Archive pour 20 mars 2010

20 mars, Journée de la Francophonie

Vendredi soir, j’ai été agréablement surpris de voir Julien Gagnon le président de la Commission-Jeunesse du PLQ défendre la mondialisation de la culture face à Lorraine Pintal et François Rebello du PQ. Mais je vais vous dire un secret: il était bon mais encore trop mou. Je leur aurais rentré dedans plus que ça! J’aurais défendu la liberté non-négociable du consommateur de consommer ce qu’il veut, n’en déplaise à l’État et aux lobbys. Lobbys qui, en passant, incluent les majors du cinéma et de la télévision qui restreignent la circulation du contenu avec toutes sortes de droits territoriaux.

Tranche de vie: Il y a deux semaines, YLE TV2 diffuse le plus grand film finlandais de tous les temps « Talvisota » sur la Guerre d’Hiver contre l’URSS en 1939. J’aurais pu le regarder légalement sur le site de YLE mais le vidéo était réservé à la Finlande, donc je l’ai piraté.

Pour un chanteur, chanter en anglais ou en français relève du même choix que fait un sculpteur (bois ou plâtre) ou un peintre (huile ou aquarelle) selon moi. Ceci dit, je suis d’accord avec ce que Charles Aznavour disait sur RDI ce matin: il faut au moins utiliser correctement la langue que l’on choisit. On s’entend qu’un Français qui chante n’importe quoi en anglais ne fera pas carrière hors de France!

J’aurais aimé leur donner les exemples de grands groupes de médias privés européens (NRJ, RTL, SBS) qui donnent une grande place à la musique du pays de leurs stations de radio parce que le public en demande. Qu’ils ne négligent pas non plus les choix « éditoriaux » des radios commerciales, peu importe où.

Enfin, je m’éloigne.

Il est étrange de voir qu’au Québec on parle de la « Journée de la Francophonie » alors que dans la presse islandaise, pourtant anglophone selon Louise Beaudoin et ses amis, on a parlé de la Semaine de la Francophonie avec des activités à Reykjavik.

Suis-je attaché au français? Oui. Si je suis prêt à réclamer mes droits à l’échelle locale, évidemment, par contre je trouve énormément d’arrière-garde cette lutte que les activistes francophones mènent à l’international. Dans ma tête, le français et le finnois sont la même chose. À l’heure où la France perd de l’influence en Europe, où l’Asie se lève, il est temps de passer à autre chose. Le fait que l’ONU, la Commission européenne ou d’autres organisations internationales utilisent moins le français ne signifie rien quant à son statut comme langue nationale.

On m’a déjà attaqué, sur un certain blogue d’une personne affiliée à la SSJB, car j’ai écrit que le français avait aussi son côté impérialiste. Dans La Presse, on se réjouit des progrès du français en Afrique! Le français en Afrique (tout comme l’anglais d’ailleurs), c’est la langue du colonisateur. Les Québécois qui considèrent légitime de s’en prendre l’anglais parce qu’ils nous a été amené par les Britanniques ne devraient en aucun cas être d’accord avec la défense du français en Afrique! C’est un non-sens.

Surtout qu’on est tellement concernés par l’impérialisme linguistique que des organismes manifestent contre des noms de commerce non traduits quand ils sont en anglais (Sleep Country Canada en Outaouais) mais on laisse ceux en danois (Jysk à Laval et Québec)…même s’ils sont traduits ailleurs (Dänisches Bettenlager en Allemagne, Rúmfatalagerinn en Islande) parce que le Danemark ne menace pas le Québec.

Ou parce que ça fait 40 ans que le Prince Henrik (Français d’origine) « résiste » à apprendre le danois comme il faut?

Libé Libé

Les coins ronds

Lorsqu’on veut faire passer un message, il n’est pas rare que l’on embellisse un peu la vérité pour toute laisser la place au point de vue que l’on défend. Dans un médias qui se veut impartial, c’est pratiquement criminel mais on le voit à journée longue.

Deux exemples qui m’ont sauté aux yeux aujourd’hui:

Un « Q&A » de la BBC sur la réforme de la santé aux États-Unis. On y affirme que la seule option qui s’adresse aux non-assurés, c’est de se faire soigner dans un urgence. Comme si personne ne consultait jamais de médecins à ses frais, de sa poche, dans la mesure de ses moyens. Et qu’il n’y aurait pas, comme on trouve au Québec, des fondations ou autres prêts à aider pour une autre partie.

Mention honorable, cependant, pour la clarification sur ces « 46 millions sans assurance ». Le nombre comprend 18 millions de patients qui gagnent plus de 50000 par an (ici).

