Archives de novembre 2011



Santé au Danemark dans La Presse: Parole de technocrate

C’est @Citoyenk qui m’a tweeté l’article suivant, paru dans La Presse le 2 novembre dernier: Financement de la santé: Le Danemark l’exemple à suivre.

Passons-le au rayons x…

Tout d’abord, prenons acte qu’Ariane Lacoursière a discuté avec un certain Poul Erik Hansen, qu’elle identifie comme le ministre de la santé du Danemark. Or, il n’en est rien. Le site officiel de la conférence le décrit chef du service économie du ministère danois de la santé. En danois, son poste s’appelle "Kontorchef" – un administrateur dans la fonction publique. Désolé mais ça part mal…

Les établissements de santé y sont gérés par cinq «régions», plutôt que par 18 agences et 95 centres de la santé et des services sociaux (CSSS) ici au Québec.

Le budget annuel du ministère de la Santé du Danemark, qui dessert 5,6 millions d’habitants, est de 20 milliards de dollars canadiens. Au Québec, où on compte 7,9 millions d’habitants, le budget annuel est de 28,1 milliards de dollars.

Il semblerait donc que le Danemark économise sur les cadres et les coûts de gestion, donc l’argent va vers les patients et non pas dans les bureaux. Je lis
ici que les coûts administratifs du système de santé danois ne sont que 5 à 8% du budget total.

Un citoyen moyen paie 50% de taxes diverses dans ce pays.

Un pauvre aussi, madame!

«Plus un hôpital traite de patients, plus il reçoit d’argent»

Combien de fois a-t-on voulu faire ça au Québec?

En 2007, le gouvernement a aussi obligé les 98 municipalités de son territoire à payer une portion des frais de santé de leur région. «Les municipalités paient ensemble 10% de la facture de leur région», explique M. Hansen.

Sans expliquer que la Kommune fait des choses qu’aucune ville québécoise ne fait… Au Danemark, la ville reçoit 50% des impôts et s’occupe de presque tous les services directs aux citoyens: passeports, garderies, perceptions des impôts, écoles… Loin de nos villes où la principale dépense est le déneigement!

«Mais pour que ça fonctionne, on a dû mettre en place un réseau d’information détaillé, dit-il. Tous les jours, les hôpitaux peuvent savoir quel est leur volume d’activité et celui des autres établissements. On présente aussi à tout le monde le prix de chacun des actes effectués à l’hôpital.»

Doit-on rappeler que le Danemark est un pays où les comptes de dépenses des élus sont sur internet? L’appareil d’État québécois manque de transparence pour se soumettre à un tel exercice. Voici un exemple de rapports, comparaisons des établissements au niveau des chirurgies ophtalmiques. Tarifs 2011.

Depuis plus de cinq ans, le gouvernement danois a aussi instauré une «garantie de traitement en un mois» pour tous les citoyens. «Si vous n’êtes pas traité en un mois, vous pouvez aller vous faire soigner dans un établissement privé ou dans un autre pays et votre région devra payer la facture», explique M. Hansen.

Malgré cette possibilité, 98% des Danois préfèrent se faire soigner dans le secteur public. Preuve, selon M. Hansen, que le réseau est efficace et de qualité. «Des gens préfèrent attendre un peu plus longtemps pour se faire soigner dans l’hôpital public de leur choix. C’est pour ça que notre temps d’attente moyen pour un acte est de 60 jours», note-t-il.

Je pense que M. Hansen spin un peu ici. Pour se prévaloir d’un tel droit, il faut répondre à certains critères, fort possible que c’est moins possible en pratique. Je m’explique aussi mal comment le déplacement de seulement 2% des patients vers le privé auraient suffi à faire baisser les listes d’attente de 30% par rapport à 2001 (voir ce rapport). Aussi, par rapport aux 2%, le rapport du ministère parle plutôt de 63000 patients qui vont au privé aux frais du public en 2009 (2008: 93000)… Cela dit, le Vérificateur général fait état d’une augmentation constante de l’argent dépensé par le public dans les hôpitaux privés. Pour 2010, Politiken parle d’un regard de patients s’étant prévalu de la garantie de soins

Ma recherche amène aussi un texte curieux. En mai dernier, Politiken relevait que les coupures et les congédiements dans les hôpitaux publics avaient réussi à réduire le temps d’attente de 67 à 53 jours en 2 ans.

