Posts Tagged 'pays-bas'

Icesave: Nei

Une très petite vite depuis le Golfe du Mexique…

Samedi, 60% des Islandais ont rejeté l’accord Icesave avec Londres et La Haye.

Que cela serve de leçon à nos politiciens avides de bailouts! Surtout que, dans le cas qui nous concerne, des pays étrangers essaient de se faire rembourser leurs propres bailouts par d’autres!

Ceci dit, j’espère que la solvabilité de l’Islande ne souffrira pas de ce résultat. On verra. Politiquement, le gouvernement se trouve affecté mais l’avenir dira si ça leur nuira plus tard.

Icesave: Verdict le 9 avril

Un dernier billet avant ma première journée de travail chez Carnival Cruise Lines. Même si vous aurez régulièrement des nouvelles sur Twitter et Facebook, je ne peux pas me prononcer sur la régularité des mises à jour du blogue. La règle: Aussi souvent que possible

C’est le samedi 9 avril prochain que les Islandais se prononceront, encore une fois, sur le remboursement des épargnants floués par la chute de la banque Icesave en 2008. Le 6 mars 2010, l’accord avec Londres et La Haye était rejeté massivement, 93% des électeurs ayant dit NEI.

Les conditions plus favorables, de même que l’inévitable usure du temps, semblent avoir convaincu les Islandais: tous les sondages placent le OUI à plus de 60%. RUV.

Pour le camp du non par contre, même si c’est mieux, il demeure une question de principe que l’on n’a pas à socialiser les pertes de banquiers privés. Une de mes connaissances a même dit que payer revient à faire de la prison quand on est innocent…

Mais le camp du non gagnerait peut-être davantage à ressortir l’argument suivant: Les Britanniques et les Néerlandais cherchent à se faire rembourser par l’Islande le bailout faits à leurs citoyens.

Vu de même, ce n’est plus la même chose… C’est encore plus injustifiable, et imaginez le précédent!

On verra dans un mois.

Icesave: Un deuxième référendum en un an

La semaine dernière, après bien des délibérations, l’Althing adoptait la troisième mouture de l’accord avec Londres et La Haye concernant l’indemnisation des épargnants floués par la chute de la filiale de Landsbankinn Icesave. 400000 Britanniques et Néerlandais ont perdu de l’argent, argent qu’ils ont partiellement récupéré par leurs gouvernements respectifs, qui essaient depuis 3 ans de se faire rembourser par l’Islande.

Il s’agit du troisième essai. Le premier a été rejeté par la classe politique, on trouvait que l’échéancier ne respectait pas du tout la remise sur pied de l’Islande. La deuxième, un peu mieux, n’a pas reçu la sanction présidentielle et c’est le peuple qui s’est chargé de le mettre aux poubelles le 6 mars 2010 – dans une proportion de 93%.

En tout, l’État islandais doit près de 4 milliards de dollars. Icesave 2 proposait un remboursement échelonné entre 2016 et 2024, à 5% d’intérêt.

Icesave 3, adopté par l’Althing par 44 voix contre 16 (3 abstentions), prévoit un remboursement réparti sur 30 ans, de 2016 à 2046, à 3% (NL) et 3.3% (UK) (BBC News). Personnellement, j’ai été de ceux qui ce sont dits: Dur d’avoir meilleur deal, aussi bien voter oui.

Sans aucune surprise de ma part, au cours d’une conférence de presse dimanche après-midi, Ólafur Ragnar Grímsson a annoncé la même chose que l’an dernier. Traduction officielle de sa déclaration.

Je pense que le référendum est inévitable, dans la mesure où ce fut la méthode employée l’an dernier, et qu’une si grande "aventure" financière doit être approuvée directement par les électeurs. Sans oublier la pétition de 40000 noms exigeant un référendum: impossible de refuser! Ceci dit, et on en parlait sur twitter pendant la conférence de presse, le réflexe du contribuable ne peut être que dire non.

