Archive pour 1 novembre 2010

« Les monopoles nuisent aux citoyens »

J’ai toujours trouvé étrange que la presse européenne penche toujours du côté des Démocrates quand elle parle des États-Unis tout en offrant un éventail de points de vue sur la situation intérieure. Ainsi, le Berliner Morgenpost, ce mardi, s’inquiète pour le Messie Obama ici tout en dénonçant les monopoles des déchets et de l’eau, qui sont une nuisance pour les Berlinois qui payent leurs services.

À prime abord, les Montréalais seront peut-être jaloux de lire qu’en Allemagne, il n’y a pas de « cols bleus ». À Berlin, tous les services municipaux sont organisés en sociétés d’État qui doivent faire leurs frais et qui risquent la privatisation à tout moment si la ville avait besoin d’argent.

Le cas qui nous intéresse commence par les « hommes en orange », la Berliner Stadtreinigungsbetriebe (BSR). BSR a le monopole sur l’entretien des rues (déneigement et lavage) ainsi que le ramassage des ordures ménagères – enfin, ce qu’en Allemagne on appelle les « restes ».

Petite mise en contexte. En Allemagne, on « s’abonne » aux éboueurs: on paie selon les quantités que l’on jette en moyenne et la fréquence de ramassage. Une façon de réduire sa facture est de trier ses vidanges en 4 bacs, du coup on paie des tarifs inférieurs à quatre entreprises différentes pour ramasser papier, plastique, compost et les restes. Le reste, c’est supposé d’être ce qui ne se recycle pas.

Je disais donc… la BSR a augmenté ses tarifs, sans trop de consultation, et a annoncé qu’elle ramassera gratuitement une nouvelle poubelle orange qui contiendra, entre autres, les déchets électroniques. Le chroniqueur du quotidien s’en prend donc à l’hypocrisie et l’abus de monopole de la BSR, qui fait en fait payer indirectement la nouvelle poubelle, ainsi qu’à son obstination à refuser de céder le marché des déchets électroniques à un compétiteur privé. Gilbert Schoemaker va même un peu plus loin, en supposant que la BSR cherche à tasser un éventuel concurrent dans le marché du déchet « restant », ce qui risque de faire en sorte que les Berlinois n’auront pas la liberté de choisir leur éboueur avant un bout.

Dans un autre domaine, on revient sur l’augmentation des tarifs de l’eau potable à Berlin. En 1999, alors qu’elle frôlait la faillite, Berlin a privatisé 49% de la Berliner Wasserbetriebe (BWB). Le Sénat a attiré des investisseurs avec des promesses de profits mirobolants. Profits qui n’ont pu avoir d’autre provenance que les poches des Berlinois, qui ont d’ailleurs vu les tarifs d’eau grimper de 24% en un an. La pétition de 280000 noms pour une publication des contrats démontre l’écoeurement des citoyens pour « les mauvaises décisions politiques et l’abus de monopole ».

Fazit: Da, wo es keinen Wettbewerb gibt, wo Transparenz fehlt, wo Gebühren für Wasser und Müll kassiert werden, besteht die Gefahr, dass die Berliner am Ende zu viel zahlen.

« En résumé: Où il n’y a pas de concurrence, où la transparence fait défaut, où des tarifs pour l’eau et les déchets sont encaissés, le risque que Berlinois paient trop est bien présent ».

Qui aurait cru qu’une ville aux relents communistes puisse nous faire une telle leçon? 😀

Berliner Morgenpost

L’Islande donne l’alerte à l’éruption dans les Grímsvötn

Une très grosse année pour les volcanologues et l’Almannavarnir: une troisième éruption se prépare en Islande cette année. Cette fois, par contre, les dommages seront encore plus importants: le plus grand glacier d’Europe, le Vatnajökull, fondera et les jökulhlaup emporteront tout sur leur passage. La coulée parcourra 55 km avant d’arriver à l’Atlantique.