Ici, un rapport du vérificateur général couvre également un aspect que ni La Presse ni la la conférence elle-même n’ont abordé. Ces Danois qui payent de leurs poches, ou via des assurances complémentaires, pour se faire soigner au privé. De 141000 en 2002, le nombre d’assurés privés est passé à 1 million en 2008. Et si, en 2007, le privé ne réalisait que 3% des chirurgies totales au Danemark, il prend une place de plus en plus importantes dans certains domaines: 22% des opérations aux yeux, 35% des interventions en orthopédie et 60% des chirurgies bariatriques sont effectuées dans les hôpitaux privés.

En juillet dernier, étude indiquait qu’un Danois sur 5 avait déjà eu recours aux soins de santé privé. Sans trop de surprises, les électeurs les plus à gauche, SF et Enhedslisten, sont les plus réfractaires.

Pour le gouvernement danois, tout le monde gagne d’avoir ces "deux vitesses": Ceux qui peuvent aller au privé libèrent des places pour les gens qui ne peuvent pas.

Quand on lui demande quelle est la durée moyenne de l’attente au service des urgences de son pays, M. Hanse s’exclame: «Elle est longue!» Selon les périodes de l’année, elle varie de moins de 1 heure à 12 heures, selon M. Hansen. Au Québec, l’attente moyenne a été de 17h36 l’an dernier.

Contrairement au Québec, où l’accès à un médecin de famille est difficile et où la pénurie d’infirmières cause bien des maux de tête, le Danemark n’éprouve pas ces problèmes. «On a même un peu trop d’infirmières en ce moment», note M. Hansen.

C’est faire abstraction des différences fondamentales entre les deux systèmes d’assurance-maladie. Si on réfère aux informations sur le site de la Municipalité de Copenhague, on remarque que le système danois impose le médecin de famille comme premier contact dans le réseau. Les communes tiennent des listes de médecin et chacun doit s’y enregistrer, on peut demander aux autorités de nous assigner à un médecin. La clinique doit être dans les 5 km de son lieu de résidence, à moins d’avoir la permission écrite du médecin qu’on veut voir. Des frais sont applicables pour changer de médecin. Notez qu’on peut aussi être assuré dans le "groupe 2", où vous allez chez n’importe quel médecin mais vous payez et l’assurance-maladie publique vous rembourse.

Les médecins danois ne travaillent que le jour, il faut donc s’absenter du travail pour les consulter. En dehors des heures de bureau, un "sans rendez-vous" est assuré à tour de rôle… C’est ainsi qu’on n’engorge pas les urgences pour des grippes ou des otites, un facteur très aggravant dans le système de santé québécois.

Sur les infirmières, on se rappelle que la pénurie québécoise a été causée par les mises à la retraite massives de l’ère Marois – sans compensation par une libéralisation du système de santé, sans oublier la dictature des ordres professionnels qui contingent la profession. Impossible, par exemple, de donner un poste au 65% d’infirmières danoises qui ne trouvent pas d’emploi après leurs études!

Selon le ministre, les Danois «sont fiers de leur réseau de la santé». «Ils apprécient l’accès gratuit et universel aux soins, dit-il. Et, oui, je pense qu’ils trouvent qu’ils en ont pour leur argent.».

Ce que dit le "ministre" ici a été dit dans plusieurs sondages, à savoir que les Danois ont l’impression d’en avoir pour leur argent avec tous les impôts qu’ils paient. Jusqu’à quel point c’est vrai, difficile à dire, mais je serais porté à penser que l’universalité du système fiscal amène les politiciens à être beaucoup plus responsables qu’ici.

