Archive pour 19 avril 2009

Alþingiskosningar 2009: Intro (2)

Ça commençait à faire long, voici donc la deuxième partie.

La campagne:

La campagne électorale se déroule en deux temps. La première phase est davantage interne qu’externe, alors que les différents partis commencent à trouver leurs candidates et organisent les investitures. Les partis ne font aucune campagne officielle avant les 21 jours précédents le jour du vote. C’est ainsi que, pendant les deux premières semaines, toute la publicité a été faite par des candidats qui sollicitaient une place sur la liste d’un parti.

Dès le 4 avril, il était possible d’afficher de la publicité un peu partout. Pancartes dans les rues, clips radio et télé, pages dans les journaux, YouTube, Facebook – tout est permis.

La télévision et la radio publiques sont tenues à une stricte égalité de temps d’antenne. Les stations privées ayant pratiquement fermé leurs salles de nouvelles, la campagne de 2009 est exclusivement à l’antenne de la Ríkisútvarpið.

En ondes, elle se déroule comme suit:

Deux débats des chefs, au premier et dernier jour de campagne.
Six « town hall meetings » dans les régions, où les têtes de listes répondent aux questions des citoyens.

Les émissions à caractère électoral doivent également être accessibles, ainsi elles sont sous-titrés et traduites en langue des signes. Ai-je dit que les bulletins de vote sont également en braille? On ne niaise pas avec ça!

Les partis:

En Islande, les partis politiques sont référés par une lettre. Celle-ci est entre parenthèses.

Borgarahreyfingin (O): Le Mouvement Citoyen fait campagne contre la corruption, pour plus de démocratie en Islande et une plus grande séparation des pouvoirs. Le parti est un mouvement « grassroots » qui prend sa source dans les manifestations pendant les premiers mois de la crise économique.

Framsóknarflokkurinn (B): Le Parti du Progrès est d’allégance centriste et trouve son principal soutien auprès des agriculteurs. Pour cette raison, il s’oppose à l’entrée de l’Islande dans l’Union Européenne.

Frjálslyndi flokkurinn (F): Le Parti Libéral est très marginal et n’a de libéral que de nom. Il est davantage connu pour son opposition à l’immigration.

Lýðræðishreyfingin (P): Le Mouvement Démocrate est un autre parti né de la crise économique. Son enregistrement à la commission électorale a été approuvé in-extremis, forçant un délais dans l’impression des bulletins de vote. Son principal cheval de bataille: libérer l’Islande des partis politiques, en instaurant la démocratie directe et l’élection de candidats indépendants au parlement.

Samfylkingin (S): L’Alliance social-démocrate voit son approche « New Labour » de centre-gauche mise à mal par le succès de son partenaire de coalition, le Mouvement Gauche-Vert (le « QS » islandais) d’appartenance démocrate socialiste. Outre sa capacité à se relier des électeurs de centre-droit, son principal atout est sa chef – la première ministre Jóhanna Sigurðardóttir – qui est la personalité politique la plus populaire du pays.

Sjálfstæðisflokkurinn (D): Le Parti de l’Indépendance, conservateur, est vu comme le coupable dans les malheurs actuels de l’Islande. Le nouveau chef Bjarni Benediktsson essaie tant bien que mal de sauver les meubles, mais il est presque certain que le parti devra laisser retomber la poussière avant d’être pardonné pour ses politiques libertariennes de la dernière décennie. Qui plus est, les fillibusters de la dernière session parlementaire ne l’ont pas aidé.

Vinstrihreyfingin – grænt framboð (V): Le Mouvement Gauche-Vert est passé de tiers-parti à deuxième, voire premier, parti d’Islande alors que le pays s’enfonçait dans la crise économique. La plate-forme du Québec Solidaire islandais séduit les électeurs au chômage et, plus généralement, ceux qui considèrent que l’Alliance a du « sang sur les mains » en ayant participé au gouvernement de Geir H. Haarde – considéré comme responsable de la crise économie. Très eurosceptique, le parti s’est toutefois prononcé en faveur d’un référendum sur l’adhésion de l’Islande à l’UE.

***

Prochains billets:
– Les enjeux
– Les sondages
– Les personnalités

Samedi dès 17:00 – blogue en direct de la soirée électorale

N’hésitez pas à poster des questions, j’y répondrai.

Alþingiskosningar 2009: Intro

L’élection législative islandaise du 25 avril a occupé beaucoup d’espace sur ce blogue jusqu’à maintenant. Cependant, je remettais constamment à plus tard le/les billet/s dits « explicatifs ». En ce dimanche de la dernière semaine de campagne, les voilà. Commençons par la base, c’est à dire la « mécanique » d’une élection en Islande.

Déclenchement:
Le décret présidentiel dissolvant l’Althing a été signé le 13 mars dernier. Normalement, le parlement aurait dû avoir terminé sa session mais les débats se sont poursuivis jusqu’au 17 avril. Il s’agit d’un record, mais la très courte période entre la fin de la session parlementaire et l’élection n’a aucune conséquence légale et, techniquement, n’entrave pas le processus électoral.

Les électeurs:
Peuvent voter tous les citoyens islandais âgés de 18 ans et plus et qui sont enregistrés sur les listes électorales à la fermeture des registres (cette année: 17 avril). L’enregistrement sur la liste est lié à la résidence, par contre il est possible de voter hors de sa circonscription ou par la poste. Les Islandais résidant à l’étranger conservent leur droit de vote 8 ans après leur départ (la période étant établie chaque 1er décembre), leur vote se fait dans les missions diplomatiques.

