Archive pour 16 octobre 2010

Jóhanna ou Davíð: Qui est Lucien « Lucide » Bouchard?

Il y a un an, Louis Préfontaine écrivait ce texte sur la crise islandaise. Étant à Copenhague à l’époque, je me suis contenté d’un clin d’oeil sur son utilisation du nom anglais « Independence Party » et j’ai laissé faire.

J’ai cependant remarqué qu’il avait rappliqué dans la foulée de la sortie de François Legault (ici) où je me suis évidemment senti interpellé par son lien avec l’Islande à la phrase suivante:

ceux qui ont appliqué les recettes des « Lucides » sont aujourd’hui ruinés.

David Oddsson a été premier ministre de 1991 à 2004, deux mandats et demi, dont un avec le Parti Social-Démocrate, des mandats où, oui, de nombreux secteurs de l’économie islandaise ont été privatisés et déréglementés. Baisses d’impôts personnels comme corporatifs, aussi. Mais le désengagement de l’État de plusieurs secteurs « non sociaux » a permis de dégager des fonds qui ont permis aux services publics d’être maintenus.

Le Parti de l’Indépendance et ses partenaires ont certes privatisé les banques, le téléphone, les pêcheries et autres mais JAMAIS on n’a coupé les budgets dédiés aux secteurs que la gauche québécoise juge essentiels: santé et éducation. Même la culture, David Oddsson étant un grand amateur de théâtre, n’a jamais été « victime » du supposé laisser-faire de son gouvernement: 2% du budget de l’État islandais va à la culture, ceci est vrai depuis des années!

À la même époque, Lucien Bouchard, par son « déficit zéro », envoyait chez eux du personnel médical, coupait un peu partout, haussait légèrement les frais de scolarité, nous contraignait à apprendre dans des livres si vieux que l’Afrique n’en voulait même pas!

En 2005, Lucien Bouchard revient avec son manifeste. Manifeste revenu dans l’actualité 5 ans plus tard avec le groupe Force Québec qui dit s’en inspirer.

Si je prends Louis Préfontaine au mot, je lui lance le budget islandais 2010 en pleine face et je lui demande si c’est David Oddsson ou Johanna Sigurdardottir qui a copié les Lucides.

Depuis bientôt 3 semaines, on note des manifestations aux quatre coins de l’Islande contre les coupures en santé. L’année 2010 aura été celle où les éducatrices en garderie se sont le plus inquiétées pour leur emploi. Depuis la début de la crise économique en Islande, les étudiants craignent la fin de la gratuité, le chômage et des coupures à l’aide financière.

Les habitants des localités rurales se demandent pourquoi on continue de construire une salle de concert à Reykjavik, que l’on entretient un réseau d’ambassades aux quatre coins du monde si on n’a soudainement plus d’argent pour garder ouverte une salle d’accouchements là, ou suffisamment de médecins pour les urgences ailleurs.

Or, pendant la décennie où des « libertariens » ont été au pouvoir, ces secteurs n’ont jamais été inquiétés. Quand on a voulu réduire l’État, on a commencé par le moins essentiel, l’État-providence islandais n’a jamais été démantelé par David Oddsson. Je ne serais même pas surpris que ce soit la prospérité du pays qui ait permis au régime public d’assurance-maladie d’envoyer des centaines de personnes se faire soigner à l’étranger à chaque année.

Ce n’est pas en 1997 que les habitants de Reykjavik ont vu leur facture d’électricité grimper de 25%, c’est en 2010.

Et puisque l’on parlait, notamment ici, que les « Lucides » ne sont pas exactement des libertariens, j’aimerais que quelqu’un me montre où, dans le « Manifeste pour un Québec Lucide », il est écrit que l’État québécois doit nationaliser les pertes de banques qui n’ont pas su s’arrêter de mal investir. Je ne l’ai pas vu!

Révisionnisme d’Octobre 1970

Depuis quelques semaines, j’ai suivi avec curiosité la couverture des 40 ans de la Crise d’Octobre. Il m’apparait bien évidemment que l’application de la Loi des Mesures de Guerre était une atteinte grave aux droits et libertés, un geste disproportionné quand on ne veut que neutraliser quelques terroristes amateurs. Et je vous dis ça en toute cohérence avec mon opposition à une législation liberticide comme le Patriot Act.

