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Le prochain projet péquiste?

La presse allemande nous apprend que le ministère grec des finances a mis sur pied un groupe de travail chargé d’évaluer le montant des réparations dues à la Grèce par l’Allemagne suite à l’Occupation nazie de 1940 à 1945.

Blâmer l’Allemagne, un thème récurrent depuis le début de la crise. On ne me compte plus les références aux Nazis depuis que le gouvernement Merkel a entrepris de mettre la Grèce au pas si elle veut obtenir l’aide financière de l’Europe.

Et pour les nationalistes grecs, ça veut aussi dire exiger des milliards restés impayés après la conférence de Paris en 1946 (explications). Personnellement, je m’explique mal comment le versement d’une telle somme il y a près de 70 ans aurait empêché la crise actuelle mais bon…

Avec un Bernard Drainville convaincu que la « péréquation, c’est de la compensation pour faire partie du Canada » et une économie chancelante supposément en raison de l’Alberta, le PQ est en excellente position pour nous sortir le même discours et exiger d’Ottawa, voire Londres, la même chose.

Blackout médiatique

J’ai l’impression d’avoir passé 3 semaines dans le bois… Je reprends tranquillement contact avec le monde à mesure que mes heures de travail diminuent et que les accès au Wifi s’améliorent.

La télé fonctionne désormais dans ma chambre, merci Sky News et CNN de maintenir ma santé mentale.

Le blogue sera alimenté dès que je pourrai!

La France, trop à gauche pour les Allemands

À 3 jours du second tour de la présidentielle française, la chaîne ARD a demandé aux Allemands, dans le cadre de son sondage mensuel « DeutschlandTREND », qui souhaitent-ils voir à l’Élysée.

50% des Allemands souhaitent la réélection de Nicolas Sarkozy. Sans trop de surprise, les électeurs conservateurs CDU/CSU choisissent Sarko à 76% mais même la gauche allemande lui accorderait sa confiance: 55% des Pirates, 43% des Verts et 42% des sociaux-démocrates – seuls les supporters du Linke voteraient pour le candidat socialiste François Hollande, à 66%.

Parallèlement, le sondage de la chaine publique s’est intéressé à l’opinion des Allemands sur le Pacte Fiscal Européen, l’ensemble des mesures d’austérité budgétaire chèrement défendues par Angela Merkel. Là encore, il semble faire l’unanimité: 55% des Allemands choisissent l’austérité à des mesures de croissances financée par l’endettement public.

Là encore, Linke fait cavalier seul. Ses supporters sont les seuls à supporter majoritairement, à 68%, un accroissement de la dette publique pour raviver l’économie de la Zone Euro. Du côté des autres partis, s’ils sont encore 39% des électeurs du SPD à choisir l’option keynésienne, moins de 30% des votants de la CDU, des Verts et des Pirates sont d’accord.

De quoi bien confirmer l’illibéralisme de la France!

Berliner Morgenpost

Angela Merkel: Le salaire minimum par la porte d’en arrière?

Lors de son élection il y a 2 ans, Angela Merkel avait promis qu’elle n’instaurerait pas de salaire minimum en Allemagne. La clause est inscrite noir sur blanc dans le contrat liant la CDU/CSU au FDP. Malgré les demandes des syndicats, les sondages en faveur, la chancelière n’a pas bronché. Seuls quelques secteurs, plus pénalisés par la concurrence polonaise, se sont vus imposé une telle mesure sociale.

C’est ironique d’entendre que la mesure est controversée dans un pays où l’intervention de l’État au niveau social est si bien vue et où les travaillons ont acquis tant de droits avec les années. L’histoire nous dit que patrons et syndicats allemands n’ont jamais voulu voir l’État se mêler de leurs négociations salariales, ce qui explique donc l’absence d’une telle politique jusqu’à tout récemment.

Les demandes pour un salaire minimum allemand ne sont apparues qu’à partir du moment où le marché du travail a commencé à changer: temps partiels, horaires variables, postes contractuels… mais c’est surtout la concurrence de l’Europe de l’Est qui a fait hausser le ton. À preuve: le secteur de l’entretien ménager a été le premier à bénéficier d’un salaire minimum déterminé par l’État.

Je crois l’avoir déjà écrit, la question me déchire. Autant je suis séduit de voir patrons et travailleurs négocier ensemble leurs conditions, autant je me désole de voir que de nombreux Allemands travaillent à temps plein pour 400€ par mois. Parce qu’il y a, en Allemagne et surtout à l’Est, un crony-capitalism nouveau genre: Au nom de la réinsertion sur le marché du travail, l’État ne pénalise pas les prestataires d’allocations qui gagnent moins de 400€ par mois. Vous avez donc des tonnes d’employeurs qui en profitent, le gouvernement leur fait pratiquement un cadeau en subventionnant les salaires de la sorte!

Le gouvernement fédéral a en mains des études lui disant que le salaire minimum universel (s’appliquant à tous les secteurs) n’aura pas d’impact sur le marché du travail, les syndicats, les partis d’opposition et la population sont en faveur… Facile donc pour Angela Merkel de se lever et d’admettre qu’elle y pense sérieusement.

Coincée par sa promesse envers le FDP, la chancelière propose donc un « salaire minimum par la porte d’en arrière »: il s’agirait, pour le gouvernement, d’instaurer une sorte de plancher salarial. En d’autres termes, une loi indiquerait qu’aucun Allemand ne peut gagner moins de X en occupant un emploi à temps plein: 7.79€ de l’heure à l’Ouest, 6.89 à l’Est. Le montant serait fixé à partir de ce que les conventions collectives assurent aux personnes employées de façon temporaire.