Au moins, même si l’accord est rejeté, étant plus correct que les précédents, on peut s’attendre à plus de discussions et la formation d’un camp du oui officiel.

Ceci dit, ayant échangé avec des opposants à tout règlement, je comprends très bien leur position: Toutes ces négociations équivalent à négocier une sentence judiciaire d’une personne condamnée malgré son innocence. Je serais également curieux de voir une cour de justice européenne se prononcer sur le dossier, les Britanniques et les Néerlandais voulant éviter coûte que coûte qu’un tribunal s’en mêle.

Politiquement, c’est une autre claque au visage du gouvernement de Jóhanna Sigurðardóttir, qui se dit déçue. Un deuxième veto présidentiel, sur un même sujet, c’est évidemment assez pour causer de sérieux doutes sur la possibilité du gouvernement de terminer son mandat.

Par ricochet, ça nous ramène au débat – suspendu depuis le jugement de la Cour Suprême – sur la révision de la constitution. Le Président de l’Islande n’est qu’une figure symbolique, comme nos Gouverneurs Généraux, et bien qu’il possède le droit de veto, ce dernier était pratiquement que théorique jusqu’à ces dernières années. Les constitutionnalistes islandais sont en devoir de se demander si le régime parlementaire n’est pas en train de glisser vers le présidentiel, même si Olafur affirme que le référendum signifie faire décider "l’autre législateur".

Pas de commentaires à Londres mais, à La Haye, des responsables ont indiqué qu’il n’y aurait pas d’autres négociations.

Vraiment, ce soir, j’ai juste envie conclure: la merde est pognée et je doute réellement que l’on trouve une issue d’ici quelques temps. Un dossier à suivre!

Silfur Egils de dimanche
Aukafréttir: Fréttamannafundur forseta Íslands vegna Icesave

Avec tous mes sites islandais préférés: RUV.is, Visir.is, DV.is, Icelandreview.com, Grapevine.is, Pressan.is, Eyjan.is, Mbl.is

Après Malmö, voici Amsterdam l’antisémite

Le mois dernier, La Presse publiait un texte de Marie-Claude Lortie sur le tireur d’immigrants de Malmö.

Article que j’aurais aimé voir joint à un autre, portant sur l’antisémitisme qui règne à Malmö. Texte qui a été publié ce samedi dans le Berliner Morgenpost.

Dimanche, le journal restait dans le sujet, cette fois à Amsterdam et cela avec un titre ne laissant place à aucun doute chez le lecteur: "Les Musulmans font la chasse aux Juifs et aux Homosexuels".

Plusieurs anecdotes sont vécues en Allemagne, à savoir ces jeunes Arabes/Turcs qui s’en prennent verbalement aux homosexuels dans la rue. J’avais aussi entendu parler de ces histoires où la police néerlandaise habille des gens en Juifs orthodoxes pour aller "tester le terrain" dans des quartiers sensibles.

On parle des fans du club de foot Feyenoord, qui scandent "Hamas! Hamas! Tous les Juifs dans le gaz!", fort heureusement opposés par la foule fidèle au Ajax d’Amsterdam qui se présente aux matches avec des drapeaux israéliens.

Un ancien chef du VVD, Frits Bolkestein, appelle même les Juifs à quitter les Pays-Bas. Un appel dénoncé par tous les partis politiques, y compris les troupes de Wilders qui jugent que ce sont les "Marocains antisémites" qui doivent partir. Bolkestein n’a plus confiance, malgré toutes les promesses, se rappelant comment les Juifs néerlandais ont été décimés dans l’Holocauste.

En bon Allemand, le journaliste du MoPo semble penser qu’interdire la négation de l’Holocauste serait une chose à faire, notamment lorsqu’il observe que des écoles ne peuvent pas l’enseigner en raison des protestations des parents et élèves musulmans. Cependant, interdire ne fait pas disparaitre quelque chose!

