Archives de novembre 2011



La terreur brune continue…

Cette histoire de "terreur brune", ces néonazis ayant commis des meurtres racistes pendant des années sans s’être fait inquiéter par les autorités, fait de grandes vagues en Allemagne. Les médias ne lâchent pas le morceau et plusieurs politiciens sont dans l’eau chaude.

Cela fait plusieurs jours que je veux écrire sur le sujet mais les nouvelles évoluent plus vite que mon texte, je vais donc attendre. J’imagine que mon point de vue d’ancien "Scheißausländer" (étranger de merde) est recherché!

Mais un fait divers de jeudi attire mon attention: À Berlin, dans le centre commercial Alexa sur Alexanderplatz, un touriste américain de 48 ans a été agressé par deux néonazis (ici).

Un évènement qui rappelle que pour être pris pour cible par eux, même pas besoin d’être "pas blanc". Ne pas descendre des couilles de Beethoven suffit.

Le retour de 2007

Plus tôt cette semaine, la télévision islandaise s’interrogeait sur le retour de 2007: le marché immobilier reprend, les Islandais recommencent à s’acheter des voitures – y compris des modèles de luxe, à voyager, à acheter des billets pour des spectacles, même à prévoir de s’endetter pour Noël.

Ça rappelle, bien sur, la vie avant la crise. La fin de semaine dernier, la chaine suédoise Lindex a même dû fermer son magasin du centre d’achat Smaralind, deux jours après l’ouverture, parce que 10000 clients l’ont vidé!

Mais d’autres choses rappellent 2007. Alors que l’Islande affiche un taux d’inflation 5.3%, le plus haut en Europe, l’enquête mensuelle du syndicat ASÍ révèle une tendance à la hausse dans l’alimentation. Dans ce pays où on importe tout, le panier d’épicerie est le premier signe de la dévaluation de la monnaie.

La banque centrale aurait-elle repris ses mauvaises habitudes de l’ère monétariste de Davíð Oddsson? Si c’est le cas, stop!

EDIT: Parlant de 2007 d’ailleurs, aujourd’hui la Cour Suprême a condamné un homme à rembourser 76 millions de couronnes à Landsbankinn. L’homme disait qu’il n’avait pas à payer sa marge de crédit de 2007 parce qu’il n’avait pas reçu son relevé. Tiré par les cheveux!

Objectivité médiatique

Aujourd’hui, les services de renseignements danois ont publié un rapport sur l’extrémisme politique au Danemark. Le rapport indique que les deux extrémismes politiques sont bien implantés au Danemark et qu’ils sont tous les deux dangereux.

Mon ami Lars s’est amusé à placer côte-à-côte les articles du Politiken (quotidien de gauche) et du Jyllands-Posten (quotidien de droite).

Politiken pointe l’extrême-droite, Jyllands-Posten l’extrême-gauche.

En télé, c’est semble. Alors que TV2, la "télé des bleus", fait bien état des deux côté de la médaille, les rouges de DR ne disent rien sur leur "propre camp".

Santé au Danemark dans La Presse: Parole de technocrate

C’est @Citoyenk qui m’a tweeté l’article suivant, paru dans La Presse le 2 novembre dernier: Financement de la santé: Le Danemark l’exemple à suivre.

Passons-le au rayons x…

Tout d’abord, prenons acte qu’Ariane Lacoursière a discuté avec un certain Poul Erik Hansen, qu’elle identifie comme le ministre de la santé du Danemark. Or, il n’en est rien. Le site officiel de la conférence le décrit chef du service économie du ministère danois de la santé. En danois, son poste s’appelle "Kontorchef" – un administrateur dans la fonction publique. Désolé mais ça part mal…

Les établissements de santé y sont gérés par cinq «régions», plutôt que par 18 agences et 95 centres de la santé et des services sociaux (CSSS) ici au Québec.

Le budget annuel du ministère de la Santé du Danemark, qui dessert 5,6 millions d’habitants, est de 20 milliards de dollars canadiens. Au Québec, où on compte 7,9 millions d’habitants, le budget annuel est de 28,1 milliards de dollars.

Il semblerait donc que le Danemark économise sur les cadres et les coûts de gestion, donc l’argent va vers les patients et non pas dans les bureaux. Je lis
ici que les coûts administratifs du système de santé danois ne sont que 5 à 8% du budget total.

Un citoyen moyen paie 50% de taxes diverses dans ce pays.

Un pauvre aussi, madame!

