Bonsoir et Merci à Bernard Derome

Mon plus vieux souvenir télévisuel remonte au 4 novembre 1987, lorsque je demandai à ma mère qui était "le mort" dont on voyait les funérailles.

Il me faudra bien des années pour savoir qui était René Lévesque. Mais j’en tirerai quelque chose: j’ai toujours regardé les funérailles à la télévision. Maurice Richard, Pierre Élliot Trudeau, Ronald Reagan… Je me suis levé à 3:00 pour le Pape, à 4:00 pour Lady Di, à 5:00 pour la Reine Mère.

Par contre, je ne pourrais pas dire que c’est le meilleur souvenir que je retiens de la carrière de Bernard Derome. Après tout, les funérailles sont tristes.

En novembre 1989, j’avais 5 ans. Je venais de commencer la maternelle mais j’étais déjà intéressé par des choses que certains détestent même à l’âge adulte. J’ai appris à lire avec les journaux et j’aimais déjà le Téléjournal, même si je ne le regardais qu’exceptionnellement étant donné l’heure de diffusion!

Toujours est-il que c’est au cours de ce mois historique que j’ai rencontré, si l’on peut dire, l’amour de ma vie. Que faisait-ce Mur au milieu d’une ville? d’un pays? Tant de questions pour quelqu’un qui aurait dû passer ses journées à jouer avec ses petites autos, si peu de réponses.

J’ai demandé un globe terrestre comme cadeau, et j’ai tellement passé de temps à le regarder que j’en ai appris toutes les capitales par coeur! La section "Histoire, géographie et voyages" de la bibliothèque était ma préférée avant même de commencer ma première année… Ce n’est pas une farce, mon père m’envoyait dormir en me lisant sur Berlin.

Quand j’affirmais que j’y vivrais un jour, on me répondait de manger mes croutes avant.

De 6 à 16 ans, j’ai vécu dans les livres. Je vivais des "kicks": je lisais tout ce que je trouvais sur un pays donné pendant quelques mois, puis je passais à autre chose. Je voulais apprendre l’islandais par moi-même à un certain moment. Mais, périodiquement, entre deux "aventures", je revenais vers Berlin. Encore et toujours, elle me lâchait jamais cette coquine!

J’ai gradué de l’UQAM le 11 juin 2006 à 11:00. Je devais être le moins intéressé de la cérémonie. Pour être bien franc, je m’en foutais. Le deal avec mes parents avait été respecté: "il faut que tu finisses l’université".

À 20:35, je décollais pour Berlin. J’étais le plus heureux du monde. Je n’oublierai jamais ma descente de l’avion à Munich, je flottais. Et les larmes… Je suis peut-être le seul citoyen canadien qui a pleuré de joie au passage d’une douane étrangère (pour la deuxième fois, je l’avais fait à mon premier séjour aux États-Unis).

Je serais mort la seconde après m’être promené sur le Kurfürstendamm, ça ne m’aurais pas dérangé. J’étais à la Maison, je ne pouvais pas ressentir un plus grand bonheur. Le rêve de ma vie était réalisé, je pouvais dire "Ich bin ein Berliner".

Un grand merci à Bernard Derome pour m’avoir fait découvrir le monde à partir de mon salon, et surtout pour avoir provoqué cette rencontre avec la plus belle ville du monde… :)

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1 Response to “Bonsoir et Merci à Bernard Derome”


  1. 1 Dean Vendredi, 19 décembre 2008 à 17:33

    Wow, ça c’est de la passion! Et qui remonte à loin en plus!

    Talk about garder les yeux sur le prix, hein! Haha.


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