Poul Erik Hansen a été invité à Montréal pour vendre sa salade en faveur du système de santé public à une conférence organisée par des groupes en faveur d’une tell option. Il a dit aux participants ce qu’ils voulaient entendre, c’est leur choix. Et même si ses paroles ont globalement passé l’épreuve des faits, ça m’enrage de constater qu’encore une fois, la journaliste n’a aucunement remis en doute ce qu’il lui disait.

Sans doute ne faut-il pas mal parler du Danemark quand on travaille avec Marie-Claude Lortie…

Récit d’Henrik Finn Edtwodth Andersen sur son expérience dans les deux systèmes

Anders Behring Breivik: Procès le 16 avril 2012

Survivants, proches de victimes, journalistes et simple curieux se sont amassés très tôt autour du palais de justice d’Oslo en ce lundi matin. Certains ont même dormi dehors pour être certains de ne rien manquer.

Bien que NRK1 et TV2 aient passé un bonne partie de la journée à couvrir l’évènement, aucune image d’Anders Breivik n’a circulé. La justice norvégienne interdit toute publication d’un photo ou d’un vidéo de lui prise après le 22 juillet. Cela pourrait cependant changer lors du procès, dont le début a été fixé au 16 avril prochain. En effet, les deux principales chaines de télévision de Norvège jugent qu’il est essentiel de télédiffuser le procès en direct…et le juge leur a donné partiellement raison, réponse à venir. Notons qu’on réaménage tout un étage du palais de justice d’Oslo en prévision du procès: salle d’audience, salles pour le public, salles pour la presse, espace pour la télévision…

L’audience de lundi avait pour but de prolonger la détention d’Anders Breivik. Depuis 16 semaines, le suspect est détenu dans l’isolement le plus total et la "couronne" demandait 12 semaines supplémentaires dans les mêmes conditions. Le tribunal a approuvé la requête, cependant Breivik aura un accès très contrôlé au courrier et pourra recevoir la visite de sa famille dans 8 semaines. Il restera vraisemblablement détenu de manière très semblable jusqu’à son procès, qui durera 10 semaines en plus du temps nécessaires pour que les parties civiles discutent des indemnités qu’il devra verser à chacune des victimes du 22 juillet. De quoi donner une crise cardiaque à Jean-Marc Fournier… Je me demande aussi où sont tous ces organismes qui ont dénoncé le traitement des prisonniers de Guanatamo… Ah c’est vrai, où avais-je la tête, Breivik c’est l’extrême-droite et Jens Stoltenberg est un social-démocrate (soit dit en passant, Raymond St-Pierre et cie, les médias scandinaves n’utilisent pas le terme "extrême-droite" pour parler de lui).

Cela dit, d’ici au mois d’avril, les médecins doivent continuer de l’examiner afin de savoir s’il est apte à être jugé. À mon avis, ce n’est qu’une formalité: je n’ose pas imaginer le scandale, immensément pire que Guy Turcotte!

Lors de l’audience, Breivik est apparu "froid et inhumain" ont dit des gens ayant assisté. Il a tenté de s’adresser aux victimes mais le juge l’en a empêché. S’il reconnait sa responsabilité, Anders Breivik refuse d’enregistrer un plaidoyer et s’est présenté comme le commandant d’un mouvement de résistance (et non, contrairement à ce qu’a dit Céline Galipeau, il ne s’est pas déclaré d’extrême-droite). Remarquez aussi qu’il refuse de reconnaitre le système judiciaire norvégien.

Avec NRK, TV2, Aftenposten.

L’argent sale

La chanteuse d’opéra norvégienne Mari Eriksmoen est la lauréate 2011 de la bourse Statoil pour le talent en musique classique. 1 million de couronnes norvégiennes, ce n’est pas des peanuts, c’est 178000$.

Statoil appuie financièrement la scène musicale norvégienne depuis de nombreuses années par des bourses aux artistes ou en commanditant des évènements. Un rôle qui, finalement, ressemble à ce que nos Hydro/Loto/SAQ font chez nous.