Je constate aussi qu’il hésite à faire porter tout le blâme sur les Musulmans, soulignant la montée du "conservatisme" apporté notamment par la montée du "populisme de droite" des Pim Fortuyn et Theo Van Gogh.

Or, je veux bien admettre que la haine des homosexuels n’est pas tant une question d’islam que de culture machiste, comme il le dit, mais il n’en demeure pas moins que ce ne sont pas les fans de Geert Wilders qui les agressent en pleine rue!

Ce que dit Wikileaks sur l’Islande

Le Fréttabladid a obtenu les messages concernant l’ambassade américaine à Reykjavik. Comme partout ailleurs, on n’apprend rien de très significatif mais il y a néanmoins quelque chose d’intéressant: jusqu’à maintenant, ce sont les seuls messages qui parlent réellement de la présidence de Bush plutôt que de l’administration Obama.

Les messages, publiés sur Visir.is et dans le journal, ont deux thèmes principaux: la fermeture de la base militaire de Keflavik en 2006 et la crise financière à l’automne 2008.

Explorons.

Ragna était une haut-fonctionnaire sérieuse dans les négociations avec les USA sur la défense de l’Islande.
Des militants du Parti de l’Indépendance ont indiqué aux diplomates américains que le cancer de Geir H. Haarde pouvait expliquer son comportement étrange.
Les USA se sont inquiétés de l’intérêt de la Russie à aider financièrement l’Islande en octobre 2008, qui aurait pu avoir des conséquences sur l’OTAN. À l’époque, Washington a cherché d’autres moyens après le refus de la Réserve Fédérale de backer la couronne islandaise.
Une aile du Parti de l’Indépendance ont affirmé que l’anti-américanisme de Geir H. Haarde a causé la fermeture de la base de Keflavik. Si David Oddsson avait encore été PM, la base n’aurait pas fermé.
L’an dernier, Johanna Sigurdardottir a menacé de démissionner si VG ne l’appuyait pas dans l’accord Icesave. Fait à noter, l’info a été confiée à l’ambassadeur britannique par Össur Skarphredisson, qui l’a ensuite passé à Washington.
Constatant l’apathie du gouvernement devant la crise de 2008, les États-Unis ont spéculé que le cancer d’Ingibjörg Solrun Gisladottir était plus grave qu’admis en public. Ils sont aussi demandé comment le pays pourrait traverser une crise si grave avec deux politiciens malades. L’ambassadrice soupçonnait aussi que le gouvernement ne voulait pas entrer en conflit ouvert avec la banque centrale d’Islande.
Carol Van Voorn était certaine que David Oddsson n’avait aucune idée dans quoi il s’était embarqué et l’étendue des problèmes qu’il avait causé au système financier islandais.
Bjarni Benediktsson a demandé une rencontre à la Maison Blanche et souhaitait que les Américains paient.
En 2005, celui qui est aujourd’hui chef de police à Reykjavik, a confié à l’ambassade que le ministre de la justice était incapable de sentir le directeur de la garde-côtière, même s’il l’avait personnellement nommé!
On voulait envoyer envoyer des prisonniers de Guantanamo en Islande en 2007. Chose que la loi islandaise ne permettait pas.
Dans une conversation avec l’ambassade américaine, Bjarni Benediktsson préférait une solution judiciaire à l’impasse avec Londres et La Haye concernant Icesave.
Les États-Unis ont forcé l’Islande à reconnaitre l’indépendance du Kosovo en échange du support pour sa candidature au Conseil de Sécurité de l’ONU.
Dans un briefing avant une rencontre avec Condie, Ingibjörg Solrun Gisladottir est décrite comme ayant des opinions tranchées, facile à faire des compromis et…souvent les mains croisées au début d’une réunion!
Un message de 2008 parle de la montée de la xénophobie en Islande.
En 2006, le gouvernement islandais a proposé une privatisation partielle de la Garde Côtière.
Le départ d’Halldor Asgrimsson améliorerait les relations avec Washington.
Le gouvernement islandais était furieux de la fermeture de la base américaine parce que ça signifiait payer pour leur sécurité.
Selon les USA, l’Union Européenne fait exprès de donner jusqu’au 16 novembre 2009 à l’Islande pour remplir la demande d’adhésion afin de ne pas l’étudier à son sommet de décembre.
L’ambassadrice américaine trouvait l’Islande "gratte-cenne" dans la reconstruction de l’Iraq après le départ de l’armée de Keflavik. En échange d’argent de l’Islande, elle suggère que les USA l’aident à accéder au Conseil de Sécurité de l’ONU.
L’arrivée de Steimgrimur J. Sigfusson au gouvernement a surpris les diplomates américains. Ceux-ci l’ont qualifié de sérieux et responsable, même s’il a blâmé la crise sur les excès du capitalisme. Dans ce même message, on rappelle que le gouvernement britannique décrivait les négociations sur Icesave en termes beaucoup moins optimistes que Reykjavik.
Sans trop de surprise, on apprend que la Chine et la Russie font de l’espionnage industriel en Islande.
David Oddsson aurait nui à l’avenir politique de Bjarni Benediktsson. Ce message nous apprend également que le gouvernement américain voyait David Oddsson comme un homme voulait sauver sa réputation et non son pays de la crise, et estimait que le copinage entre Oddsson et Geir H. Haarde empêchait des actions de sauvetage plus rapides.
Devant l’imminence de son effondrement, Landsbankinn a demandé une aide financière au gouvernement américain. 31% des dettes de la banque étaient auprès de créanciers américains et canadiens. Je ne serais donc pas surpris qu’Ottawa ait reçu la même demande. Aucune mention dans le message, mais on peut fortement présumer que les contribuables canadiens ont failli aider Landsbankinn – j’imagine tellement le Bloc Québécois déchirer sa chemise là-dessus! LOL