Les employeurs trouvent le montant trop élevé – notons qu’à l’inverse, le SPD et les Verts jugent que c’est trop bas pour assurer l’indépendance financière des citoyens. Le FDP considère que c’est une attaque envers le « dernier rempart du libre-marché » ainsi qu’une attaque envers l’indépendance du marché du travail allemand. Le FDP refuse que les salaires soient négociés en campagne électorale, Angela Merkel réplique que non, une commission sera responsable de déterminer le salaire et non pas les politiciens tous seuls.

Qu’Angela Merkel affirme qu’elle agit au nom de la valeur du travail, c’est bien noble mais mon petit doigt me dit qu’elle se prépare pour la campagne électorale de 2013 où le SPD pourrait très bien reprendre la chancellerie. Cela dit, elle a aussi des chiffres qui la pousse à faire quelque chose: 22% des Allemands sont à faible revenu et 1.4 millions de travailleurs allemands ne peuvent joindre les deux bouts sans l’aide supplémentaire de l’État.

Le FDP émet des réserves surtout au niveau du chômage des jeunes, donnant l’exemple des pays voisins. Vrai que la situation européenne ne se compare pas vraiment à l’Amérique du Nord, où le salaire minimum est davantage un affaire d’étudiants.

Bien hâte de voir où ce débat va mener!

Avec le Berliner Morgenpost

4×30 krónur pour une piastre

Si je ne me faisais pas régulièrement approcher par des Indonésiens et des Philippins désireux d’acquérir des précieux 100$ bruns, billets que je leurs obtiens à la succursale de la Banque Royale aux Iles Caimans, je trouverais très insolite cette nouvelle sortie dans les médias islandais la semaine dernière, à savoir qu’Ottawa entreprendrait des démarches discrètes pour que « notre » dollar remplace la couronne dans un avenir rapproché.

Deux quotidiens de Reykjavik et la chaine de télévision Stöd 2 ont parlé de la visite « secrète » de représentants de la Banque du Canada ainsi que du ministère fédéral des Finances dans la capitale islandaise en février. On dit même, et ajoutez ici une trame sonore de complot, qu’à la même table de restaurant se trouvaient des employés d’Irving Oil, entreprise intéressée à exploiter le futur pétrole islandais.

Alors que 40% des Islandais croient qu’il est venu le temps de se défaire de la couronne, les deux alternatives de choix se portent mal. Impossible pour l’Islande d’adhérer à la Zone Euro, et les finances américaines découragent ceux qui regardent vers le billet vert. Le dollar canadien, disent les commentateurs, est une devise forte et respectée, en plus de trainer avec lui toute la réputation sans tache du système bancaire canadien.

Mais si Guðmundur Ólafsson, professeur à l’université d’Islande, croit que la transition pourrait s’opérer en seulement 3 mois, ce n’est pas demain que tuttugu se fera une place à côté de twenty et vingt. Car malgré les avantages pour l’Islande, et l’intérêt d’Ottawa pour la chose, n’oubliont pas que l’endettement et la situation financière de l’Islande – même si c’est sur la bonne voie – auront des effets néfastes sur la santé du dollar qui ne devraient pas trouver bonne presse chez nous, à l’exception bien sûr du fan club de Jean-François Lisée pour qui une devise faible permet une économie en santé.

http://www.visir.is/komu-til-islands-i-vor-til-ad-raeda-einhlida-upptoku-kanadadollars/article/2011110609729

http://www.visir.is/haegt-ad-taka-upp-kanadadollara-a-thremur-manudum/article/2011110609675

Icesave: Nei

Une très petite vite depuis le Golfe du Mexique…

Samedi, 60% des Islandais ont rejeté l’accord Icesave avec Londres et La Haye.

Que cela serve de leçon à nos politiciens avides de bailouts! Surtout que, dans le cas qui nous concerne, des pays étrangers essaient de se faire rembourser leurs propres bailouts par d’autres!

Ceci dit, j’espère que la solvabilité de l’Islande ne souffrira pas de ce résultat. On verra. Politiquement, le gouvernement se trouve affecté mais l’avenir dira si ça leur nuira plus tard.

UE: bientôt la libre-circulation des patients d’hôpitaux

Le parlement européen adoptera demain une nouvelle liberté pour les citoyens des 27: celle de se faire soigner dans le pays de leur choix, au frais du système d’assurance-maladie de leur pays, et ce sans obtenir d’autorisation préalable des autorités médicales où ils vivent.

À leur actuelle, la transférabilité de la couverture médicale n’est garantie que pour les soins d’urgence. Et dans les cas où, comme au Danemark, les autorités envoient des malades à l’étranger lorsque les listes d’attente sont trop longues.

Parlant du Danemark, celui-ci s’y oppose principalement pour deux raisons: l’absence d’obligation de consulter un médecin danois avant d’aller ailleurs, et que la libre-circulation ne soit pas liée à l’engorgement des systèmes de santé nationaux. Ce qui, à mon avis, n’est pas étranger au fait que le Danemark peine souvent à soigner les patients dans des délais raisonnables – on aurait donc peur que trop de gens aillent à l’étranger!

La directive ne prévoit que 4 raisons de refus:

- Si le transport vers l’hôpital étranger ne peut-être assuré
– Le patient est contagieux
– Le patient désire un traitement non-reconnu/remboursé par son pays
– Les autorités médicales peuvent garantir que le patient sera soigné dans des délais raisonnables dans son pays.

La dernière clause étant très vague, on espère que les médecins n’en abuseront pas trop!

DR


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