Sauf que Statoil n’a pas la chance d’être dans une industrie aussi noble que la vente de loterie ou d’alcool, elle est plutôt dans le pétrole. Ainsi, son action en culture est controversée. Maja Ratkje considère que Statoil utilise les arts pour embellir son image ternie par ses investissements dans les sables bitumineux de l’Alberta (Dagsavisen).

Dans d’autres cas, on a refusé l’argent de Statoil pour protester contre l’exploration pétrolières à Lofoten (btw, ce groupe avait été âprement critiqué pour avoir chanté à un rassemblement du FrP, le diable politique). Mais en règle générale, la seule raison d’être de Statoil, l’industrie pétrolière, suffit à faire fuir: Ici, le Dagsavisen rappelle que plusieurs artistes refusent de se produire au festival Bylarm en raison du commanditaire principal.

Remarquez que c’est leur droit et ses gens assument les conséquences de leurs gestes, il est vrai.

Néanmoins, il s’agit d’une grande marque d’hypocrisie. Avant le pétrole, la Norvège était un pays de pêcheurs et d’agriculteurs. Elle doit sa prospérité à l’or noir, à qui on a même donné un coeur et une vertu en la nationalisant (quoique que personne en Norvège n’ose utiliser le terme "éthique"). Chaque seconde de leur vie, les Norvégiens bénéficient de la richesse apportée par le pétrole (par contre, j’en ai souvent parlé, la Norvège ne gaspille pas cet argent).

Ça ressemble à nos bons politiciens québécois qui aiment cracher sur le pétrole albertain mais qui ne se passeraient pas du chèque de péréquation qui tient le Québec à flot!

Mais si les artistes norvégiens savent dire "nei" à Statoil, verrait-on Roy Dupuis refuser quelque chose financé par Hydro-Québec en raison de son combat contre les barrages hydroélectriques?

Þau spínna

J’invente probablement un mot mais bon…

Samedi, Visir.is a sorti un sondage réalisé l’été dernier à l’effet que 60% des Islandais ne sont "pas contre" l’adoption du dollar canadien sur l’ile. 38% sont contre, en additionnant les pour et les indécis, ça donne donc 62% de "pas contre". Le sondage révèle que la mesure est plus populaire chez les retraités et les hommes, et que la transition devrait se faire dans les 6 à 18 ans.

On constate clairement que l’on a affaire à un spin, juste à voir la présentation. Mais j’en vois un autre. Cette histoire de dollar canadien en Islande, ça m’a tout l’air d’être pratiquement inventé par les journalistes de l’empire 365. Vrai, des gens d’Ottawa sont allé "prospecter" au printemps. Mais personne n’en a jamais parlé en dehors des médias de 365, qui en juin ont sorti la nouvelle.

Je pense qu’on est dû pour commencer à écrire une conspiration… :D

L’OQLF au secours de Jean Charest

Apparemment, la marche de 500 "fascistes linguistiques" aurait supposé suffit à convaincre le ministre du bonheur d’accorder des crédits afin que l’Office Québécois de la Langue Française démarre toute une campagne de sensibilisation au "respect du français dans l’affichage commercial", programme éventuellement assorti "d’aide financière" aux entreprises.

Fort probable que l’opposition péquiste ne trouve rien à redire.

Mais croyez-vous vraiment que ce sont ces 500 personnes qui ont convaincu le gouvernement? Le Parti Libéral n’a strictement rien à gagner en pliant face à des extrémistes tels Mario Beaulieu et Jean-Paul Perreault. On sait que les gens de ce genre, et même des plus modérés, se plaisent bien à l’appeler "John James Charest", à le considérer comme un Quisling du fédéralisme ou du colonialisme britannique.

Mais Jean Charest est un fin renard. Il sait très bien que le peuple resserre les rangs quand la nation est menacée, un bon vieux truc de dictateur impopulaire qu’on peut très bien recycler partout.