«Plus un hôpital traite de patients, plus il reçoit d’argent»

Combien de fois a-t-on voulu faire ça au Québec?

En 2007, le gouvernement a aussi obligé les 98 municipalités de son territoire à payer une portion des frais de santé de leur région. «Les municipalités paient ensemble 10% de la facture de leur région», explique M. Hansen.

Sans expliquer que la Kommune fait des choses qu’aucune ville québécoise ne fait… Au Danemark, la ville reçoit 50% des impôts et s’occupe de presque tous les services directs aux citoyens: passeports, garderies, perceptions des impôts, écoles… Loin de nos villes où la principale dépense est le déneigement!

«Mais pour que ça fonctionne, on a dû mettre en place un réseau d’information détaillé, dit-il. Tous les jours, les hôpitaux peuvent savoir quel est leur volume d’activité et celui des autres établissements. On présente aussi à tout le monde le prix de chacun des actes effectués à l’hôpital.»

Doit-on rappeler que le Danemark est un pays où les comptes de dépenses des élus sont sur internet? L’appareil d’État québécois manque de transparence pour se soumettre à un tel exercice. Voici un exemple de rapports, comparaisons des établissements au niveau des chirurgies ophtalmiques. Tarifs 2011.

Depuis plus de cinq ans, le gouvernement danois a aussi instauré une «garantie de traitement en un mois» pour tous les citoyens. «Si vous n’êtes pas traité en un mois, vous pouvez aller vous faire soigner dans un établissement privé ou dans un autre pays et votre région devra payer la facture», explique M. Hansen.

Malgré cette possibilité, 98% des Danois préfèrent se faire soigner dans le secteur public. Preuve, selon M. Hansen, que le réseau est efficace et de qualité. «Des gens préfèrent attendre un peu plus longtemps pour se faire soigner dans l’hôpital public de leur choix. C’est pour ça que notre temps d’attente moyen pour un acte est de 60 jours», note-t-il.

Je pense que M. Hansen spin un peu ici. Pour se prévaloir d’un tel droit, il faut répondre à certains critères, fort possible que c’est moins possible en pratique. Je m’explique aussi mal comment le déplacement de seulement 2% des patients vers le privé auraient suffi à faire baisser les listes d’attente de 30% par rapport à 2001 (voir ce rapport). Aussi, par rapport aux 2%, le rapport du ministère parle plutôt de 63000 patients qui vont au privé aux frais du public en 2009 (2008: 93000)… Cela dit, le Vérificateur général fait état d’une augmentation constante de l’argent dépensé par le public dans les hôpitaux privés. Pour 2010, Politiken parle d’un regard de patients s’étant prévalu de la garantie de soins

Ma recherche amène aussi un texte curieux. En mai dernier, Politiken relevait que les coupures et les congédiements dans les hôpitaux publics avaient réussi à réduire le temps d’attente de 67 à 53 jours en 2 ans.

Ici, un rapport du vérificateur général couvre également un aspect que ni La Presse ni la la conférence elle-même n’ont abordé. Ces Danois qui payent de leurs poches, ou via des assurances complémentaires, pour se faire soigner au privé. De 141000 en 2002, le nombre d’assurés privés est passé à 1 million en 2008. Et si, en 2007, le privé ne réalisait que 3% des chirurgies totales au Danemark, il prend une place de plus en plus importantes dans certains domaines: 22% des opérations aux yeux, 35% des interventions en orthopédie et 60% des chirurgies bariatriques sont effectuées dans les hôpitaux privés.

En juillet dernier, étude indiquait qu’un Danois sur 5 avait déjà eu recours aux soins de santé privé. Sans trop de surprises, les électeurs les plus à gauche, SF et Enhedslisten, sont les plus réfractaires.

Pour le gouvernement danois, tout le monde gagne d’avoir ces "deux vitesses": Ceux qui peuvent aller au privé libèrent des places pour les gens qui ne peuvent pas.

Quand on lui demande quelle est la durée moyenne de l’attente au service des urgences de son pays, M. Hanse s’exclame: «Elle est longue!» Selon les périodes de l’année, elle varie de moins de 1 heure à 12 heures, selon M. Hansen. Au Québec, l’attente moyenne a été de 17h36 l’an dernier.

Contrairement au Québec, où l’accès à un médecin de famille est difficile et où la pénurie d’infirmières cause bien des maux de tête, le Danemark n’éprouve pas ces problèmes. «On a même un peu trop d’infirmières en ce moment», note M. Hansen.

