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So what?

Une autre enflure médiatique: les USA deviendront-ils fous de foot?

Ça me fait rire, cette obsession que les médias britanniques ont à rêver que les Américains deviennent aussi fous que les Anglais sur le football. Dans un pays de 300 millions de personnes, rien de plus normal que des tonnes de sports se disputent le public et, comme les autres, le foot trouve sa place. Surtout que, tout comme au Canada, la participation vs l’espace médiatique sont deux choses séparées!

Même que, si je suis langue sale, je dirai à ces Anglais que le jour où les Américains aimeront le foot, toute la planète pleurera que les États-Unis ont encore fait de la marde!

Let them not like it if they want!

Pendant ce temps, oui, demain matin 10:00 je suis au resto pour voir l’Allemagne renvoyer l’Angleterre chez elle sur grand écran!

Les coins ronds

Lorsqu’on veut faire passer un message, il n’est pas rare que l’on embellisse un peu la vérité pour toute laisser la place au point de vue que l’on défend. Dans un médias qui se veut impartial, c’est pratiquement criminel mais on le voit à journée longue.

Deux exemples qui m’ont sauté aux yeux aujourd’hui:

Un "Q&A" de la BBC sur la réforme de la santé aux États-Unis. On y affirme que la seule option qui s’adresse aux non-assurés, c’est de se faire soigner dans un urgence. Comme si personne ne consultait jamais de médecins à ses frais, de sa poche, dans la mesure de ses moyens. Et qu’il n’y aurait pas, comme on trouve au Québec, des fondations ou autres prêts à aider pour une autre partie.

Mention honorable, cependant, pour la clarification sur ces "46 millions sans assurance". Le nombre comprend 18 millions de patients qui gagnent plus de 50000 par an (ici).

Soit dit en passant, voici un très intéressant reportage d’ABC sur ces médecins américains qui travaillent comptant car ils n’ont plus la patience de traiter le red tape des assurances. Ici

Vous savez, 36$ pour un examen, c’est 9$ de moins que mon vétérinaire. Combien la RAMQ (ou tout autre régime au Canada) paie pour un examen pour une grippe disons? Personne ne semble le savoir. Bien sûr, connaissant comme les ordres professionnels du Québec aiment bien charger le gros prix, rien ne dit que ce serait en bas de 50-60$ ici.

En deuxième lieu, dans La Presse du weekend, Sophie Cousineau remet les pendules à l’heure sur le reportage alarmiste de "Une heure sur Terre" sur les Chinois qui achètent des terres au Québec.

Je me doutais bien que c’était une tempête dans un verre d’eau. Cependant, très pragmatique, connaissant un peu les problèmes de relève en agriculture au Québec, je me disais "So what?". D’autant plus que, comme disait un monsieur dans le reportage, "je vends plus cher qu’à mon voisin", comme quoi il y aurait des belles occasions d’amener de l’argent dans des villages du Québec.

Mais, bien évidemment, nos nationalo-protectionnistes ne l’entendaient pas ainsi. Parce que des Chang exportent des aliments du Québec vers la Chine, plutôt que des Lessard, ça ne marche plus. L’important n’est-il pas qu’il y ait des fermes au Québec, tout simplement? Les statistiques d’exportations ne tiennent pas compte de l’origine ethnique de l’exploitant, à ce que je sache!

Rapidement, cette semaine, j’ai cru entendre des péquistes nous ramener encore le fameux concept de souveraineté alimentaire (note à vous: additionnez toutes les souverainetés que le PQ réclame et vous verrez que les souverainistes ont pour modèle rien de moins que le juche de Kim Il-Sung!). D’un point de vue du consommateur, je trouve ceci d’une nullité extrême étant donné la pauvreté de notre alimentation si on s’en tenait strictement à cela. À mon avis, la définition de souveraineté alimentaire devrait être quelque chose du genre "Avoir assez de ressources pour acheter, peu importe de où, toute la nourriture voulue".

Ce qui me rappelle mes lectures sur l’Islande. Les Islandais doivent importer pratiquement toute leur nourriture et les récits, jusqu’aux années 1960, font état de très peu de variété sur leurs tables. Or, il n’y a personne qui ne fait pas le lien entre les coûts d’importation et le prix élevés des aliments là-bas, ce qui nous donne "L’alimentation en Islande est chère parce qu’il faut l’importer".

Et si c’était cher parce que les Islandais ne sont que 300000? AH AH!

Combien?

C’est la question que pose Passeport Canada avant la venue du passeport électronique.

À 87$ pour 5 ans, disons que la marge de manoeuvre pour un passeport de 10 ans est de 100%. 174$ serait presque le chiffre logique, considérant que la durée double. Il faut aussi tenir compte que Passeport Canada est un organisme quasi-privé, au sens où il se supporte lui-même, donc difficile de comparer "efficacement" avec des pays où les passeports sont émis par la police ou d’autres bureaux gouvernementaux en lien avec l’enregistrement des résidents.

Et on peut encore diviser. Au Canada, comme aux USA, en Grande-Bretagne ou au Danemark (etc.), un passeport ne sert à rien d’autre que voyager. En Allemagne ou en France, notamment, il est utilisé de manière interchangeable avec les papiers d’identité qui sont essentiels pour obtenir des services publics – donc "subventionné".

Donc… Pour 10 ans:

Grande-Bretagne: £77.50
Danemark: 600 DKK
USA: 100$US
Allemagne: 59€

Alors, combien pour le Canada? Il est illusoire de croire que ça n’augmentera pas, donc on peut oublier les deux derniers exemples.

Mais 120$ (600 kr), ça me semble pas trop tiré par les cheveux.

Résultats finaux: 93.2% Nei

Un avion ayant rapporté la boite de scrutin de Grimsey, les autorités électorales ont été en mesure d’annoncer les résultats officiels du référendum de samedi: 93.2% non, 1.8% oui, le reste a voté blanc ou les bulletins ont été rejetés. Comme dans le West Island (LOL!), on dénombre trois fois plus de blancs que de oui.

Le bulletin de vote.

Taux de participation: 62.5%, ce qui laisse tout le loisir au gouvernement de diminuer la portée du résultat. J’en profite pour dire que ceux qui sont restés à la maison l’ont surtout fait parce qu’ils considéraient que ça donnait rien, et non pas parce qu’ils supportaient la mesure*.

Il semble bien que le message soit passé ailleurs par contre. À Londres et à La Haye, tout comme à Oslo, on est plus ouvert à renégocier. Partout au pays, on a célébré le résultat – souhaité par beaucoup plus de gens que les habituels défenseurs de l’anti-capitalisme.

Maintenant, l’heure est au retour à la table de négociation (du même coup, notons que les Islandais rejettent l’idée d’un référendum pour accepter l’issue de ces deuxièmes négociations). Sur la scène domestique, l’opposition réclame des élections.

Silfur Egils

* Pour la perspective historique, seuls deux des six référendums organisés en Islande ont attiré plus de votants que celui de samedi: la prohibition en 1908 et l’indépendance en 1944 (cette dernière a d’ailleurs été acquise avec 98% des voix le 25 mai 1944).

Gordon The Terrible

À environ 15-16 minutes, un sketch de Spausgstofan (en anglais) oh combien révélateur du mood du moment envers Gordon Brown et Geir H. Haarde!

Si et Mais

C’est maintenant définitif: le référendum islandais aura lieu samedi comme prévu. Tandis que la presse internationale arrive, des tonnes de questions demeurent sans réponse.

Chacune des options est incertaine, on ne connait pas les conséquences de choisir l’un ou l’autre (voir le dépliant en anglais, page 8) tant à l’égard des dettes de l’Islande et de l’effet sur les élus. Je commence à croire que l’on pourrait aussi bien voter les yeux fermés.

Signe qu’on ne connaitra pas les effets du résultat avant dimanche, sinon lundi ou plus tard, la télévision publique n’a programmé que deux bulletins spéciaux en fin de soirée samedi et renvoie le débat et l’analyse à Silfur Egils dimanche 12:30 (suivi à 13:50 du championnat islandais du hockey sur glace!!!!). Comparé aux soirées électorales de 12 heures qu’ils connaissent, c’est tout un changement!

Le dossier reste donc à suivre…

Qui?

Selon Stöð 2 (vidéo), un Canadien serait nommé cette semaine comme médiateur entre Reykjavik, Londres et La Haye afin de tenter une autre résolution au conflit sur Icesave. Le Canada et l’Islande ont certes d’excellentes relations qui sont méconnues ici, mais la raison est la neutralité canadienne dans cette chicane.

Bien hâte de voir ce sera qui!

Pendant ce temps, les sondages démontrent que le veto présidentiel est toujours aussi populaire (61%) et que le même nombre d’électeurs envisagent de dire non le 6 mars. Le gouvernement conserve ses appuis électoraux, cependant le taux de satisfaction est désormais à 50-50. Ici

En Hollande, on dénonce encore les mensonges de Reykjavik. On juge que l’Islande cherche à se "sauver" après avoir accepté de payer.

Échangerait dette contre détenus…

La suggestion de David Hale pour régler le différent sur Icesave entre l’Islande et le Royaume Uni et les Pays Bas:

A mutually satisfactory solution for Iceland and Obama

By David Hale

Published: February 1 2010 02:00 | Last updated: February 1 2010 02:00

There can be little doubt that Iceland was the greatest casualty of the global financial crisis of 2008-09. There was a run on the nation’s banks, which caused all three of them to go bankrupt. Unemployment has skyrocketed and inflation has risen sharply because of a plunge in the value of the currency. McDonald’s has closed its three restaurants on the island because of the high cost of importing food supplies.