Ce matin, 40ième anniversaire de la proclamation de la Loi, La Presse nous parle d’un monument érigé à la mémoire des prisonniers. Prisonniers, bien sûr, de la police de Montréal, de la SQ et/ou de la GRC. Aucune mention des deux prisonniers du FLQ, James Cross et Pierre Laporte, dont la mort est encore aujourd’hui considérée comme accidentelle par nombre de souverainistes!

Je pourrais parler longuement de comportement apologiste des médias et des nationalistes envers le FLQ, n’ayant entendu personne dénoncer publiquement les intentions du mouvement, soit l’anti-thèse de la liberté: un gouvernement révolutionnaire communiste à la cubaine!

Dans le texte de La Presse (en passant, merci à Daniel Paquet), on y entend les récriminations habituelles des nationalistes envers le Canada, eux qui se réveillent sûrement la nuit pour haïr ce pays.

Selon leur logique tordue, il faudrait prendre le parti de terroristes marxistes parce qu’Ottawa y est allé trop fort dans sa réponse? Si je peux me permettre l’analogie, ce serait comme des musulmans qui supporteraient Al-Qaïda parce que la France a interdit le voile intégral!

Il faudrait aussi que quelqu’un rappelle à Alain Chartrand que le « Sommet de la Matraque » n’était aucunement à l’honneur du Canada mais que de tels dérapages peuvent se produire, même dans des pays démocratiques. Est-il au courant que les arrestations au Sommet COP15 l’an dernier ont donné lieu à une controverse similaire au Danemark? Même chose pour Bernard Landry, auquel il faut rappeler que les Mesures de Guerre furent effectivement indignes de la démocratie canadienne mais que ce n’est pas une raison pour enlever le titre de pays démocratique au Canada, même si, il le dit lui-même (!), des abus de pouvoir sont toujours possibles!

Et si Serge Ménard a raison d’affirmer que de nos droits civiques nous sont retirés dans l’indifférence la plus totale, il devrait aussi réaliser que les deux partis dans lesquels il a été député ont aussi une mauvaise fiche en matière de libertés individuelles!

Je termine avec le meilleur, ma réplique à la citation de Bernard Landry:

Évoquant l’échec du Canada à réintégrer le Conseil de sécurité de l’ONU, Bernard Landry a ajouté que si les événements d’octobre 70 avaient été médiatisés ailleurs dans le monde, le Canada n’aurait jamais eu droit à un siège au Conseil de sécurité.

On commencer par le premier point.

– L’article Wikipedia de la Crise d’Octobre existe en 8 langues.
– Reportage de la BBC en 1970 et en 2010
Archives du New York Times
– Articles dans le magazine Time Ici, Ici et
Article Der Spiegel, d’autres ici, là une entrevue avec Robert Bourassa.
– Frontpage du Morgunbladid, samedi 17 octobre 1970: Ici
– Transcription des « evening news » des trois réseaux américains le 16 octobre 1970: ABC, CBS, NBC.

Maintenant que, même 40 ans plus tard, on trouve des traces sur le net de la couverture médiatique de l’époque, on peut lui demander la source de ce jugement tordu.

En effet, des dizaines de pays peu recommandables sont à l’ONU, y compris au Conseil de Sécurité. Voyez la liste vous-mêmes. Même le groupe occidental a déjà eu dans ses rangs l’Espagne franquiste en 1969!

Si la Crise d’Octobre disqualifie le Canada, alors pourquoi accepter l’Allemagne (3ième Reich + DDR), le Portugal (Estado Novo), l’Espagne (Franco), l’Italie (Mussolini), le Royaume-Uni (depuis 1755 :P), la France (Vichy), les États-Unis (Hiroshima, Nagasaki) et les autres????

Mais remarquez que c’est conséquent avec la méthode péquiste de la culpabilité collective. Encore en 2010, le Canada et les Anglophones du Québec doivent payer pour les geste de leurs ancêtres commis depuis 1759…


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