Les médias québécois, bras droits de l’État?

Telle est ma réflexion suite à cette importante Affaire d’État qui occupe tout le temps de nos journalistes depuis 48 heures: cet enfant de 7 ans au volant de la voiture de son père.

Dans nos sociétés démocratiques, les médias sont sensés servir de contre-pouvoir et protéger les citoyens contre les abus étatiques. Or, au Québec, de nombreuses situations démontrent le contraire. La récente « Affaire Samuel » en est un excellent exemple à mon avis.

Dès les premiers reportages sur le sujet, les journalistes se sont empressés de qualifier les parents d’insouciants, d’irresponsables, etc. La SQ et la SAAQ ont dit vouloir faire enquête, mais il n’a fallu qu’une journée pour que les mêmes médias dénonciateurs leur livrent toutes les informations recherchées sur un plateau d’argent. La cerise sur le sundae fut bien sûr l’allusion à une intervention de la DPJ dans le dossier. C****E, ils ignorent des plaintes à propos d’enfants agressés, battus, affamés et ils prendraient le temps de retirer des enfants souriants dont le seul crime a été une ballade en voiture???????

Autant vous avouer que j’ai failli m’étouffer lorsque Claude Poirier a parlé du petit bonhomme comme étant une victime. Une victime??????

L’ironie dans tout cela, c’est que les stations de télévision sont déjà allées en cour afin de s’objecter à la saisie de cassettes qui auraient pu identifier des casseurs dans des manifestations. Serait-ce dire que le vrai criminel bénéficie d’une protection journalistique que le simple citoyen qui fait une connerie n’a pas?

En passant, une anecdote:

Mon iPod m’accompagne toujours en voiture. Samedi soir, j’étais avec un ami et me voyant « changer de toune » tout en conduisant, il s’est exclamé: « Fais jamais ça proche d’une minivan de TVA, ils vont te détruire devant tout le Québec ».

J’ai ri. Mais, aujourd’hui, je constate que la machine a été efficace avec la famille de Samuel.

Donc, je ne la ris plus.

3 Responses to “Les médias québécois, bras droits de l’État?”


  1. 1 Richard3 mercredi, 5 août 2009 à 0:34

    La presse québécoise couvre un bien petit marché, et l’histoire d’un kid de 7 ans qui conduit une CR-V à 70 km/h, sur un chemin peu fréquenté qui, si l’on se fie à la vidéo, semble droit comme une flèche, ça attire l’attention, ça occupe les lignes ouvertes, et ça fait vendre de la pub.

    Une autre histoire de kid au volant, aux USA, cette fois, a fait bien peu parler d’elle, ici, et ce même si les conséquences auraient pu s’avérer beaucoup plus désastreuses. Un garçon de 7 ans, en Utah, s’est payé une ballade avec la voiture de son père, à des vitesses atteignant 65 km/h, par endroits, et ce pour la seule raison qu’il ne voulait pas aller à l’église. Comme quoi les mentalités diffèrent d’un endroit à l’autre, le capitaine Klint Anderson, porte-parole du shérif du comté de Weber, qui a poursuivi le jeune, dans sa courte cavalcade, a même déclaré que « pour un enfant de 7 ans, il se débrouillait bien », alors que le jeune garçon aurait appris à conduire avec des jeux vidéo. C’est vrai que chez nous, bien peu de gens vont à l’église, désormais, et que le jeune avait sûrement raison de fuir. Bon, j’exagère un peu, mais bref, bien peu de québécois s’en sont offusqué.

    Mais dans le cas présent, toutes les personnes « de bonne conscience » ont grimpé dans les rideaux, tant et si bien que la ligne téléphonique de dénonciation de la DPJ n’a pas dérougi. De plus, si la majorité des intervenants ont louangé la mère, parce qu’elle semblait aviser son conjoint de voir à ce que « garçon » ne roule pas trop en bordure de la route, à peu près personne ne s’est formalisé du fait qu’elle tenait un enfant en bas âge dans ses bras, comme si c’était plus sécuritaire, sur la Côte-Nord qu’ailleurs, à 70 km/h. Bref, d’aucuns déchiraient leur chemise à propos de ce père « inconscient », alors que la mère, au fond, n’était pas beaucoup mieux.

    Plein de jeunes ont « conduit » sur les genoux de papa, ou de grand-papa, et ce à un âge aussi bas que 3 ou 4 ans, mais on s’en formalise peu, encore une fois, sous prétexte que le parent « s’occupait des pédales ». Dans le cas présent, comme je le mentionnais, le chemin semblait droit comme une flèche. Peut-être qu’une telle vidéo n’aurait jamais été tournée si les chemins forestiers du secteur avaient été sinueux.

    Bref, tout cela pour dire que le québécois moyen a la dénonciation facile, et ce dès que quelqu’un semble « avoir du fun ». Comme si c’était péché que des gens semblent s’amuser. C’est comme à chaque fois qu’il survient un cas de conduite à grande vitesse, et que celui-ci sort dans les médias; on se souvient tous de l’histoire du chroniqueur automobile Philippe Lagüe, qui fut intercepté à 222 km/h, sur la route 132, au volant d’une Charger SRT8; d’aucuns voulaient carrément interdire les voitures capables de telles performances, et ce parce qu’un conducteur avait été intercepté, et avait semblé en tirer un plaisir certain. Si l’on recule encore un peu, l’animateur de radio Pierre Pascau, qui s’était cassé la gueule en prenant un nid-de-poule avec un scooter, qu’il avait reçu en cadeau quelques jours plus tôt, criait sur les ondes qu’il fallait bannir des routes ces machines dangereuses; s’il s’est planté tout seul, comme un grand garçon, faut-il rappeler que plein de grands garçons, et de plus en plus de jeunes filles, dès l’âge de seulement 14 ans, se déplacent avec plaisir à longueur d’été, avec des scooters, et que le taux d’accidents est somme toute très raisonnable. Là encore, la question se pose; le problème, c’était la machine, ou Pascau?

    D’un autre point de vue, combien de parents ont fait des choses franchement amusantes, mais drôlement insensées, avec leurs enfants, choses qui, si elles passaient sur YouTube, provoqueraient les mêmes « effets de manche » que l’exploit de ce garçon de 7 ans? Oui, il y a eu danger, oui, les parents ont été inconscients, mais pourquoi grimper dans les rideaux? Tout le monde semblait s’amuser ferme. La réaction du public a eu de bon que le père a pris conscience que ce n’était pas brillant, et que l’expérience ne sera probablement pas répétée. À tout le moins dans un avenir proche.

    Reste à savoir si Lise Payette écrira, dans Le Devoir, qu’une jeune fille n’aurait jamais fait une telle chose…

    On prend un autre appel…

  2. 2 Gilles Laplante mercredi, 5 août 2009 à 10:10

    Ce qui m’offusque dans un cas comme celui-là c’est qu’en cas d’accident, c’est encore le payeur de taxes qui écope ( les indemnitées de la SAAQ, les frais d’hopitaux, les poursuites judiciaires ). Si l’assurance auto et l’assurance maladie étaient privées, le payeur de taxes n’aurait rien à dire à part de trouver ça crétin.

  3. 3 derteilzeitberliner mercredi, 5 août 2009 à 21:53

    Ce n’est pas tant le monopole d’État que le « No fault » à la RAMQ et à la SAAQ qui font en sorte que l’État s’ingère dans nos vies pour empêcher de nous faire mal (et donc de lui coûter de l’argent).

    Un système public sans no fault, comme en Allemagne, serait déjà un bon départ


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