Integration, was meinen Sie?

En pleine « Affaire Sarrazin », l’institut économique allemand affirme que le pays aura besoin de 500000 nouveaux arrivants par an pour tenir le coup à partir de 2015. Une nouvelle qui sort en même temps qu’un « rapport » gouvernemental qui indique de 10% des étrangers ne s’intégreront jamais.

Une chose me frappe cependant, c’est l’absence de définition d’intégration. Pour l’État allemand, il s’agit de parler l’allemand, respecter les lois et la Loi fondamentale. À ce sujet, on parle d’absence d’intégration lorsque la maîtrise de la langue fait défaut, par exemple, ou lorsque l’on constate des phénomènes comme des crimes d’honneur.

Bref, en Allemagne (comme dans bien d’autres pays), la notion d’intégration des étrangers repose entièrement sur les arrivants des pays non-occidentaux. Encore pire, puisque la migration intra-communautaire ne compte pas, on écarte du débat des millions de personnes qui sont tout aussi peu, par fois encore moins, intégrées que ces musulmans et Africains qu’on dénonce.

La proposition du DWI est essentiellement ceci: toute personne qui se trouve un emploi en Allemagne devrait avoir le droit d’y vivre un maximum de 5 ans. Or, ceci est justement l’anti-thèse de l’intégration. En sachant qu’il va partir dans 2, 3, 5 ans, l’étranger ne s’intègre pas.

En juillet 2006, en marchant vers l’évènement techno « The Love from Above » à l’Arena Berlin, je me trouve à parler avec un Latino. Au fil de la conversation, j’apprends qu’il est un Chilien à Hambourg depuis 5 ans. En m’entendant parler allemand au doorman, il est par terre. Pour lui, l’allemand, c’est trop dur, il n’est ici assez longtemps, donc il n’en connait que 3-4 mots. Lors de mon voyage en Islande, je parlais plus islandais que la guide-stagiaire qui observait le groupe. J’étais scandalisé, tout comme qu’un de mes connaissances à Copenhague a mis des années à apprendre le danois.

En Allemagne, comme au Danemark où mon déménagement fut raté, ou n’importe où, ne venez pas m’écoeurer avec le Canada et le Québec, me parler français, me répondre en anglais, ne soyez pas étonné que je sois si « local », pour moi, c’est le plus naturel du monde. Si j’aimais le beurre de peanuts, je serais rien de moins que rouge de honte à descendre au troisième sous-sol d’une épicerie « spéciale » pour acheter un pot de Skippy à 10€. D’ailleurs, je serais gêné d’aller manger à la « pizzéria canadienne » dans Kreuzberg.

Même en voyage, je fais attention. Je suis déjà Québécois/Canadien 50 semaines par an, c’est assez!

Et vous savez, je pousse tellement qu’on ne me traite pas comme un étranger. J’imagine que c’est le secret. Et ce serait peut-être la technique à enseigner dans ces « cours d’intégration » que l’Allemagne cherche à rendre obligatoire.

Je devrais envoyer mon cv pour les donner… LOL

En post-scriptum, je devrais aussi dénoncer le fait que l’on donne des prestations d’aide sociale à des millions d’immigrants en Allemagne alors que c’est l’État qui m’a fait perdre ma job pour me ramasser dans mon patelin natal où on peine à gagner 12$ de l’heure…

Eines Tages werde ich nach Hause zurückkehren🙂

Berliner Morgenpost

1 Response to “Integration, was meinen Sie?”


  1. 1 matvail2002 jeudi, 9 septembre 2010 à 10:21

    Jo ferait l’immigrant idéal en Germanie ou au Danemark. Même avec ta connaissance de l’Islandais, tu as dû avoir beaucoup de compliments en Islande avec la population locale qui devait avoir la face à terre en pensant que tes parents étaient Islandais.

    Le problème avec l’intégration c’est que ce n’est pas une rue à sens unique.

    Lorsque je vois des touristes Canadiens/Québécois (même des nationalistes) en Chine ou ailleurs en Asie voulant avoir leur patates pilées autant dire que je considère que leur discours est très incohérent. Même qu’en Jamaïque, j’ai vu certains individus exigeant se faire servir en français. Ma maxime, est-ce que lorsque tu es en voyage ou tu habites à quelque part, c’est TOI l’invité.

    De ma part, j’essaie visiblement de faire certains efforts. Vrai, cependant, que j’ai essayé de baragouiner quelques mois en mandarin et les gens ont apprécié, sauf que c’est évident que n’importe où dans le monde, on peut toujours se faire comprendre. C’est pas pour rien qu’il est même possible de marchander sans se comprendre, avec la magie de la calculatrice comme j’ai fait en Chine ou au Viêtnam.


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