C’est faire abstraction des différences fondamentales entre les deux systèmes d’assurance-maladie. Si on réfère aux informations sur le site de la Municipalité de Copenhague, on remarque que le système danois impose le médecin de famille comme premier contact dans le réseau. Les communes tiennent des listes de médecin et chacun doit s’y enregistrer, on peut demander aux autorités de nous assigner à un médecin. La clinique doit être dans les 5 km de son lieu de résidence, à moins d’avoir la permission écrite du médecin qu’on veut voir. Des frais sont applicables pour changer de médecin. Notez qu’on peut aussi être assuré dans le "groupe 2", où vous allez chez n’importe quel médecin mais vous payez et l’assurance-maladie publique vous rembourse.

Les médecins danois ne travaillent que le jour, il faut donc s’absenter du travail pour les consulter. En dehors des heures de bureau, un "sans rendez-vous" est assuré à tour de rôle… C’est ainsi qu’on n’engorge pas les urgences pour des grippes ou des otites, un facteur très aggravant dans le système de santé québécois.

Sur les infirmières, on se rappelle que la pénurie québécoise a été causée par les mises à la retraite massives de l’ère Marois – sans compensation par une libéralisation du système de santé, sans oublier la dictature des ordres professionnels qui contingent la profession. Impossible, par exemple, de donner un poste au 65% d’infirmières danoises qui ne trouvent pas d’emploi après leurs études!

Selon le ministre, les Danois «sont fiers de leur réseau de la santé». «Ils apprécient l’accès gratuit et universel aux soins, dit-il. Et, oui, je pense qu’ils trouvent qu’ils en ont pour leur argent.».

Ce que dit le "ministre" ici a été dit dans plusieurs sondages, à savoir que les Danois ont l’impression d’en avoir pour leur argent avec tous les impôts qu’ils paient. Jusqu’à quel point c’est vrai, difficile à dire, mais je serais porté à penser que l’universalité du système fiscal amène les politiciens à être beaucoup plus responsables qu’ici.

Poul Erik Hansen a été invité à Montréal pour vendre sa salade en faveur du système de santé public à une conférence organisée par des groupes en faveur d’une tell option. Il a dit aux participants ce qu’ils voulaient entendre, c’est leur choix. Et même si ses paroles ont globalement passé l’épreuve des faits, ça m’enrage de constater qu’encore une fois, la journaliste n’a aucunement remis en doute ce qu’il lui disait.

Sans doute ne faut-il pas mal parler du Danemark quand on travaille avec Marie-Claude Lortie…

Récit d’Henrik Finn Edtwodth Andersen sur son expérience dans les deux systèmes

Anders Behring Breivik: Procès le 16 avril 2012

Survivants, proches de victimes, journalistes et simple curieux se sont amassés très tôt autour du palais de justice d’Oslo en ce lundi matin. Certains ont même dormi dehors pour être certains de ne rien manquer.

Bien que NRK1 et TV2 aient passé un bonne partie de la journée à couvrir l’évènement, aucune image d’Anders Breivik n’a circulé. La justice norvégienne interdit toute publication d’un photo ou d’un vidéo de lui prise après le 22 juillet. Cela pourrait cependant changer lors du procès, dont le début a été fixé au 16 avril prochain. En effet, les deux principales chaines de télévision de Norvège jugent qu’il est essentiel de télédiffuser le procès en direct…et le juge leur a donné partiellement raison, réponse à venir. Notons qu’on réaménage tout un étage du palais de justice d’Oslo en prévision du procès: salle d’audience, salles pour le public, salles pour la presse, espace pour la télévision…

L’audience de lundi avait pour but de prolonger la détention d’Anders Breivik. Depuis 16 semaines, le suspect est détenu dans l’isolement le plus total et la "couronne" demandait 12 semaines supplémentaires dans les mêmes conditions. Le tribunal a approuvé la requête, cependant Breivik aura un accès très contrôlé au courrier et pourra recevoir la visite de sa famille dans 8 semaines. Il restera vraisemblablement détenu de manière très semblable jusqu’à son procès, qui durera 10 semaines en plus du temps nécessaires pour que les parties civiles discutent des indemnités qu’il devra verser à chacune des victimes du 22 juillet. De quoi donner une crise cardiaque à Jean-Marc Fournier… Je me demande aussi où sont tous ces organismes qui ont dénoncé le traitement des prisonniers de Guanatamo… Ah c’est vrai, où avais-je la tête, Breivik c’est l’extrême-droite et Jens Stoltenberg est un social-démocrate (soit dit en passant, Raymond St-Pierre et cie, les médias scandinaves n’utilisent pas le terme "extrême-droite" pour parler de lui).