Et pendant qu’on en parlera, on oubliera qu’il n’y a toujours pas d’enquête sur la construction et que le Québec arrive de plus en plus proche de la faillite…

One loonie, une piastre, einn kall

Jeudi, l’économiste Heiðar Már Guðjónsson est revenu sur la place publique avec sa suggestion sur l’adoption, par l’Islande, du dollar canadien. Ici son texte, là une courte "entrevue".

En gros, il base son argumentation sur le fait que le dollar canadien est bien placé pour devenir la devise forte de la prochaine décennie et également, sur la base des points communs entre nos deux économies.

Reprenant la nouvelle sur son blogue, Egill Helgason pose la question, sans y répondre: Quel est l’intérêt du Canada? Il rappelle également que l’économiste Jón Daníelsson, de la LSE, ne comprend pas trop le bienfait d’adopter la monnaie d’un État qui n’a que peu de relations économiques avec l’Islande.

Le texte se termine toutefois sur une phrase intrigante: Kanadamenn vilja gjarnan að við notum þeirra mynt, les Canadiens veulent que nous utilisions leur monnaie. De qui tient-il cette information?

On sait déjà que la Banque du Canada a déjà tenu des meetings secrets à Reykjavík en mars mais rien n’est jamais sorti publiquement et on n’a pas su s’il y avait eu suite. Devrions-nous soupçonner quelque chose?

Donc, à mettre dans la liste des choses à suivre…

1938 est encore proche…

Le 9 novembre 1938, les Nazis s’en prenaient à la communauté juive en représailles à l’assassinat du diplomate Von Rath à Paris. On a donné à cet évènement le nom de "Kristallnacht" (Nuit de Cristal), bien que l’Allemagne moderne y préfère "Reichspogromnacht" – les coupables sont ainsi identifiés, et on comprend que ce n’était pas une fête!

C’est bien malheureux mais l’actualité judiciaire berlinoise nous apprend que le passé vit encore parmi nous. Mardi soir, dans Lichtenberg, un Africain a été sauvagement battu. S’en est suivi un incendie criminel dans maison de jeunes appartenant à un mouvement de jeunesse socialiste, le deuxième en moins d’un mois.

Ce ne sont pas des évènements qui surprennent, on sait que les Néonazis agissent souvent lors de tels "anniversaires". Même si c’est marginal, ça reste que ça fait partie de la vie dans l’est de l’Allemagne. Je sais que, devant quelqu’un vêtu tout en noir, il ne faut pas s’ouvrir la bouche. Quand j’ai enseigné le français dans le Landkreis Sachsische Schweiz, haut lieu du néo-nazisme, je me souviens que la police cherchait de la littérature du NPD dans les écoles et que les parents y étaient d’une vigilance envers leurs ados pour éviter qu’ils entrent en contact avec le "milieu".

Car on m’a tôt appris que les Nazis, comme une secte, recrutent leurs adeptes quand ils sont jeunes et naïfs. En ex-RDA, leurs proches possèdent écoles de conduite, discothèques pour ados, ils sont bénévoles à l’aide aux devoirs, s’impliquent dans les associations sportives… L’extrême-droite courtise donc les gens de la même manière que la gauche, un phénomène qui semble mystifier plusieurs mais qui ne surprend personne ayant constaté que les deux disent à peu près la même chose et s’adressent au même public.

C’est d’ailleurs pour cela que Nazis et Communistes s’entre-tuaient dans l’Allemagne des années 20. Et qu’aujourd’hui, que des Néonazis mettent le feu à des maisons de jeunes où vont des enfants aussi jeunes que 6 ans se font "éduquer dans une perspective socialiste" (wikipedia).

Certains n’ont définitivement pas retenu les leçons de l’histoire.

Dirty Jobs: Et si les consommateurs étaient trop cheap?

Je ne prétends pas avoir une réflexion structurée sur le sujet mais c’est néanmoins la question qui me vient en tête en lisant cet article. On y apprend que seulement 5 Islandais ont soumis leur candidature pour deux postes affichés dans une succursale Poulet Frit Kentucky. Le quotidien s’en désole et soumet même les chiffres suivants: il y a, à ce jour, 12000 chômeurs en Islande, dont 3800 de moins de trente ans.

