La rage d’un citoyen du monde

Plus que jamais, j’avais le goût de déchirer le journal. Je sais, je vis dans une région qui envie la Corée du Nord ou Cuba au niveau du libre-échange, mais ma rage contre ce courant régionalo-protectionniste n’est pas toujours aussi élevée que lorsque j’ai feuillé Le Quotidien de ce matin.

Vous le savez peut-être, c’est un secret de polichinelle qu’Abitibi-Botwater fermera définitivement son usine de Dolbeau-Mistassini. Principal employeur de la ville, dans une MRC fort touchée par la crise forestière, ce n’est évidemment pas une bonne nouvelle. Sauf que, emportée par l’émotion, la communauté est en train de réclamer de Québec et d’Ottawa la nationalisation de l’usine et la répétition de la Gaspésia.

À défaut d’une prise de contrôle par l’État, on élabore un projet de relance sous forme de coopérative – projet qui recevra de l’argent du contribuable, soyez en certain. Sur certains forums web, à la radio, à la télé, on entend qu’on va sortir les Américains de la forêt. eux qui ne créent aucune richesse ici, et leur montrer qu’on peut faire vivre une usine à Dolbeau, voire que la MRC Maria-Chapdelaine ne devrait plus envoyer un seul morceau de bois en dehors car ce sont des richesses qui s’en vont.

Il faut passablement être aveuglé pour croire que l’on pourrait vraiment vivre dans un monde où tout ce que l’on utilise vient d’un rayon limité autour de nos communautés. Car si la MRC Maria-Chapdelaine ne veut plus vendre son bois au Québec, au Canada et aux USA, pourquoi devrions-nous leur vendre de la nourriture, de l’essence, des camions?

Qui plus est, comment la coopérative pourra-t-elle écouler ses stocks sur les marchés? Les conditions qui poussent Abitibi-Bowater à fermer ne seront pas différentes.

Les employés qui cherchent un autre emploi sont accusés, à mots voilés, de nuire à la relance de l’usine. Non, ils sont plutôt réalistes. Ils ont vu La Baie, Chandler…toutes les promesses, les manifs, ne rien donner.

Dans les médias, on a vu des jeunes se plaindre qu’ils n’ont plus d’avenir dans la région. Il faut aller où le travail est, c’est tout. D’autre part, il n’est pas dit que leur avenir est réellement hors d’ici. Je ne connais aucun jeune dont le plan d’avenir était de passer 30 ans dans une usine au sortir du secondaire. Ça, c’était en 1975.

Toute l’équipe éditoriale du Quotidien ne cesse de rappeler l’importance de la solidarité régionale. Solidarité régionale, mon postérieur! Elle existe à peine de toute façon. À l’Usine Alcan d’Alma, même le syndicat considérait jusqu’à tout récemment que les Saguenéens volaient les emplois et le temps supplémentaire des Jeannois. D’Alma à l’Anse-Saint-Jean, on m’a fait sentir que mon lieu de résidence m’empêchait d’être embauché pour des emplois où j’étais pourtant qualifié.

Dans la même veine, une délégation du CA de Rio Tinto était de passage dans la région cette semaine. Jean Tremblay s’est empressé de dire combien la région s’ennuie d’eux. Je me demande s’il avait le courage de leur dire en pleine figure ce qu’il a affirmé cet été, à savoir qu’Alcan ne laisse aucune richesse chez nous.

Et si les multinationales ne créent aucune richesse ici, dites moi donc pourquoi la Ville fait tout pour attirer l’usine de panneaux solaires de la maison-mère d’Elkem en Norvège?

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13 Responses to “La rage d’un citoyen du monde”


  1. 1 almatois jeudi, 17 septembre 2009 à 14:49

    Monsieur , ca prend une bonne dose de culot pour dire que les travailleurs d’alcan a alma ne pense pas aux autres , jamais les membres de notre syndicat n’a parlés ces termes, bien au contraire au moment ou nous avons appris la fermeture des salle de cuve Arvida , nous avons accepter de modifier certaine disposition de la convention pour permettre a ces travailleurs d’etre relocaliser a Alma , depuis ce temps environs une cinquantaine de travailleurs d’arvida travaillent a Alma sur des poste permanent, et ce avec plaisir!!!!