Soit dit en passant, voici un très intéressant reportage d’ABC sur ces médecins américains qui travaillent comptant car ils n’ont plus la patience de traiter le red tape des assurances. Ici

Vous savez, 36$ pour un examen, c’est 9$ de moins que mon vétérinaire. Combien la RAMQ (ou tout autre régime au Canada) paie pour un examen pour une grippe disons? Personne ne semble le savoir. Bien sûr, connaissant comme les ordres professionnels du Québec aiment bien charger le gros prix, rien ne dit que ce serait en bas de 50-60$ ici.

En deuxième lieu, dans La Presse du weekend, Sophie Cousineau remet les pendules à l’heure sur le reportage alarmiste de « Une heure sur Terre » sur les Chinois qui achètent des terres au Québec.

Je me doutais bien que c’était une tempête dans un verre d’eau. Cependant, très pragmatique, connaissant un peu les problèmes de relève en agriculture au Québec, je me disais « So what? ». D’autant plus que, comme disait un monsieur dans le reportage, « je vends plus cher qu’à mon voisin », comme quoi il y aurait des belles occasions d’amener de l’argent dans des villages du Québec.

Mais, bien évidemment, nos nationalo-protectionnistes ne l’entendaient pas ainsi. Parce que des Chang exportent des aliments du Québec vers la Chine, plutôt que des Lessard, ça ne marche plus. L’important n’est-il pas qu’il y ait des fermes au Québec, tout simplement? Les statistiques d’exportations ne tiennent pas compte de l’origine ethnique de l’exploitant, à ce que je sache!

Rapidement, cette semaine, j’ai cru entendre des péquistes nous ramener encore le fameux concept de souveraineté alimentaire (note à vous: additionnez toutes les souverainetés que le PQ réclame et vous verrez que les souverainistes ont pour modèle rien de moins que le juche de Kim Il-Sung!). D’un point de vue du consommateur, je trouve ceci d’une nullité extrême étant donné la pauvreté de notre alimentation si on s’en tenait strictement à cela. À mon avis, la définition de souveraineté alimentaire devrait être quelque chose du genre « Avoir assez de ressources pour acheter, peu importe de où, toute la nourriture voulue ».

Ce qui me rappelle mes lectures sur l’Islande. Les Islandais doivent importer pratiquement toute leur nourriture et les récits, jusqu’aux années 1960, font état de très peu de variété sur leurs tables. Or, il n’y a personne qui ne fait pas le lien entre les coûts d’importation et le prix élevés des aliments là-bas, ce qui nous donne « L’alimentation en Islande est chère parce qu’il faut l’importer ».

Et si c’était cher parce que les Islandais ne sont que 300000? AH AH!

Go Angie!

Frau Bundeskanzlerin, Sie haben meine volle Unterstützung. Griechenland bedroht die EU-Wohlstand und deswegen soll RAUS!

Aux grands maux les grands moyens! L’Europe doit adopter la ligne dure de l’Allemagne et, à l’instar d’Angela Merkel, montrer la porte à la Grèce.

C’est bien beau les grands principes de solidarité mais un moment donné, c’est trop. Les Grecs font la grève pour éviter les réformes, leurs journaux et leurs politiciens s’en prennent à l’Allemagne et après il faudrait les payer? Qu’on commence par s’aider soi-même avant.

Et, parlant de ça, l’Allemagne est dans le trou aussi. Le budget fédéral contient 80 milliards de « nouvelles » dettes, les problèmes financiers des caisses d’assurance maladie font rager et la reprise est encore fragile.

Mais il n’y a pas que la Grèce qui s’en prend à l’Allemagne. À Paris, Christine Lagarde a dénoncé l’impact qu’ont les exportations allemandes sur le cour de l’euro. Selon elle, plus l’Allemagne exporte, plus la France est désavantagée par un euro fort. Réplique d’Angela Merkel: nous n’avons pas à nous excuser si nos produits sont plus en demande. Dans tes dents!

Le pire dans tout cela, c’est qu’on pourrait laisser les oiseaux jacasser sans en tenir rigueur si ce n’était de leurs alliés allemands. Car oui, il s’est trouvé des médias gauchistes pour débattre de la question. Et les « pour », ceux en faveur d’une baisse des exportations allemandes par solidarité européenne, se trouvent parmi les plus protectionnistes (lire: vendre à tout le monde, acheter de personne): les syndicats!

Les syndicats allemands, qui défendent contre vents et marées toutes les délocalisations vers l’est, en faveur d’une baisse de la production pour baisser les exportations? À ne rien comprendre!

Soit dit en passant, le gouvernement grec continue d’appeler l’Europe et le monde à sa rescousse pour protéger le pays de l’appétit des spéculateurs. Intention noble mais sait-il que ceux qui misent sur la chute de la Grèce et de l’euro ne sont pas ceux que l’on croit?

Avec Tagesschau et les Coulisses de Bruxelles


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