Cela dit, d’ici au mois d’avril, les médecins doivent continuer de l’examiner afin de savoir s’il est apte à être jugé. À mon avis, ce n’est qu’une formalité: je n’ose pas imaginer le scandale, immensément pire que Guy Turcotte!

Lors de l’audience, Breivik est apparu "froid et inhumain" ont dit des gens ayant assisté. Il a tenté de s’adresser aux victimes mais le juge l’en a empêché. S’il reconnait sa responsabilité, Anders Breivik refuse d’enregistrer un plaidoyer et s’est présenté comme le commandant d’un mouvement de résistance (et non, contrairement à ce qu’a dit Céline Galipeau, il ne s’est pas déclaré d’extrême-droite). Remarquez aussi qu’il refuse de reconnaitre le système judiciaire norvégien.

Avec NRK, TV2, Aftenposten.

L’argent sale

La chanteuse d’opéra norvégienne Mari Eriksmoen est la lauréate 2011 de la bourse Statoil pour le talent en musique classique. 1 million de couronnes norvégiennes, ce n’est pas des peanuts, c’est 178000$.

Statoil appuie financièrement la scène musicale norvégienne depuis de nombreuses années par des bourses aux artistes ou en commanditant des évènements. Un rôle qui, finalement, ressemble à ce que nos Hydro/Loto/SAQ font chez nous.

Sauf que Statoil n’a pas la chance d’être dans une industrie aussi noble que la vente de loterie ou d’alcool, elle est plutôt dans le pétrole. Ainsi, son action en culture est controversée. Maja Ratkje considère que Statoil utilise les arts pour embellir son image ternie par ses investissements dans les sables bitumineux de l’Alberta (Dagsavisen).

Dans d’autres cas, on a refusé l’argent de Statoil pour protester contre l’exploration pétrolières à Lofoten (btw, ce groupe avait été âprement critiqué pour avoir chanté à un rassemblement du FrP, le diable politique). Mais en règle générale, la seule raison d’être de Statoil, l’industrie pétrolière, suffit à faire fuir: Ici, le Dagsavisen rappelle que plusieurs artistes refusent de se produire au festival Bylarm en raison du commanditaire principal.

Remarquez que c’est leur droit et ses gens assument les conséquences de leurs gestes, il est vrai.

Néanmoins, il s’agit d’une grande marque d’hypocrisie. Avant le pétrole, la Norvège était un pays de pêcheurs et d’agriculteurs. Elle doit sa prospérité à l’or noir, à qui on a même donné un coeur et une vertu en la nationalisant (quoique que personne en Norvège n’ose utiliser le terme "éthique"). Chaque seconde de leur vie, les Norvégiens bénéficient de la richesse apportée par le pétrole (par contre, j’en ai souvent parlé, la Norvège ne gaspille pas cet argent).

Ça ressemble à nos bons politiciens québécois qui aiment cracher sur le pétrole albertain mais qui ne se passeraient pas du chèque de péréquation qui tient le Québec à flot!

Mais si les artistes norvégiens savent dire "nei" à Statoil, verrait-on Roy Dupuis refuser quelque chose financé par Hydro-Québec en raison de son combat contre les barrages hydroélectriques?

Þau spínna

J’invente probablement un mot mais bon…

Samedi, Visir.is a sorti un sondage réalisé l’été dernier à l’effet que 60% des Islandais ne sont "pas contre" l’adoption du dollar canadien sur l’ile. 38% sont contre, en additionnant les pour et les indécis, ça donne donc 62% de "pas contre". Le sondage révèle que la mesure est plus populaire chez les retraités et les hommes, et que la transition devrait se faire dans les 6 à 18 ans.

On constate clairement que l’on a affaire à un spin, juste à voir la présentation. Mais j’en vois un autre. Cette histoire de dollar canadien en Islande, ça m’a tout l’air d’être pratiquement inventé par les journalistes de l’empire 365. Vrai, des gens d’Ottawa sont allé "prospecter" au printemps. Mais personne n’en a jamais parlé en dehors des médias de 365, qui en juin ont sorti la nouvelle.

Je pense qu’on est dû pour commencer à écrire une conspiration… :D


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