La premier niveau d’alerte a été donnée après le déclenchement des inondations et, mis à part l’activité sismique qui augmente, les habitants de la région de Kirkjubaejarklaustur ont subi quelques pannes d’électricité. On parle de l’éventualité d’une éruption depuis une semaine dans les médias islandais, donc avis à nos experts du #Spin qui en parleront comme d’un act of god causé par les changements climatiques!

Une inondation de l’ampleur de celle de 1996 n’est pas exclue. Fort heureusement cependant, les Islandais ont très bien appris de l’histoire: personne ne vit sur les terres où les eaux seront déversées, la Hringvegur est surélevée à plusieurs endroits – en Islande, on sait qu’on ne doit pas combattre la nature!

Soit dit en passant, les Islandais disent qu’une éruption volcanique, c’est signe que la terre indique sa colère envers le pays. Comment s’empêcher, dès lors, de faire un lien avec les sondages d’aujourd’hui qui sont catastrophiques pour le gouvernement en place!

Reportage RUV
Reportage Stöd 2
Le support pour le gouvernement s’effondre
Une majorité écrasante supporte les manifestations anti-gouvernementales

Sans oublier le traditionnel: les médias du monde entier en parlent 😀

La fraude de la « vraie vie »

Au retour du travail en fin de soirée hier, j’ai passé quelques heures avec un de mes amis qui habite à Québec et qui était « descendu » en fin de semaine. Ordinairement peu politisé, j’ai été très surpris de l’entendre me parler de son admiration et de sa satisfaction à l’égard des idées du RLQ.

Au fil de la conversation, j’ai fini par faire un lien avec la série d’articles parus dans le tabloïd berlinois BZ au sujet de la vie quotidienne des prestataires de Hartz IV à Berlin. Dans la partie où le BZ publiait les lettres reçues suite à ses textes, le sujet qui revenait le plus souvent: un travailleur à temps plein a souvent à peine plus, même parfois moins, qu’un prestataire d’aide sociale, une fois que « tout est payé ».

Plus j’avance dans la vie, plus je considère que nous basons nos budgets personnels sur une fausse prémisse: on « vit » avec ce qui reste après avoir payé logement, voiture, nourriture, Hydro, Bell, Vidéotron, carte de crédit, etc… Ainsi, la liberté, la richesse seraient d’avoir des milliers de dollars à la banque et les utiliser pour se payer des choses inutiles.

Je ne me sens pas tout à fait confortable avec un système de santé à 100% privé par exemple, par contre j’ai de la difficulté à entendre des gens qui trouvent inacceptable l’idée de s’endetter pour se faire soigner alors qu’ils n’hésiteront pas une seconde à « financer » des voyages ou des télé plasma.

Mon père, qui a gagné la « Loto Alcan » en 1974, vous dira combien il est bien payé, combien c’est dommage que des salaires comme le sien on en trouve plus bla bla bla bla… Mais commencez à parler argent avec lui et il vous dira qu’il est « pauvre » parce qu’il doit tout payer!

Nous avons même eu une conversation épique dans laquelle il me disait que j’étais beaucoup plus riche de rester chez mes parents avec 10000$ par an que vivre seul en travaillant pour un salaire « entry-level » d’environ 30000$ par an. En somme, pour mon père, il n’y a aucun avantage monétaire à vivre sa propre vie!

Chez mes amis européens l’hiver, on se gèle le cul. Non non non, faut surtout pas monter le chauffage à 20 degrés, c’est trop cher. C’est beaucoup plus important avoir une montre à mille dollars, partir trois fois par an en vacances ou s’acheter un iPad la journée qu’il sort!

La propagande de la défunte RDA était d’ailleurs très forte là-dessus. Pour un communiste, la liberté c’est vivre une vie sans avoir à se soucier d’assurer son existence. Qu’importe s’il faut attendre 10 ans pour un appartement, le loyer est ridiculement bas. On mange ce qu’on trouve au magasin, mais c’est pas grave: c’est presque gratuit!

