient très surpris de voir qui supporte le NON…

Jón Gnarr: Le syndrome Barack Obama

Mercredi dernier, Jón Gnarr accordait une longue entrevue à Sölvi Tryggvasson. C’est dans cette apparition télévisée qu’il a annoncé que son parti "anarco-sympathique", le Besti Flokkurinn, briguerait les suffrages nationaux lors du prochain scrutin.

Il y a un an, personne n’aurait cru que cet acteur/humoriste/chanteur punk deviendrait maire de Reykjavik. Lui-même ne pensait pas qu’on l’élirait sérieusement, sa candidature n’était qu’un pied de nez aux "vieux partis". Les habitants de Reykjavik l’ont élu en guise de "None of the above", tout comme les électeurs d’Akureyri ont plébiscité une liste d’illustres inconnus non-affiliés à aucun parti.

Les médias internationaux ont parlé de cette victoire électorale hors-norme, celle d’un Parti Rhinocéros islandais à une seule promesse ("n’en respecter aucune"), se déclarant "ouvertement corrompu" et s’engageant à placer un ours polaire dans parc zoologique ainsi qu’à la gratuité des serviettes dans les piscines publiques.

Jon Gnarr est un excellent artiste, un homme très sympathique qui n’hésite pas à se travestir pour le défilé de la fierté gaie, à rouler ses r pour Infoman ou encore accorder des entrevues à journalistes venus le voir de partout. Mais, preuve qu’il demeure avant tout un "entertainer", il n’est pas resté très loin de son domaine habituel.

Il y a une dizaine de jours, j’ai revu passer le clip de campagne du Besti Flokkurinn sur Twitter, accompagné de la phrase "Vivement Jon Gnarr à la place de Gérald Tremblay"…enfin, quelque chose du genre.

Celui que le Reykjavik Grapevine surnomme "the trendy mayor" reçoit des tonnes de commentaires du genre sur Facebook.

Mais qu’en est-il de la réalité?

Le Besti Flokkur n’a pas vraiment d’étiquette définie, disons-le donc centriste. Oublions le terme anarco-sympathique, ça ne veut rien dire. Concédons cependant que la coalition avec les sociaux-démocrates tire l’administration municipale vers la gauche.

Depuis son arrivée au pouvoir en juin, Jon Gnarr et sa majorité ont augmenté deux fois les impôts locaux, la tarification de tous les services municipaux a augmenté, on a diminué le service d’autobus… On se prépare à fusionner plusieurs écoles, maisons de jeunes et garderies afin de réduire les coûts administratifs.

Le mois dernier, plus de 1100 personnes ont manifesté contre les coupures faites dans les écoles de musique de la ville. L’administration n’a pas cédé, d’autres services étant jugés prioritaires.

Ceci dit, je ne serais pas prêt à parier qu’un conseil municipal dominé par le Parti de l’Indépendance ferait les choses différemment: les finances de la ville sont en mauvaise posture et la loi islandaise interdit aux municipalités d’être en déficit.

Personne n’a parlé que le secteur privé pourrait jouer un plus grand rôle, par exemple, bien que je me doute bien que ça ne fasse pas partie de la grille d’analyse au caucus de la majorité.

Certains affirment également que Reykjavik est davantage gérée par les fonctionnaires et les conseillers sociaux-démocrates (p.ex. Dagur B. Eggertsson) que le premier parti au conseil.

Vrai qu’aucun soupçon de corruption ne pèse envers le Besti Flokkur, vrai que Jon Gnarr s’est excusé aux électeurs d’avoir failli à son engagement de ne pas hausser les taxes mais, en pratique, je ne vois qu’un politicien ordinaire. Et puisque c’est son rôle de maire, et non d’acteur, qui compte aux yeux des électeurs, c’est là-dessus qu’il faut le juger.

Au final, Jon Gnarr me fait penser au locataire actuel de la Maison Blanche…

Non, le Danemark ne subventionne pas les restaurants

Encore un autre texte de Marie-Claude Lortie où je me suis dit: "Mais quel est ce Danemark qu’elle décrit?".

J’aurais pu faire le tour de mon carnet d’adresse pour le confirmer mais je suis certain qu’aucune de mes connaissances à Copenhague n’ait déjà dépensé la fortune nécessaire pour manger au NOMA. Je crois même que les Danois seraient insultés de voir que Marie-Claude Lortie les décrit indirectement comme des gens snobs en ne parlant que du côté luxueux de leur capitale. Dans tous les cas, ses articles font toujours des vagues quand j’en parle.

La citation choc, c’est celle-ci:

Normand Laprise aimerait bien qu’un jour, des chefs puissent avoir une démarche semblable ici. «Mais ce qu’il y a là-bas qu’on n’a pas ici, c’est l’appui des gouvernements.» Car pour dénicher les produits indigènes, les récolter, assurer leur acheminement jusqu’aux restaurants, il faut accomplir des efforts colossaux qu’un seul établissement ne peut assurer. «Et on devrait offrir cette aide, ajoute Laprise, car un tel restaurant apporte beaucoup à la communauté.»

On va dire les vraies affaires: Appui = subventions. Parce que, bon, soyons honnêtes, c’est plus qu’une tape dans le dos que Normand Laprise attend de Jean Charest.

Voici le screenshot de l’échange Twitter avec Henrik Finn Edtwodth Andersen, une de mes connaissances à Esbjerg.

Il me dit qu’il n’a jamais entendu parler d’un tel soutien et que, si ça existait pour vrai, ça serait massivement dénoncé par les journaux et qu’une simple recherche des mots "Noma" et "Tilskud" (subvention) ne donne aucun résultat. De mon côté, j’ai vérifié "tilskud + restauranter" et le seul résultat concret s’avère être un article de 2004 indiquant que le secteur de la restauration n’est pas éligible aux subventions agro-alimentaires.

Après ça, les journalistes regardent les bloggeurs et "twitteux" de haut… Faites votre job!


mars 2011
D L Ma Me J V S
« fév   avr »
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

Catégories

Mises à jour Twitter


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

%d bloggers like this: