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Le monde parallèle de Margot Honecker

Après 20 ans d’exil au Chili, l’ancienne première dame est-allemande revient dans les médias. En février dernier, les Allemands ont pu découvrir le journal de détention d’Erich Honecker – celui-ci fut détenu 169 jours en 1992/1993 avant qu’on lui permette de s’envoler vers Santiago.

En mars, ce fut au tour de madame de parler. Elle s’est confié à Frank Schumann, publiciste berlinois dont les sympathies communistes sont bien connues, et ses déclarations dans le livre « Zur Volksbildung » (« Sur l’éducation populaire ») et le documentaire « Der Sturz » donnent froid dans le dos. Une chose est certaine, elle n’est pas prête de changer d’idée!

Même si l’Histoire en a décidé autrement, Margot Honecker continue de défendre la RDA coûte que coûte. Rien à faire, elle ne trouve rien à redire: la République Démocratique Allemande n’était pas une dictature. Elle n’a aucune pitié pour les victimes du Mur de Berlin, disait qu’ils avait juste à ne pas sauter! Elle légitimise le travail de la Stasi, affirme que les opposants au régime communiste étaient une 5ième colonne de l’Ouest. Une citation succulente pour expliquer le mécontentement: « Dans chaque État, il y a des gens qui ne sont pas d’accord avec tout ce que l’État leur dit de faire »

Celle qui fut ministre de l’éducation de 1963 à 1989 était visiblement absente quand l’auto-critique est passée. Elle nie que le système scolaire est-allemand eut servi à l’endoctrinement des enfants de la RDA, elle préfère dire que les écoles de la RDA ne devaient pas servir à éduquer des opposants ou des « suiveurs désintéressés »…. Le groupement PQ/QS/CLASSE/FEUQ/FECQ/CSN/FTQ/CSQ est fier de vous donner raison!

Fokus « La RDA représentait l’idéal de l’humanité »
Fokus « Peut-être qu’Eva Braun vit encore »

ARD n’ayant pas mis le documentaire en ligne, un anonyme s’en est chargé sur Vimeo.

RIP Václav Havel

Une pensée pour un homme dont j’admire profondément le parcours. L’Histoire, et le Monde, retiendront son engagement pour la liberté et son rôle capital dans la chute du communisme en Europe.

D’un point de vue plus personnel, j’ajouterai que c’est grâce à son travail si une de ses compatriotes me met aujourd’hui un sourire dans la face.

Dossier spécial Česká televize

Je me demande bien quelles conversations il peut bien avoir avec Kim Jong-Il là-haut… :P

1938 est encore proche…

Le 9 novembre 1938, les Nazis s’en prenaient à la communauté juive en représailles à l’assassinat du diplomate Von Rath à Paris. On a donné à cet évènement le nom de « Kristallnacht » (Nuit de Cristal), bien que l’Allemagne moderne y préfère « Reichspogromnacht » – les coupables sont ainsi identifiés, et on comprend que ce n’était pas une fête!

C’est bien malheureux mais l’actualité judiciaire berlinoise nous apprend que le passé vit encore parmi nous. Mardi soir, dans Lichtenberg, un Africain a été sauvagement battu. S’en est suivi un incendie criminel dans maison de jeunes appartenant à un mouvement de jeunesse socialiste, le deuxième en moins d’un mois.

Ce ne sont pas des évènements qui surprennent, on sait que les Néonazis agissent souvent lors de tels « anniversaires ». Même si c’est marginal, ça reste que ça fait partie de la vie dans l’est de l’Allemagne. Je sais que, devant quelqu’un vêtu tout en noir, il ne faut pas s’ouvrir la bouche. Quand j’ai enseigné le français dans le Landkreis Sachsische Schweiz, haut lieu du néo-nazisme, je me souviens que la police cherchait de la littérature du NPD dans les écoles et que les parents y étaient d’une vigilance envers leurs ados pour éviter qu’ils entrent en contact avec le « milieu ».