Notez bien que l’article mentionne que 5 immigrants ont aussi exprimé leur intérêt. Mais c’est oublier qu’en Europe, beaucoup jugent que, contrairement aux États-Unis, les Européens n’ont pas besoin de personne pour les "torcher" parce que les "dirty jobs, ils les font. Mais même aux États-Unis, les récessions sont souvent un prétexte pour fermer les frontières dans l’espoir de faire travailleurs les chômeurs.

Lorsqu’on parle de ça, on en vient souvent aux salaires et aux conditions de travail. La croyance populaire veut que les entreprises pressent le citron sur les salaires afin de maximiser leurs profits. Je ne dirai pas que c’est faux mais j’aimerais retourner le miroir: Et si c’étaient les consommateurs qui sont trop cheap?

Plusieurs personnes vertueuses trouvent que les McDo et Wal-Mart exploitent leurs employés mais seraient-ils prêts à payer le double pour leur Big Mac ou un balai? Pas sur, pas sur. Pour s’en convaincre, il faut voir les Scandinaves aller magasiner lors de leurs voyages à l’étranger (encore que c’est souvent dû aux fortes taxes sur les produits).

Je ne cherche pas à lancer la première pierre sur personne. Seulement, je remarque que c’est un aspect négligé de l’équation économique et je crois qu’il faut s’y attarder pour bien saisir certains enjeux actuels.

Cachez ces trophées pas assez prestigieux?

Dimanche en soirée, Jonathan Boyer a tweeté cet article de Canoe où Karkwa exprime son mécontentement envers l’ADISQ, qui les a fait revenir d’Europe pour jouer mais sans leur remettre de prix.

Je me demande cependant pourquoi chialer qu’on ne gagne pas quand on n’est même foutu de le mettre sur son CV?

«En général, il y a un manque de curiosité flagrante au Québec, poursuit François. L’autre jour, j’ai vu des annonces de la radio NRJ au cinéma et c’était Sean Paul et Lady Gaga que l’on voyait. Où sont les Québécois là-dedans? Ils disent qu’ils aiment la musique francophone québécoise, mais c’est de la crisse de marde!»

Sur une note plus joyeuse, Karkwa a amorcé une nouvelle tournée européenne, à la mi-octobre. Le groupe s’est produit notamment au Iceland Airwaves, un populaire festival de musique, en Islande. «On a donné deux concerts et il y avait environ 200 personnes, dit Louis-Jean. Je me suis fait arrêter sur la rue par un Islandais qui m’a dit qu’il nous suivait depuis Les tremblements s’immobilisent.»

Euh…désolé les boys mais ça ne marche pas comme ça. On confond les genres ici. Conservatisme et uniformité des majors, ça ne veut pas dire que le public est aussi mainstream que les matantes de Star Académie. Si c’est comme "dans mon temps", les plus jeunes ne se reconnaissent pas vraiment dans la pop bonbon de NRJ et Musique Plus.

Mais la musique, c’est comme tout le reste. Pas tout le monde est un Claude Rajotte. Et c’est même relatif: mon ipod est peut-être exotique dans ma voiture ici mais dans le marché d’origine de ces artistes, bof…

Louis-Jean s’étonne d’avoir un fan à Reykjavik? Páll Óskar serait peut-être surpris de savoir que je tape ce billet en écoutant sa pièce "La dolce vita". J’ai déjà croisé des acteurs allemands au Saguenay.

Mais est-ce que ça veut dire que, parce qu’un dude random les connait qu’ils sont partout en Islande? Allo! Oui, je me souviens très bien que c’est à Rás 2 que j’avais découvert Malajube et possible que Karkwa y ait déjà figuré mais reste que je suis certain que si François voyait ceci, il se dirait que la direction musicale de FM957 pense, comme il présume pour NRJ, aussi que "íslenski tónlistinn er skít".

Combien d’artistes européens ont gagné un prix aux MTV Europe Music Awards? ZÉRO! À part Justin Bieber et le groupe coréen BigBang, tous les gagnants sont Américains. Est-ce que ça veut dire qu’aucun artiste européen ne peut rivaliser avec eux? Pas du tout.

