La Caisse, instrument anti-capitaliste?

C’est ce que je me suis demandé en lisant ces paroles de François Legault dans La Presse

«La Caisse ne détient que 4,9% des actions de CGI, que 3% des actions de SNC-Lavalin, que 3 dixièmes de 1% des actions de Bombardier. La Caisse de dépôt ne détient aucune action de la Banque Nationale»

Je peux comprendre que certains souhaitent que la CDPQ investisse prioritairement dans l’économie québécoise. Toutefois, je considère qu’il faut se « brancher »: ou on souhaite que la Caisse soit un instrument corporatiste ou encore elle n’est qu’un fonds de pension comme les autres – donc, on cherche à maximiser les rendements sans égards à la nationalité des placements. Concilier les deux me semblent un peu difficile, si on considère que la Caisse peut être amené à intervenir dans des projets peu rentables au nom du nationalisme économique et que les meilleurs rendements de placement ne sont pas au Québec.

Si je préfère le système de rentes québécoises par capitalisation à un régime de transferts à la française, il n’en demeure pas moins que l’on pourrait discuter s’il fait bon de conserver la Caisse comme un propriété du gouvernement. Elle n’est pas obligée d’être en bourse non plus. Mais on pourrait la mettre entre les mains de ses vrais propriétaires, les citoyens du Québec, en la rendant totalement indépendante de l’État.

À l’heure actuelle, la gestion de la Caisse relevant de la fonction publique, celle-ci est politisée. Ce qui veut donc dire que les investissements de la Caisse sont des placements étatiques. Ainsi, lorsque François Legault et le PQ s’insurgent des petits pourcentages d’actions détenues par la CDPQ dans les entreprises québécoises, ils demandent, dans les faits, qu’une plus grand part de ces entreprises soit nationalisée.

Rappelez-vous Bernard Landry à Tout le monde en parle. Il disait que la Caisse se devait d’acheter Vidéotron afin d’éviter que le principal cablo et grand réseau de télévision québécois (TVA) ne passent dans les mains de Ted Rogers, un Canadian de Toronto. Pour lui, c’est primordiale qu’au moins une chaine québécoise ne soit pas contrôlée d’Ottawa ou de Toronto. J’aimerais savoir sur son opinion sur TV3 ou les chaînes privées autrichiennes (qui sont en fait des versions locales des chaines allemandes) :p

D’ailleurs, on aurait dû avoir la puce à l’oreille depuis longtemps – la CDPQ étant connue comme le « bras investisseur du gouvernement ».

P.S.: Changement de sujet, j’aimerais bien que Louise Beaudoin précise ses pensées. Alors qu’une province canadienne dispose de plus d’autonomie que les États-membres de l’UE dans nombre de domaines, je ne peux cautionner sa position, à savoir qu’on peut être à la fois souveraniste québécois et fédéraliste européen.

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2 Responses to “La Caisse, instrument anti-capitaliste?”


  1. 1 Mathieu mardi, 28 avril 2009 à 20:39

    L’union économique, le libre-échange, c’est pas bon pour les p’tits Québécois, ça…

  2. 2 derteilzeitberliner mardi, 28 avril 2009 à 22:58

    Ne dit-on pas depuis 20 ans qu’ils nous appauvrit?


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