Voilà. Je savais que ça valait la peine de faire l’exercice de traduire les messages traduits dans le journal: je viens de vous apprendre qu’on a probablement sauvé des millions :)

Santé: le blocage allemand

Pour les gouvernements, la santé est devenue rien de moins que le mal du siècle. Tous les pays industrialisés connaissent des problèmes, d’ailleurs très similaires: manque de personnel, et hausse toujours plus importante des coûts. Tout le monde tente bien que mal de trouver des solutions.

Si je suis vite à qualifier les Canadiens de "têtes dures" pour refuser d’envisager d’importantes réformes dans le domaine, réformes allant à l’encontre des paramètres existants, force est de constater que les mêmes mots s’appliquent à mon deuxième pays. L’opinion publique allemande se dresse contre les visées du ministre Filip Rösler.

Il faut dire que notre assurance-maladie semble bien jeune comparée à l’allemande, créé par nul autre que Bismarck il y 140 ans!

Pour résumer rapidement, chaque résident de l’Allemagne doit avoir une assurance-maladie sauf s’il est riche. Une personne ayant des revenus annuels inférieurs à 42000€ doit s’assurer au public, les autres au privé. Les deux secteurs ont un éventail de compagnies où l’assuré peut se promener selon les services offerts. La prime correspond à environ 15% du salaire, et l’employeur en assume la moitié.

Le gouvernement fédéral a déjà permis aux caisses de facturer leurs clients différents frais supplémentaires afin qu’elles se renflouent, mais ce n’est pas encore suffisant alors le ministère de la santé étudie sérieusement le remplacement des primes ajustées selon les revenus par des primes fixes.

L’opposition à ces deux propositions s’articulent autour de deux arguments. Les "frais supplémentaires" sont dénoncés parce que les employeurs ne participent pas, et les primes fixes sont décriées car elles ne respectent pas le principe de solidarité.