Les artistes québécois qui en veulent aux majors parce que leur matériel, moins mainstream, ne passe pas, ne devraient pas voir leur salut dans des quotas plus stricts. C’est au contraire ce qui étouffe la musique québécoise.

Aucun musicien au Québec ne pourra réaliser son plein potentiel tant et aussi longtemps que les quotas de l’ADISQ et du CRTC le protégeront.

Visir.is

Rebaptiser les commerces: Laver plus blanc que blanc

Samedi après-midi, le centre-ville de Montréal a été "visité" par des manifestants sympathiques à la cause du Mouvement Montréal Français pour augmenter la présence du français dans les commerces. Signe que l’agenda des militants linguistique se radicalise, la cible n’est désormais plus tant la langue de service (la situation s’étant grandement améliorée), mais les noms.

Permettez-moi d’abord de voir, encore une fois, une preuve que ces gens sont anti-anglais davantage que pro-français quand j’observe que des marques comme American Apparel et Second Cup les empêchent de dormir, mais qu’ils n’ont absolument rien à cirer du suédois IKEA ou des danois Jysk ou Ecco.

Je rage quand j’entends Denis Trudel dire à François Cormier de Radio-Canada que le mouvement n’exige que la "normalité", ce que "tous les peuples du monde ont".

Bien, Denis, allons voir…

Constatons d’abord que les "Bureaux en Gros", "Marché Express" ou encore "Les Cafés Starbucks" sont des faveurs accordées aux marché québécois et dont on ne retrouve que peu d’exemples ailleurs dans le monde.

L’automobiliste européen qui va faire le plein chez Total va payer dans un dépanneur appelé "Bonjour" sur la totalité du continent… Pas de "Ciao" ou de "Dobry den". À côté, Aral impose la bannière "Aral Store". Lequel préférez-vous?

Les grandes banques américaines servent volontiers leurs clients en espagnol mais elles ne traduiraient jamais le "branding" de leurs cartes, et encore moins leurs noms. D’ailleurs, trouvez-moi donc le slovaque sur celles-ci, ici je vois très bien le "expires end of" mais pas de féroïen et aucune trace de russe ici non plus. Une des grandes institutions financières suédoises a pour nom Swedbank, pas Sveriges Bank.

Mais puisque l’on parle de magasins et de vitrines, continuons notre tour du monde…

Voici l’affichage des soldes devant un magasin Karstadt en Allemagne.

Observons les noms des commerces dans ces centres d’achats de Reykjavik, Oslo, Mlada Boleslav, Copenhague et même Sofia.

Les mêmes noms reviennent, sans traduction, et même, parfois, derrière une raison sociale anglaise se cache une entreprise tout à fait locale. Et non, ça ne semble pas causer d’urticaire à beaucoup de monde hors du Québec et de la France.

Ma recherche m’a même fait découvrir que Pharmaprix a des magasins en Pologne, en Israël et en Chine sous le très local nom de Super Pharm!

Et au final, parce qu’on pourrait en parler éternellement, j’aimerais souligner que, selon moi, ces enragés du français devraient apprendre à pardonner. Pardonner, ça ne veut pas dire s’écraser ou se soumettre, contrairement à ce qui semble être exprimé.

Je me souviens de mon étonnement de voir des touristes israéliens en Allemagne, tout comme je trouvais étrange les bonnes relations des Tchèques et des Polonais à l’égard de leurs voisins qui, il y a 70 ans, voulaient les exterminer. Et quand j’en ai discuté, on me disait essentiellement "C’est fini ces histoires-là".

Il n’y a jamais eu de chambres à gaz au Québec. Aucune mesure contre le français n’a été aussi dure que ce que la Russie et l’Allemagne ont fait subir à la culture polonaise.

Et pourtant, à entendre nos drama queens nationalistes, on croirait que c’est tout le contraire.

Bien ce sont eux les impérialistes.


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