The crisis has also left a legacy of debt. The European Union wants Reykjavik to repay retail depositors in the UK and the Netherlands for $5.6bn (£3.4bn, €4bn) they had deposited in Icelandic banks. As Iceland is trying to join the European Union its parliament agreed to pay, but the president vetoed the bill because of public anger. Sixty thousand people signed a petition against repaying the deposits with government money. They feared such a large debt because gross domestic product is only $12bn.

The global press and recent books have portrayed the Icelandic disaster as a financial event. It actually should be classified as a geopolitical event because of Reykjavik’s special relationship with the US. Iceland entered the 20th century as a Danish colony and the Danish king was head of state. When the Nazis occupied Denmark in 1940, Iceland appointed a regent in his place. The US occupied Iceland in 1942 and the country declared itself a republic in 1944. The US built a major air and naval base at Keflavik. When the war ended, the base stayed open because the US used it to monitor the Soviet navy in the north Atlantic. The US closed the base four years ago because of the end of the cold war.

There is an old geopolitical tradition that countries with US military bases never default. This was last upheld in South Korea 13 years ago. In 1997, there was a run on Korea’s banking system by foreign investors and foreign exchange reserves were nearly exhausted. Default appeared imminent but the US promptly intervened to stage a rescue. The International Monetary Fund immediately offered financial assistance. Robert Rubin, the Treasury secretary, and Alan Greenspan, Federal Reserve chairman, spent the Christmas holiday calling bankers all over the world to request that they roll over Korean loans.

If the US had not closed the Keflavik base, Iceland would have experienced a similar rescue. The IMF would have offered assistance as soon as the currency began to weaken. Treasury secretary Hank Paulson and Fed chairman Ben Bernanke would have called for European banks to maintain credit lines. The Pentagon would have told Her Majesty’s Treasury it could not invoke an anti-terror law to seize the assets of the island’s largest banks. The credit rating would have been stable and there would have been no run on the banks. On the contrary, Kaupthing Bank might have taken advantage of the global financial crisis to launch a takeover bid for Royal Bank of Scotland.

The challenge for Iceland today is to reopen the US base. It would no longer have a military function but could be an ideal solution to President Barack Obama’s problem of where to place the Guantánamo prisoners. The US has offered Palau $200m to accept 13 prisoners. Bermuda accepted a few to protect its status as a tax haven. The US could show its appreciation to Reykjavik for hosting prisoners by allowing its banks to join the troubled asset relief programme. The US Treasury could cover the cost of repaying Iceland’s retail deposits in the UK and the Netherlands with just one-half of the profit it made on its Goldman Sachs shares. As the prisoners come primarily from Afghanistan, they would probably prefer Iceland’s cooler climate to the tropical heat of Cuba.

Rahm Emanuel, White House chief of staff, said in November 2008 that the US should not waste a good financial crisis. He was referring to the opportunity that the crisis created to increase federal spending on long-cherished Democratic programmes. His statement could also apply to foreign policy and Guantá-namo. The American people do not want any suspected terrorists in their backyard. There are less fortunate countries that would accept Guantánamo prisoners in return for cash. Iceland is ideal to play such a role because it was the closure of a US military base that allowed its financial collapse. Iceland could escape from default and depression if the base were to reopen. The writer is chairman of David Hale Global Economics

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S’ils ne sortent pas de la base, qu’ils sont gardés, je ne vois pas le problème. Mais si c’est pour les laisser libre en pleine nature, je ne peux que leur souhaiter d’être mangés par les ours polaires!

Via Visir.is

Turkeys voting for Christmas

C’est le nom de la série de BBC Radio 4 sur les "working class conservatives", des gens qui votent supposément contre leurs propres intérêts. Il me semble que s’ils trouvaient cela contre leur intérêts, ils ne le feraient pas, non?

La première partie concerne les Américains qui s’opposent à la nationalisation du système de santé.

Why is it that people so often vote against their own interests? Are pragmatic politics patronising or simply a turn off? David Runciman investigates the unpopularity of President Obama’s healthcare reforms and he asks why so many Americans seem angry about efforts to make them better off.

En deuxième, cette semaine:

David Runciman explores the reasons why people often vote against their own self interest.

David penetrates the psyche of the British electorate. He asks why inheritance tax is so unpopular among the people who have least to lose from it. Is it really true that people prefer politicians who make them feel better about themselves rather than politicians who make them better off? And why are voters so scathing about the focus groups designed to help the policy makers do them a good turn?

Une réplique

Ólafur Ragnar Grímsson s’explique

Après avoir fui les médias toute la journée, le président a donné une entrevue à Jeremy Paxman à Newsnight sur BBC Two.

Visir.is donne le lien de YouTube…

Et vous savez quoi? Je l’écoute et je suis d’accord. Je ne suis pas encore convaincu que ce soit réellement à l’Islande de payer, mais au moins, au moins, que la décision soit prise par un référendum est la meilleure chose: les Islandais ne pourront jamais dire que le gouvernement leur a enfoncé dans la gorge des politiques d’austérité qu’ils n’ont pas voulu.


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