En guise de réplique, l’opposition parle de plus en plus d’abolir le système d’assurance actuel et le remplacer par un système à la canadienne. Incroyable, mais vrai! J’ai d’ailleurs écrit un texte là-dessus sur un blogue libéral allemand, à venir bientôt.

Notez cependant que, mis à part les "frais supplémentaires", le gouvernement est encore dans la phase des consultations. Et c’est dans l’ombre de ces changements que l’on a réalisé l’enquête annuelle sur les services de santé en Allemagne, où l’on interroge 1800 citoyens et 800 médecins sur leurs perceptions. Voici les chiffres:

82% trouvent la réforme injuste
75% doutent qu’elle assure réellement le financement du système de santé
61% sont insatisfaits du ministre fédéral de la santé (62% l’étaient de sa prédécesseure)
70% jugent le système de santé allemande "bien" ou "très bien" (80% il y a 2 ans!)
42% ont peut de devoir se priver de soins pour des raisons financières
38% se privent déjà de soins pour des raisons financières
70% déclarent le prix des médicaments comme cause de la hausse des coûts en santé,
68% les changements démographiques
61% trouvent que "Big Pharma" a été choyée par la réforme
66% disent que les assurés sont trop touchés par la réforme
50% des gens et 70% des médecins trouvent que beaucoup d’Allemands consultent trop les médecins
73% des médecins trouvent raisonnables d’exiger une participation financière des patients à leurs soins.
90% des patients rejettent une augmentation des primes d’assurance
80% s’opposent à payer plus pour les médicaments
75% contre l’idée d’absorber eux-mêmes une partie des coûts d’une visite médicale
66% contre le ticket modérateur à chaque visite
66% contre le modèle suisse (présentation ici)

Bref, la santé est en train de devenir en Allemagne la même chose qu’ici: un mange-ministre!

J’aurais aimé entendre les propositions de ces personnes qui ont dit non à toute forme de financement supplémentaire. C’est beau dire non, mais les coûts grimpent et il faudra que quelqu’un les couvre et ça ne sera pas le voisin!

Soit dit en passant, l’étude "MLP-Gesundheitsreport" a été réalisée dans d’autres pays cette année et il s’avère que les Allemands sont à la traine derrière leurs voisins suisses et néerlandais… Comme quoi ces modèles qu’ils rejettent peuvent très bien être la solution durable à leurs problèmes

Berliner Morgenpost
Berliner Morgenpost

Anne Frank, de kessé?

J’ai vu ceci chez Lagacé cet après-midi et j’ai attendu. Attendu qu’il y ait plus de commentaires puis, comme ça n’a pas levé, prouvant presque mon point, je me lance.

J’attire votre attention sur cette phrase:

Elle a bien fait une escale, discrète, à Montréal, en 2005, mais Julie Couture aimerait que sa terre natale puisse accueillir une exposition d’envergue sur Anne Frank.

Je mettrais un beau vingt que, par "discrète", on entend qu’elle a été reçue par une institution anglophone et donc la majorité n’y a pas eu accès. Je ne veux pas dire par là que l’exposition n’a pas été bilingue, simplement que la pub n’a pas été bien faite en français.

Gardez vos larmoiements nationalistes victimaires pour un autre. Car cette histoire nous donne un parfait exemple de l’isolationnisme culturel des Québécois.

Comprenons nous bien. Le Journal d’Anne Frank, c’est un des livres les plus lus, traduits et distribués après la Bible. On ne parle pas d’un obscur livre. Mais il semble qu’au Québec, ça ne dit presque rien à personne en bas de 40 ans.

Aux dernières nouvelles, c’était un livre obligatoire au secondaire dans un endroit aussi proche de nous que l’Ontario. Que s’il est assez connu pour être censuré par une commission scolaire de Virginie, c’est que des millions de jeunes Américains l’on lu au high school.