Quelques chiffres:
Nombre total d’électeurs: 227896 (+3% par rapport à 2007)
Électeurs à l’étranger: 9924 (+12.9%)
Nouveaux électeurs (âge et naturalisation): 9398

Tous les électeurs, à l’exception du président de l’Islande et des juges à la Cour Suprême, sont éligibles.

Mode de scrutin:
Les 63 députés à l’Althing sont élus au mode proportionnel à partir de listes établis par les partis politiques. Le pays est divisé en 6 circonscriptions, et le nombre de députés qu’ils élisent est établi d’après la population de ces régions. En plus, 1 ou 2 siège par circonscription servent à égaliser l’écart entre le score régional et national des partis.

Les sièges de circonscription (Kjördæmissæti) sont alloués selon la méthode d’Hondt (ici). Les autres (Jöfnunarsæti) ne sont accessibles qu’aux partis ayant atteint le seuil minimal de 5%.

La division est donc la suivante (carte):

Norðvesturkjördæmi (Nord-Ouest): 8 + 1
Norðausturkjördæmi (Nord-Est): 9 + 1
Suðurkjördæmi (Sud): 9 + 1
Suðvesturkjördæmi (Sud-Ouest): 10 + 2
Reykjavíkurkjördæmi suður (Reykjavik Sud): 9 + 2
Reykjavíkurkjördæmi norður (Reykjavik Nord): 9 + 2

Vous aurez deviné que kjördaemi veut dire « circonscription électorale ». Sachez aussi que le sud-ouest (SV) est le « 450 » islandais.

Les candidats:
Les partis politiques décident de la place que les candidats obtiendront sur la liste selon la méthode leur choix. La plupart d’entre eux utilisent des élections primaires, c’est donc dire que les personnes désireuses d’occuper une place sur la liste du parti doivent faire campagne auprès des militants. La même manière est également utilisée pour déterminer lequel sera premier ministre si le parti venait à former le gouvernement.

Toutes les personnes officiellement candidates seront annoncées lundi 20 avril (l’échéance de mise en candidature étant le 14). Ceci n’empêche pas les partis de faire campagne, ni le vote par anticipation car le vote islandais est un vote de parti avant un vote personnel.

Financement des élections:
Le trésor public islandais évalue le coût total de l’élection à 200 millions ISK (1888743.44$C), dont la moitié servira à payer les employés électoraux.

Le restrictions sur les dons sont semblables au Québec et au Canada, ie les dons des entreprises sont interdits et les dons de particulier doivent être enregistrés et sont plafonnés.

Le vote:

Le vote par anticipation est possible dès le lendemain du déclenchement des élections, soit le 14 mars 2009. Autrement, le jour du vote les 132 bureaux ouvriront entre 9:00 et 12:00 et fermeront au plus tard à 22:00.

Après s’être identifié, l’électeur va dans l’isoloir. Il peut:

– Voter pour une liste
– Voter pour une liste en modifiant l’ordre de préférence des candidats
– Rayer les candidats dont il ne souhaite pas l’élection

Les modifications sur les listes des autres partis sont interdites et rendent le bulletin invalide. La même chose s’applique lorsque le bulletin de vote est « barbouillé » d’une autre manière.

À 22:00, toutes les boîtes sont transportées à un centre de comptage d’où les directeurs de scrutin s’adresseront aux médias à intervalles réguliers. À moins d’une majorité colossale, on ne saura pas les résultats finaux avant le matin.

Le taux de participation est normalement très élevé, s’étant toujours élevé à plus de 85%.

Leadership canadien

Pour une rare fois, le Canada prend sa place sur la scène internationale et ouvre la voie à un boycott occidental de la Conférence de l’ONU sur le racisme (« Durban II ») qui se tient à Genève cette semaine.

Le scénario est déjà inscrit d’avance: tout est la faute du méchant occident. Qui plus est, le risque est très élevé que l’agenda dérape à l’encontre des valeurs que sont la liberté et la démocratie.

Alors, qui ne vient pas:

– Canada
– USA
– Australie
– Suisse
– Israël
– Pays-Bas
– Allemagne
– Italie

Le coup de maître serait que le geste amène les 24 autres membres de l’UE à rester chez eux. Je rêve peut-être en couleurs, mais en attendant la confirmation lundi, c’est encore possible.

Pas pire, pour une ville « pas hockey »

Hier, plus de 4000 Berlinois se sont rassemblés pour observer le « défilé de la coupe ». Jeudi soir, le Eisbären de Berlin a remporté son 4ième titre de suite dans la ligne de hockey allemande (DEL).

Ce qui fait de l’ancienne équipe de Pierre Pagé la deuxième plus titrée de la jeune histoire de la ligue.

Question de prouver mes dires, c’est à dire que les fans allemands de hockey ont plus en commun avec le football/soccer que ceux du CH, sachez que l’importance modeste du titre n’a en rien rapetissé les célébrations: le défilé était constitué de 260 véhicules!

Mais impossible de désétatiser l’évènement: le maire, surnommé « Partymeister » pour son amour de la fête, a été tout aussi populaire que les joueurs.

Berliner Morgenpost


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