  2. 2 nadia jeudi, 17 septembre 2009 à 15:49

    Et que devrait-on faire d’après vous laisser fermer l’usine et que Dolbeau-mistassini devienne une ville fantôme?!? Votre pietre opinion ne valait même pas la peine d’être publié!

  3. 3 Dany jeudi, 17 septembre 2009 à 16:19

    Je travail à cette usine et avant de faire ce genre de commentaire, renseignez-vous des faits. Vous êtes dans le champs. Un autre qui ne connaît pas le sujet…

  4. 4 derteilzeitberliner jeudi, 17 septembre 2009 à 22:08

    À part les diatribes protectionnistes des porte-paroles, on entend pas grand chose dans ce débat. Et il se trouve que moi, les obstacles au libre-échange, ça m’énerve.

  5. 5 derteilzeitberliner jeudi, 17 septembre 2009 à 22:13

    Croyez-vous vraiment une seconde qu’une ville de 10000 habitants deviendrait fantôme? À mon avis, l’entrepreneurship et la créativité est la première victime dans une communauté dominée par une entreprise où les emplois paient bien. Au lieu de courir après ABI, ne serait-il pas mieux de chercher quelqu’un pour relancer quelque chose?

    Quant à votre opinion sur la mienne, disons que ça en dit long sur votre attachement à la liberté.

  6. 6 derteilzeitberliner jeudi, 17 septembre 2009 à 22:15

    Je suis prêt à vous laisser le bénéfice du doute, même si j’ai en tête les propos du maire Harvey demandant à Alcan de n’embaucher que des Almatois. Du reste, j’admets reprendre des choses que j’ai entendues d’autres personnes mais si on entend parler si souvent quand on mentionne le travail au Lac-Saint-Jean, c’est que ce n’est pas si isolé que l’on veut le faire croire.

  7. 7 Sol75 vendredi, 18 septembre 2009 à 4:40

    @derteilzeitberliner

    Bravo d’avoir osé dire ce que bien des gens pensent tout bas mais qui n’osent parler pour ne pas déplaire à la même clique de la gauche syndicale.
    J’ai connu la Gaspésia de Chandler et c’est une vrai honte tout le projet de pseudo-relance qui a été mis à sac par de la magouille syndicale, des guerres de clocher entre différentes factions (FTQ, CSN), les menaces, l’intimidation, l’omerta, etc.

    Vouloir « sortir les américains de nos forêts », il s’agit là d’un genre de protectionnisme à petite échelle ce qui est néfaste économiquement à la longue.

    Finalement, c’est comme le principe de destruction créatrice dans l’évolution de Darwin, si une ville de 10 000 habitant ne peut s’adapter suite à une fermeture d’usine, elle n’a qu’a fermer.

  8. 8 Dany vendredi, 18 septembre 2009 à 8:35

    Honte à vous de nous comparer à la Gaspésia. Nous ne voulons pas un investissement de 300 millions, nous avons seulement besoin de 15 millions et 8 mégawatts pour que cette compagnie, qui à toujours trouvé le moyen de presser le citron du gouvernement et des citoyens, face de cette usine une des plus rentable en Amérique du Nord même si elle l’est déjà. Nous ce qu’on veux, c’est de vivre en région, chez nous et dans le meilleurs des mondes, gérer notre richesse naturelle qu’est la foret. Gérer ne veut pas dire la garder pour nous.

  9. 9 waried vendredi, 18 septembre 2009 à 10:01

    @ Nadia

    « Et que devrait-on faire d’après vous laisser fermer l’usine et que Dolbeau-mistassini devienne une ville fantôme?!? Votre pietre opinion ne valait même pas la peine d’être publié! »

    Au lieu de l’accuser de piètre opinion, essayer de comprendre ce qu’il exprime.