D’ailleurs, c’est d’abord aux États-Unis que l’histoire a été connue. Au point où ce fut une pièce sur Broadway, des films, des documentaires, même une mini-série en plein primetime sur ABC!

Cette même télé américaine, que l’on juge si fermée sur elle-même, qui nous a donné des mini-séries comme Uprising et Holocaust. En presque 60 ans de télé ici, a-t-on déjà produit une dramatique basée sur des faits historiques extérieurs au Québec?

Ça n’a pas toujours été comme ça: ma mère, qui a quitté l’école par ennui en secondaire 4 en 1972, se rappelle très bien de l’avoir lu dans un cours de français.

Au cours des dernières semaines, j’ai entendu quelqu’un au Téléjournal déplorer que la Crise d’Octobre ne prend que 2 paragraphes en secondaire 4. On ramène ainsi la fameuse question, tant dénoncée par les nationalistes, de la faiblesse de l’enseignement de l’histoire au Québec.

En 1999, quand j’étais moi-même un élève de secondaire 4, on m’a enseigné certes que le Canada était en guerre contre l’Allemagne mais essentiellement comme une banale externalité d’un énième conflit entre Québec et Ottawa: Refusant de jouer le jeu des empires, surtout britannique, les Canadiens-français et leurs élites ont massivement rejeté la guerre, même après la chute de la France. Fort heureusement, des milliers de Canadiens-français ont combattu volontairement, sans quoi on n’aurait pas trop de fierté à percevoir d’avoir failli à notre solidarité occidentale.

C’est la conséquence de vivre dans une culture aussi narcissique que le Québec. Parce que nos éducateurs veulent faire de nous des bonnes ouailles nationalistes, on laisse de côté la civilisation. Comme nos profs d’université qui veulent faire la piastre en mettant leurs propres livres obligatoires, les éditeurs de romans québécois trouvent une clientèle captive dans nos commissions scolaires.

Il ne faut tellement pas contaminer notre petit Québécois avec une culture importée qu’on n’utilise même pas nos modestes cours d’anglais pour nous découvrir plus en profondeur ces provinces et ce pays qui nous entourent, la Grande-Bretagne, l’Australie, etc… Beaucoup trop facile de monter une histoire qui se déroule au Stampede de Calgary!

J’ai l’impression que cette bulle n’est pas étrangère au fait que le Québec aime bien se comporter comme s’il était le centre de l’univers. Nos politiciens nous font croire que nous sommes des modèles, alors que les étrangers peuvent à peine nous placer sur une carte. Sans oublier les crises d’hypersensibilités nationales, la dernière étant l’article du Maclean’s, qui chez les humains nous rappellent ces enfants qui ne se sont jamais faire dire non dans la vie.

Et juste comme ça, je termine en disait que si j’avais vraiment voulu faire du Québec-bashing, si j’avais vraiment été de mauvaise fois, j’aurais comparé avec la Corée du Nord. Ce pays où même Mozart est presque inconnu tellement la famille Kim s’impose comme créatrice de l’univers.

Passerelle pour tous

Les nationaleux font une crise d’hystérie parce que certains pourront s’acheter le droit d’envoyer leurs enfants à l’école anglaise. C’est contre leur sacro-saint principe d’égalité, les riches pourront devenir bilingues et les pauvres devront rester unilingues.

J’ai la solution: ne pas demander d’argent. Accorder le droit à tous. Tout le monde égal, tout le monde instruit!

Parce que le vrai problème, ce n’est pas ce système à deux vitesses qui fonctionne à l’argent.

L’école publique francophone ne donne pas une maitrise suffisante de l’anglais aux yeux des parents. Tant et aussi longtemps que le gouvernement ne cessera d’ignorer ces demandes pressantes des parents de régler ce problème, on cherchera à contourner la loi. Et comme pour toute chose rare, le prix augmente. Les francophones et les immigrants ne chercheraient pas autant à gagner ce droit si l’école française répondait à ce besoin.