Car on m’a tôt appris que les Nazis, comme une secte, recrutent leurs adeptes quand ils sont jeunes et naïfs. En ex-RDA, leurs proches possèdent écoles de conduite, discothèques pour ados, ils sont bénévoles à l’aide aux devoirs, s’impliquent dans les associations sportives… L’extrême-droite courtise donc les gens de la même manière que la gauche, un phénomène qui semble mystifier plusieurs mais qui ne surprend personne ayant constaté que les deux disent à peu près la même chose et s’adressent au même public.

C’est d’ailleurs pour cela que Nazis et Communistes s’entre-tuaient dans l’Allemagne des années 20. Et qu’aujourd’hui, que des Néonazis mettent le feu à des maisons de jeunes où vont des enfants aussi jeunes que 6 ans se font « éduquer dans une perspective socialiste » (wikipedia).

Certains n’ont définitivement pas retenu les leçons de l’histoire.

Égypte: C’était beau :)

Je sais, on n’est pas certain sur quoi la révolution égyptienne débouchera. Mais ce soir, j’ai mis mon cerveau à off.

C’était trop beau de voir la foule célébrer au Caire.

Je leur dédie donc les plus belles images du dernier siècle…



Berlin et la mémoire de Ronald Reagan

Le ministre allemand de la défense Karl Theodor zu Guttenberg (CSU) n’en démord pas: Berlin fait trop peu pour honorer la mémoire du 40ième président des USA, dont on aurait célébré le 100ième anniversaire cette semaine. Lundi, il est revenu sur la question d’un mémorial dans la capitale, à l’occasion d’une cérémonie organisée l’honneur de Reagan à l’ancienne prison de la Stasi dans le quartier Hohenschönhausen. Même Angela Merkel s’est invitée dans le dossier, jugeant qu’une plaque sur la Pariser Platz, devant la Porte de Brandebourg, serait tout à fait appropriée.

Récemment, les autorités municipales ont demandé aux 12 arrondissements de soumettre des rues/places à renommer. Charlottenburg-Wilmersdorf a été le seul à répondre positivement, le caucus de la CDU à l’assemblée d’arrondissement proposant Joachimstaler Platz (le triangle à l’intersection). Autrement, dit le Tagesschau, personne n’en veut.

Ici et là, on lit dans les médias que le Sénat considère que Reagan a assez d’honneurs berlinois. Citoyen d’honneur de la ville, il a son portrait à l’hôtel de ville et à la chambre des députés. La nouvelle station de métro Brandenburger Tor comporte une grande photo où on le voir lors de son discours du 12 juin 1987.

Il est évident que l’affaire trempe dans la partisanerie jusqu’au cou: CDU et FDP sont pour, les Verts et Linke totalement contre, le SPD attend.

Partenaire du Linke au Sénat, fort probable que le SPD se fait discret pour ne pas mettre la chicane dans la coalition à l’heure où on se prépare pour les élections de septembre. Mais aussi, nul doute que de nombreuses personnes actives au sein du SPD Berlin ne sont pas confortables avec l’idée.

Le 24 décembre dernier, le Berliner Zeitung faisait état d’une très faible envie d’honorer l’ancien président. Dans les années 1980, il était honni à gauche, des deux côtés du Mur, et la capitale allemande n’a jamais manqué de gauchistes pour faire pencher la balance. Lors de sa visite de juin 1987, contestée par la RDA, plusieurs manifestations anti-Reagan avaient eu lieu à Berlin-Ouest… et y participaient certains élus actuels, notamment des membres du caucus vert.

Ronald Reagan, républicain, ne jouit donc pas du même capital de sympathie auprès des Berlinois que John F. Kennedy, démocrate, ou encore l’activiste étudiant Rudy Dutschke (qui avait tout d’un terroriste d’extrême-gauche), dont les hauts cris de la droite n’ont pas empêché d’être honoré d’une rue dans l’arrondissement Friedrichshain-Kreuzberg.

Et si on parle d’idéologie, on se doit d’observer les choses bien au-delà des simples étiquettes de partis. À lire les commentaires publiés dans la presse berlinoise, Ronald Reagan n’est pas aussi méritant que JFK car il n’a rien dit d’original en exigeant que le Mur soit ouvert. Sans oublier l’histoire « officielle »: c’est Gorbatchev qui a mis fin à la Guerre Froide avec la glasnost et la perestroïka. En installant des missiles sur le sol ouest-allemand pour réplique à l’armement soviétique présent en RDA, c’est Reagan qui passe pour le guerrier…

Au moins, ces deux thèses sont conséquentes. Tant qu’à encenser un président dont la faiblesse a causé la division de la ville par un Mur pendant 28 ans, aussi bien penser que le régime soviétique s’est ouvert comme ça, tout seul, sans aucune pression extérieure…

Der Spiegel
Berliner Morgenpost
Focus
BZ
Welt
Berliner Morgenpost

Toponymie berlinoise: Réservé aux gauchistes?

Pour son 100ième anniversaire de naissance, le ministre allemand de la défense Karl-Theodor zu Guttenberg (CSU) propose que la capitale fédérale renomme une rue ou une place en l’honneur de Ronald Reagan. L’ancien président américain, qui a marqué l’histoire de l’Allemagne avec son « Mr Gorbatchev, tear down this wall » du 12 juin 1987, est déjà citoyen d’honneur de Berlin.

Berlin, et la plupart des villes allemandes, a déjà des milliers de rues nommées d’après des personnes. Alors, une de plus ou de moins vous direz? Au départ, oui, mais vous ne serez pas trop surpris d’apprendre l’immense partisanerie qui entoure ces questions.

Le SPD, Die Linke et Die Grünen de l’arrondissement Friedrichshain-Kreuzberg ont littéralement forcé le jeu dans le dossier Rudi-Dutschke-Strasse, nommée d’après l’activiste étudiant d’extrême gauche et située au coin d’Axel-Springer-Strasse (à Montréal, ça serait l’équivalent d’une intersection PKP et Claudette Carbonneau :D).

Cette fois, les rôles sont inversés. La droite propose et la gauche s’oppose. Quelques heures après avoir proposé une rue ou « tout autre monument » pour honorer le 40ième président des USA, la majorité des réactions que j’ai pu lire sur internet expriment du dégoût envers l’idée. Toutes les raisons sont bonnes pour s’y opposer: Reaganomics, Iran-Contra, endettement public, pour n’en nommer que 3. Plusieurs croient aussi que Gorbatchev est plus méritant, en confirmé avec la pensée médiatique en Europe.

Sauf que l’ancien dirigeant soviétique n’est pas mort, donc il faudra attendre avant de l’honorer. Et, je ne sais pas pour vous, mais j’ai tellement l’impression que ça va se faire sans problème…

Après tout, un simple regard à une carte de Berlin nous montre comment la gauche remporte haut la main le « combat des rues ». Même si, après 1990, on a enlevé les noms de communistes ayant « du sang sur les mains », ils sont encore nombreux à être présents sur les cartes de notre ville. Et pas toujours les plus recommandables…

C’est une chose d’avoir JFK ou des anciens chefs du SPD tels Kurt Schumacher, Willy Brandt ou Rudolf Breitscheid mais des grandes avenues et places principales à la mémoire de Karl Marx, Karl Liebknecht, Rosa Luxemburg et autres tenants du totalitarisme… Nein danke! Et quelle bande d’hypocrite de supporter une rue Karl Liebknecht et de déchirer sa chemise contre Ronald Reagan parce qu’il a du « sang sur les mains ».

Tagesspiegel

Anne Frank, de kessé?

J’ai vu ceci chez Lagacé cet après-midi et j’ai attendu. Attendu qu’il y ait plus de commentaires puis, comme ça n’a pas levé, prouvant presque mon point, je me lance.

J’attire votre attention sur cette phrase:

Elle a bien fait une escale, discrète, à Montréal, en 2005, mais Julie Couture aimerait que sa terre natale puisse accueillir une exposition d’envergue sur Anne Frank.

Je mettrais un beau vingt que, par « discrète », on entend qu’elle a été reçue par une institution anglophone et donc la majorité n’y a pas eu accès. Je ne veux pas dire par là que l’exposition n’a pas été bilingue, simplement que la pub n’a pas été bien faite en français.

Gardez vos larmoiements nationalistes victimaires pour un autre. Car cette histoire nous donne un parfait exemple de l’isolationnisme culturel des Québécois.

Comprenons nous bien. Le Journal d’Anne Frank, c’est un des livres les plus lus, traduits et distribués après la Bible. On ne parle pas d’un obscur livre. Mais il semble qu’au Québec, ça ne dit presque rien à personne en bas de 40 ans.

Aux dernières nouvelles, c’était un livre obligatoire au secondaire dans un endroit aussi proche de nous que l’Ontario. Que s’il est assez connu pour être censuré par une commission scolaire de Virginie, c’est que des millions de jeunes Américains l’on lu au high school.

D’ailleurs, c’est d’abord aux États-Unis que l’histoire a été connue. Au point où ce fut une pièce sur Broadway, des films, des documentaires, même une mini-série en plein primetime sur ABC!

Cette même télé américaine, que l’on juge si fermée sur elle-même, qui nous a donné des mini-séries comme Uprising et Holocaust. En presque 60 ans de télé ici, a-t-on déjà produit une dramatique basée sur des faits historiques extérieurs au Québec?

Ça n’a pas toujours été comme ça: ma mère, qui a quitté l’école par ennui en secondaire 4 en 1972, se rappelle très bien de l’avoir lu dans un cours de français.

Au cours des dernières semaines, j’ai entendu quelqu’un au Téléjournal déplorer que la Crise d’Octobre ne prend que 2 paragraphes en secondaire 4. On ramène ainsi la fameuse question, tant dénoncée par les nationalistes, de la faiblesse de l’enseignement de l’histoire au Québec.

En 1999, quand j’étais moi-même un élève de secondaire 4, on m’a enseigné certes que le Canada était en guerre contre l’Allemagne mais essentiellement comme une banale externalité d’un énième conflit entre Québec et Ottawa: Refusant de jouer le jeu des empires, surtout britannique, les Canadiens-français et leurs élites ont massivement rejeté la guerre, même après la chute de la France. Fort heureusement, des milliers de Canadiens-français ont combattu volontairement, sans quoi on n’aurait pas trop de fierté à percevoir d’avoir failli à notre solidarité occidentale.

C’est la conséquence de vivre dans une culture aussi narcissique que le Québec. Parce que nos éducateurs veulent faire de nous des bonnes ouailles nationalistes, on laisse de côté la civilisation. Comme nos profs d’université qui veulent faire la piastre en mettant leurs propres livres obligatoires, les éditeurs de romans québécois trouvent une clientèle captive dans nos commissions scolaires.

Il ne faut tellement pas contaminer notre petit Québécois avec une culture importée qu’on n’utilise même pas nos modestes cours d’anglais pour nous découvrir plus en profondeur ces provinces et ce pays qui nous entourent, la Grande-Bretagne, l’Australie, etc… Beaucoup trop facile de monter une histoire qui se déroule au Stampede de Calgary!

J’ai l’impression que cette bulle n’est pas étrangère au fait que le Québec aime bien se comporter comme s’il était le centre de l’univers. Nos politiciens nous font croire que nous sommes des modèles, alors que les étrangers peuvent à peine nous placer sur une carte. Sans oublier les crises d’hypersensibilités nationales, la dernière étant l’article du Maclean’s, qui chez les humains nous rappellent ces enfants qui ne se sont jamais faire dire non dans la vie.

Et juste comme ça, je termine en disait que si j’avais vraiment voulu faire du Québec-bashing, si j’avais vraiment été de mauvaise fois, j’aurais comparé avec la Corée du Nord. Ce pays où même Mozart est presque inconnu tellement la famille Kim s’impose comme créatrice de l’univers.


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