    Bravo à tous les gens de la région qui essaient de sauver l’usine, continuez! Cependant, ce n’est pas à l’ensemble des contribuables québécois et canadiens de payer pour la survie d’une entreprise dont le marché à décider qu’elle n’était plus viable.

    Ils seraient bon que vous essayiez de comprendre les causes qui ont causées la débacle de l’entreprise… Si, comme vous le mentionnez (pas vous particulièrement, mais certains de la région), l’usine est rentable, ne vous inquiétez pas que d’autres capitaux vont servir à maintenir cette usine en vie! Si aucune entreprise ou investisseur ne s’y interesse, c’est que ce n’est pas un bon investissement et il faut le laisser mourir.

    Ce serait très malheureux pour les gens la MRC, mais si on pense d’un point de vue économique, ce n’est absolument pas rentable pour une société de maintenir en vie des entreprises vouées à l’échec.

    Faites confiance aux « méchants capitalistes ». Si votre usine est rentable comme vous le mentionnez, un « sale riche » y verra son profit et maintiendra le travail de tous ces gens.

    Au lieu de vous apitoyer sur votre sort, retroussez-vous les manches et innovez. Je viens exactement de ce coin de pays et je sais ce dont les gens son capable.

    Pour votre information, je sais de quoi je parle, mon père, mon frère et mon beau-frère y travaille…

    Je vous souhaite quand même bonne chance, mais SVP, pensez bien aux impacts de « quêter » le gouvernement. Vous vous plaignez d’augmentation de taxes et d’impôts (comme tout le monde, j’imagine). Pourquoi pensez-vous que ça augmente toujours?

    Un autre conseil. Au lieu d’attendre la réouverture, les chômeurs devraient se trouver un autre emploi tout de suite. Comme celà, ils devanceront les autres…

  10. 10 waried vendredi, 18 septembre 2009 à 10:04

    @ Dany

    « nous avons seulement besoin de 15 millions et 8 mégawatts pour que cette compagnie, qui à toujours trouvé le moyen de presser le citron du gouvernement et des citoyens, face de cette usine une des plus rentable en Amérique du Nord même si elle l’est déjà. »

    S’il ne manquait que ça, ça fait longtemps que des créanciers se serait interessé au projet…

    Et arrêtez de presser le citron du gouvernement. Vous obligez l’ensemble des citoyens à payer pour vous…

  11. 11 Dany vendredi, 18 septembre 2009 à 10:29

    Aujourd’hui, Abiti rencontre notre maire avec nos représentant syndicaux ainsi que des gens du comité papetière. Ils sont là dans le but de demander à la compagnie qu’est-ce qu’ils leurs manque pour redémarrer cette usine. Nous avons un usine qui fait du papier dans marché où il y encore de la demande (papier livre de poche et papier commerciale). L’usine leur rapport 5,2 millions par mois environ, les employés ont fait des concessions, les citoyens de la ville ont fait leur part aussi en payant 50$ de plus sur leur taxe annuelle pour ainsi faire un rabais à ses millionnaires ( Encore le pauvre qui paye pour le riche ) et finalement, Boralex ne demande pas mieux que redémarrer leur installation et vendre de la vapeur.

    Voici ce qui sortirons de cette rencontre à mon avis. Abitibi leurs dirons qu’ils ont besoin d’un investissement de 15 millions pour un récupérateur de chaleur et de 8 mégawatts. Le problème est qu’ils ne veulent pas payé pour les 15 millions, ils les voudrons du gouvernement et ensuite les 8 mégawatt gratos.

    Pas de problème pour ça, c’est pas un si gros montant pour le gouvernement ou pour la MRC ou autres et ils sont capable d’avoir les mégawatts par Hydro Québec. Le hic c’est que si Dolbeau redémarre, l’usine de Laurentide (qui fait nos commande en ce moment à des coûts plus élevés) doit fermer une machine. Qui gagnera la bataille?? Pour qui le gouvernement vas pencher? Une région mono-industrielle ou Grand Mère qui est près des grand centres?