À l’opposé, l’école anglophone possède tous les outils pour rendre les jeunes bilingues. Si, par la suite, des Anglos de Roxboro décident de ne plus l’utiliser, c’est leur affaire. Vous savez, la même chose se produit avec l’anglais enseigné en Gaspésie dans bien des cas. C’est logique, on oublie ce qu’on ne se sert pas!

Les nationalistes nous disent souvent que l’école francophone réussit à intégrer les immigrants. Intégrer dans le sens d’en faire des bons électeurs péquistes semi-unilingues qui n’oseraient jamais synthoniser CTV pour voir qui chante à Canadian Idol? Mais est-ce que l’école française, ou anglais, rend les jeunes immigrants québécois ou canadiens?

LCS vit à Montréal depuis sa naissance, connait peu les régions et parle autant anglais que ma grand-mère qui est rarement sortie de la région. Nul doute que la Loi 101 l’a rendu francophone, mais québécois??? Si peu. Même s’il a passé toute sa vie ici, il n’est pas capable de proprement s’identifier au Québec. Il trouve que la société n’a rien fait pour l’intégrer, il se plaint constamment que la majorité n’est pas assez sensibilisée à faire une place aux minorités. Bien sur, il pourrait pousser, comme moi je le fais en Allemagne mais bon, c’est ses affaires. Reste que je suis certain, à voir comment des gens ici depuis des années parlent de nous en "vous", que cette histoire d’école qui créé des Québécois comme un boulangerie sort des pains est un échec.

Dans ce cas, pourquoi alors avoir si peur que les Francophones deviennent des "Canadians" par le simple contact avec l’anglais en milieu scolaire? Partant de l’exemple du sentiment d’appartenance des "Enfants de la Loi 101", on peut difficilement conclure que l’apprentissage intensif et massif de l’anglais aurait des conséquences sur l’identité nationale des Québécois.

D’autres exemples? Parlez aux Turcs d’Allemagne, aux Somaliens du Danemark, aux Marocains des Pays-Bas si le système scolaire "dans la langue de la majorité" leur fait renier les origines de leurs familles? En Allemagne, un étranger, peu importe ses efforts, le reste toute sa vie. À moins de changer son nom et de blanchir sa peau, Mehmet de Neukölln ne sera jamais vu comme un Allemand. Pourtant, cherchez-moi une école publique de Berlin qui n’enseigne pas en allemand! Vous trouverez des établissements bilingues mais rien de plus. Et pas question d’avoir des cours de religion musulmane là. Catholique, protestant ou rien!

Le PQ qui aime tant la Suède devrait aller voir à Malmö si les Irakiens deviennent Suédois en allant à la grundskola?

On a longtemps dit que les Anglophones étaient les victimes de la législation linguistique. Je ne suis plus certain. D’ailleurs…

La Coalition contre le projet de loi 103 sur les écoles passerelles, qui regroupe une trentaine d’organismes, exige que la Loi 101 soit appliquée aux écoles privées non subventionnées, pour ne pas permettre «d’échappatoire» aux parents francophones ou allophones qui veulent que leurs enfants fréquentent l’école anglaise.

C’est écrit noir sur blanc. On opprime la majorité francophone.

Et il faudrait leur dire merci?

Mangez donc un char de marde!

Pas dans le bon temps, tout simplement

Mikael Tornving se rappellera peut-être longtemps de la campagne électorale 2010. L’humoriste s’est fait montrer la porte de l’émission satirique électorale "Elfte Timmen" après qu’il ait publié sur YouTube un vidéo critiquant les Sverigedemokraterna.

D’ordinaire, on aurait pu se moquer de ce parti au programme aux allures frontistes, voire national-socialistes. Mais en période d’élection, la loi suédoise est claire: stricte neutralité dans les médias.