Évidemment que la chose n’est pas aussi poussée au Québec ou dans n’importe pays occidental aujourd’hui, mais il s’agit d’une énorme erreur en ce sens qu’elle nuit fortement à l’émancipation, à la responsabilisation et à la liberté des citoyens.

Entrevue avec un melon d’eau

Quelques mois après son passage au Canada, Michel Rocard est en Islande pour y discuter du futur de l’Arctique. Comme c’est l’habitude pour ce genre d’évènement, Egill Helgason l’a invité à son émission.

L’entrevue s’est déroulée en français et Egill Helgason n’avait manifestement pas parlé français depuis son passage à Radio-Canada ce printemps. Mais, enfin, au moins ça laisse à l’invité tout le loisir de parler.

La raison principale de sa présence étant sa conférence sur les pôles, je me permets de demander au nom de quelle expertise parle-t-il. Personnellement, je voudrais entendre un scientifique, pas un politicien sur le sujet.

Quelle ironie de l’entendre parler de prudence, de moratoire, sur l’exploration de l’Arctique dans un pays où on se réjouit déjà à exploiter du pétrole à côté du Groenland. Je doute également que qualifier la pêche d’activité criminelle lui attire de la sympathie en Islande, d’ailleurs il n’a pas du tout été convaincant quand on lui a rappelé combien les Islandais sont sceptiques à l’égard de l’UE quand vient le temps de parler de pêche.

Michel Rocard est certes un Européen convaincu mais le jupon impérialiste français a dépassé quand il a dit que la France a retrouvé sa souveraineté monétaire par l’Euro.

Avec cette histoire de pétrole et de minéraux en Arctique, je n’ai cependant pas pu m’empêcher de penser à Ezra Levant et son livre « Ethical Oil ». Plus l’Occident produit du pétrole, moins il engraisse des dictatures. Et nos écolos qui aiment bien dénoncer l’Alberta devraient se réjouir que l’on ne leur réserve pas le même sort que l’Iran (reportage d’ARD), où ils sont perçus comme des éléments perturbateurs par le régime en place et fortement surveillés.

Le vert en Michel Rocard considère que l’Occident doit être extrêmement prudent exploitant l’Arctique. À prime abord, je n’ai absolument rien à redire là-dessus, il est évident que l’on doit faire attention et les technologies existent pour justement nous assister. Mais pourquoi faire preuve de vertu et le laisser là quand d’autres, les Russes, les Chinois, les Iraniens par exemple, n’auraient aucun problème à se laisser dans l’exploration avec possiblement des procédés plus dommageables que ceux utilisés chez nous?

Je veux bien croire que le 21ième siècle sera celui de l’Afrique et de l’Asia, mais pourquoi faudrait-il que l’Amérique du Nord et l’Europe se laissent mourir?

Pia K. envie la censure canadienne

Controverse surréaliste quand on vit sous la bonne garde du CRTC.

Au cours des derniers jours, le Dansk Folkeparti a fait une sortie pour demander l’interdiction de la télévision en arabe au Danemark. Pia Kjaersgaard persiste et signe malgré les critiques qui fusent de toute part: experts et juristes de gauche comme de droite lui disent que c’est une atteinte inacceptable à la liberté d’expression et de choix.

DF considère que les chaines de télévision que les immigrants regardent par satellite contribuent à radicaliser les musulmans danois avec leur « propagande anti-occidentale ».

Fort heureusement, la loi danoise mais aussi les directives européennes rendent impossible ce dangereux retour en arrière, notamment sa forme la plus extrême: la période entre 1926 et 1984 où Danmarks Radio demeurait le seul diffuseur autorisé.

Alors, nice try DF, mais vous ne réussirez pas à canadianiser la loi danoise sur la radio-diffusion.

Credits @ Politiken.dk


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