  12. 12 waried vendredi, 18 septembre 2009 à 10:53

    @ Dany

    Là où j’ai un problème c’est quand vous dites ceci!

    « c’est pas un si gros montant pour le gouvernement ou pour la MRC ou autres et ils sont capable d’avoir les mégawatts par Hydro Québec. »

    Le gouvernement c’est vous, c’est moi, c’est tout le monde. Les taxes et les impôts ne devraient pas servir à celà. J’inclue ici, LA PLUPART des dépenses du gouvernement. Je ne vous met pas dans un panier à part. Les dépenses du gouvernement ne devrait inclure que ce qui sert à maintenir des infrastructures et services pupliques comme, par exemple, les routes, la justice, la sécurité publique…

    Bien sûr, on payerait, à ce moment, beaucoup moins de taxes et d’impôts…

    Par contre, dans le cas qui nous interesse ici, avec le gouvernement que nous avons, bien entendu que vous êtes en droit de demander de l’aide. Par contre, si Abitibi-Bowater n’est pas prêt à metre le 15 millions, il y a une raison. Oui, l’entreprise dans son intégralité vit des problèmes financiers, mais si votre usine est rentable, vous n’avez aucune raison de vous inquiétez pour votre avenir, car d’autres investisseurs manifesteront leur intérêt à opérer cette usine.

    Peut-être que ce serait mieux pour vous de laisser Abitibi-Bowater liquider l’usine. Si elle est rentable, elle sera racheté et l’opération continuera. Qui sait, ce sera peut-être pour le mieux…

    De plus, au sujet de l’augmentation du 50$ de taxes. Si vous n’aviez pas accepté dès le départ cette augmentation, l’usine aurait peut-être fermé il y a deux ans plutôt qu’aujourd’hui, mais, je me répète, si elle est rentable ce que je n’ai pas de difficultés à croire, elle serait aujourd’hui opéré par une autre compagnie, tout simplement. Vous auriez ainsi économisé 50$ par année et peut-être que votre usine serait encore plus productive qu’avant. Faites des lectures au sujet de la « Destruction créatrice ». Vous pourrez mieux comprendre ce dont je parle.

    Je vous comprend de vous défendre, c’est normal. L’insécurité dérange tout le monde. Par contre, il faudrait que vous essayiez de voir l’autre coté de la médaille et de voir ce qui être positif dans l’histoire.

    Si votre usine est rentable, ne vous inquiétez pas. Quelqu’un, quelque part, sera interessé à l’acheter. Dans le fond, peut-être que Abitibi-Bowater veut vendre l’usine pour réussir à payer ses créanciers parce qu’elle a justement beaucoup de valeurs, qui sait ???

    C’est comme Gillet qui a vendu le Canadien. Ils avaient besoin de liquidité…

    Pour conclure, je vous souhaite bonne chance! Soyez optimiste!

  13. 13 Dany vendredi, 18 septembre 2009 à 12:17

    Le seul moyen pour qu’un autre investisseur puisse faire opérer l’usine c’est qu’Abitibi fasse faillite et je ne crois pas que cela arrivera pour différente raison.

    Pour ce qui est de vendre l’usine à quelqu’un d’autre genre une coopérative comme pour Boisaco sur la Côte Nord ou un autre, ce serait merveilleux mais le problème est qu’Abitibi exigerons une clause de non compétitivité. Dans ce cas, changer de produit demanderait un investissement énorme.

    Des investisseurs dans le papier ça ne cour pas les rues. Si cette compagnie avait été le moindrement visionnaire, elle aurait investie dans ses vielles installations ce qu’ils n’ont jamais fait. Nous sommes quand même chanceux de ne pas être un bébé d’Abitibi pour cette raison, nous avons des installations à la fine pointe de la technologie et performante.

    Merci pour les encouragement et nous n’avons pas l’intention de lâcher le morceau. Tant qu’il se vendra du papier commerciale sur le marcher, nous allons tous faire pour que nous soyons de la partie.


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