Il y a aussi quelque chose d’autre. Au Danemark, DF se plaint constamment d’être dénigré par les méchants médias gauchistes (comme si son programme était vraiment à droite LOL) alors SVT a peut-être été zélé pensant que les SD pourraient récupérer l’évènement pour marquer quelques points.

Mais avouons que c’est extrêmement drôle, la liberté d’expression fait une victime pour ne pas offenser des gens pas trop démocrates… Wait a second, ça arrive souvent pour apaiser les islamistes. Sauf que les SD sont, à leur tour, opposés à la présence musulmane en Suède… Maudit que c’est compliqué! :D

Il faut dire que c’est vrai que c’est compliqué ces histoires là.

L’ami matvail disait sur twitter, pensant que je parlais de la BBC, "Pas mal pour la Beeb". Sauf que si la BBC penche très souvent à gauche, j’observe que ce n’est pas si opaque que l’on dit.

Lorsque l’État a aboli son monopole sur la radio et la télévision allemande, on a dit dans les milieux de la CDU que l’on se débarrassait à jamais de ces gauchistes encombrants les salles de nouvelles. Vrai, les gauchistes pullulent à ARD et ZDF mais ils sont tous aussi présents à RTL et Sat.1. Certains diront "Ah mais c’est pas grave, c’est privé", personnellement je trouve que c’est un manque d’éthique de ne pas donner la parole à l’autre côté.

Et encore que, malgré la pensée ambiante, c’est malgré tout ARD qui a présenté le reportage occidental le plus critique sur la "flottille de Gaza". ARD, dont les correspondants à Washington et Jerusalem n’y vont pas toujours dans la subtilité pour exprimer leurs opinions! Les plus vieux se rappelleront les émissions anti-communistes de ARD et ZDF, notamment avec Gerhard Lowenthal, ce grand fan de Ronald Reagan.

Mais je pense qu’au font, les médias ne font que représenter les idées ambiantes de leur marché. Les Français, les Allemands, les Suédois, les Québécois ont le culte de l’État et des valeurs collectivistes passablement prononcé, ce qui explique sans doute que les médias vont plus dans cette direction que des sociétés où "divisées" comme les États-Unis, le Royaume Uni ou les Pays Bas.

Quant à Mikael Tornving, il aurait dû attendre une semaine! LOL

Göteborgs-Posten

Résultats finaux: 93.2% Nei

Un avion ayant rapporté la boite de scrutin de Grimsey, les autorités électorales ont été en mesure d’annoncer les résultats officiels du référendum de samedi: 93.2% non, 1.8% oui, le reste a voté blanc ou les bulletins ont été rejetés. Comme dans le West Island (LOL!), on dénombre trois fois plus de blancs que de oui.

Le bulletin de vote.

Taux de participation: 62.5%, ce qui laisse tout le loisir au gouvernement de diminuer la portée du résultat. J’en profite pour dire que ceux qui sont restés à la maison l’ont surtout fait parce qu’ils considéraient que ça donnait rien, et non pas parce qu’ils supportaient la mesure*.

Il semble bien que le message soit passé ailleurs par contre. À Londres et à La Haye, tout comme à Oslo, on est plus ouvert à renégocier. Partout au pays, on a célébré le résultat – souhaité par beaucoup plus de gens que les habituels défenseurs de l’anti-capitalisme.

Maintenant, l’heure est au retour à la table de négociation (du même coup, notons que les Islandais rejettent l’idée d’un référendum pour accepter l’issue de ces deuxièmes négociations). Sur la scène domestique, l’opposition réclame des élections.

Silfur Egils

* Pour la perspective historique, seuls deux des six référendums organisés en Islande ont attiré plus de votants que celui de samedi: la prohibition en 1908 et l’indépendance en 1944 (cette dernière a d’ailleurs été acquise avec 98% des voix le 25 mai 1944).


août 2014
D L Ma Me J V S
« sept    
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31  

Catégories

Mises à jour Twitter


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

%d bloggers like this: