Archive pour 4 novembre 2010

Midterms: Revue de presse allemande

Contrairement à leurs homologues québécois, qui ont cherché à minimiser la portée du vote de mardi, les journalistes allemands se sont rendus à l’évidence: les Américains ont rejeté le programme de Barack Obama. Les obamistes n’ont pas cherché à nier les résultats, bien que la déception se lisait dans plusieurs textes publiés mercredi.

C’est donc dire qu’on part de loin. La langue allemande n’est pas à court de mots pour qualifier Barack Obama, parfois « porteur de lumière », « porteur d’espoir » dans d’autres temps. Dans la presse allemande, Barack Obama est un homme tellement parfait que c’est à se demander si il est humain. Un phénomène qui date bien avant la Grande Nuit Obamiste de mardi, le tout a commencé avant même son élection.

Si l’on exclut la description souvent douteuse du Tea Party, je n’ai pas constaté que les textes informatifs contenaient du vocabulaire partisan dans une proportion énorme. En commentaire et en analyse par contre, on ne s’est pas retenu pour dire sa façon de penser. Ralph Sina, de WDR, a par exemple servi un commentaire radio dans lequel il décrit Obama comme un des meilleurs présidents depuis des décennies et affirme que les Américains ont en fait voté contre tout ce qu’il avait fait de bon, soient la nationalisation de GM, la réforme de la santé et les milliards de la relance ici. Plus tard dans la journée, on pouvait l’entendre comparer Sarah Palin à Lady Gaga tout en qualifiant la défaite de « désastre pour le président des coeurs ». Quel contraste avec la remise en perspective de Klaus Scherer, qui explique en termes clairs comment l’Amérique n’est pas comme l’Europe la voudrait!

Du côté des magazines d’actualité, le Focus, ordinairement plus à gauche, est beaucoup moins partisan que Der Spiegel. C’est à croire que ses analystes vivent dans un monde imaginaire, ici on lui dit quoi faire pour se ressaissir, on explique comment la défaite de 2010 peut être une chance pour Obama en 2012. À certains égards, Marc Pitzke me rappelle nos Lisée et Hétu. Absolument aucun respect pour le Tea-Party, des gens toujours décrits de façon désobligeante, des frustrés avec des guns, à qui il manque « des concepts » pour comprendre comment gérer un État.

À noter l’agacement de Der Spiegel face aux références à Hitler. Non, ce n’est pour comparer les Républicains aux Nazis au lieu d’Obama, simplement que pour les médias allemands, ce n’est pas une blague à faire. Qu’importe les arguments sur le totalitarisme, en Allemagne il s’agit d’un manque de respect pour les victimes du nazisme qui sont bassement instrumentalisées pour gagner des élections.

Même la presse plus conservatrice/libérale, comme le Süddeutsche Zeitung ou le FAZ, n’a pas d’éditorial ou d’analyse plus nuancée envers le Parti Républicain. Il est certes vrai qu’être un droitiste allemand n’a pas la même signification qu’aux USA, mais c’est tout de même dommage que la réaction des Américains soient regardée de haut alors que l’Europe s’apprête également à frapper le mur.

La question raciale a été largement écartée, à l’exception de mentions concernant l’absence d’Afro-Américains au Sénat. Qu’importe si des gouverneurs de couleur ont été élus, si la Caroline du Sud envoie un premier Noir Républicain à la Chambre depuis 1860… Les Noirs étant miséreux et les élections américaines se gagnant avec de l’argent, les Noirs ne peuvent pas se faire élire!

C’est le Bild, ce mélange de Journal de Montréal et de Photo Police, qui publie pratiquement tout le matériel critique à Obama. Les Américains en ont plein le casque d’Obama sort les chiffres sur combien les Américains désapprouvent le président, No, he can’t démontre qu’il a livré tout le contraire de ses promesses.

Peut-être n’est-ce qu’une coïncidence (LOL!) mais le seul média qui vise juste est celui que tout le monde aime haïr. Voyons, le Bild, c’est pour les pas de classe, les ignares, les cons qui aiment le football et les boules à l’air! Il a au moins le mérite de refuser la pensée unique, le Bild est le seul média à constamment proposer une cure minceur à l’État allemand.

Bien que les deux soient évidemment reliés, je trouve éminemment plus pathétiques les commentaires sur les forums de ces mêmes médias. Je mettrais même un dix que c’est pire que blogue de Richard Hétu. D’une part, tous les stéréotypes y passent: les Américains sont obèses, ignorants, armés, Jesus freaks, racistes*… À tour de bras, on appuie ses dires avec telle ou telle anecdote de voyage, une histoire d’échange étudiant, des touristes rencontrés au hasard… Sans oublier les clichés sur le militarisme, l’impérialisme, le complexe militaro-industriel, les faussetés sur le système d’éducation et de santé américains… Il ne manque que la ligne habituelle sur les Juifs qui contrôlent les USA, réjouissons-nous que cette phrase soit illégale sur une site internet allemand! D’autre part, on constate comment le culte de l’étatisme, du keynésianisme, de l’assurance-maladie universelle inventée par Bismarck a littéralement lavé le cerveau d’une écrasante majorité de commentateurs, visiblement incapables de voir le monde d’une autre façon.

Il se trouve bien quelques Américains parlant l’allemand, quelques Allemands qui connaissent bien les États-Unis, pour venir corriger le tir mais vous comprendrez facilement que sur des centaines de commentaires comme dans le cas du Spiegel, ça ne fait pas le poids.

Je suis également obligé de constater que les modérateurs du Spiegel Online et autres sites, qui sont supposés retirer les propos xénophobes en vertu d’une loi fédérale, ne semblent pas trop avoir de problèmes avec les centaines de messages à saveur « Fremdenfeindliche » envers le peuple américain.

* Personnellement, c’est justement la référence à leur racisme qui fait le plus mal. La fiche de l’Allemagne dans ce dossier est infiniment pire que les États-Unis, l’histoire, les statistique et l’actualité le prouvent abondamment!

Les Messies n’aiment pas être contredits

Le gros sujet de conversation en ville cette semaine, c’est le passage de Jean Tremblay à La Facture. Un reportage qui vaut à Radio-Canada un boycott de sa part, monsieur considérant que la SRC le salit.

C’est son droit le plus strict de dire que la SRC n’a pas de leçon d’administration à donner, voire de ne pas leur donner d’entrevue mais remettre en question leur intégrité parce qu’ils viennent de Montréal, Là Là dépasse les bornes!

« Ils sont arrivés avec des questions pour salir la ville »… Eille dude, c’est LA FACTURE, pas une émission touristique! La Facture, par définition, ça déterre des crosses.

Et qu’il fasse pas *cough* avec son gel de taxes pendant 8 ans. En 2010, certains ont reçu des augmentations de 33% d’une claque. Autant dire qu’il a augmenté d’une shot quand il aurait pu y aller à 3% par an!

Ça ne veut pas dire qu’il n’a pas de qualités. Il est maire depuis 1997, ce n’est certainement pas pour ses beaux yeux. Évidemment que, quand on juge Saguenay comme une des villes les mieux gérées et les moins endettés, il y est pour quelque chose.

Mais est-ce une raison pour fermer la gueule de ceux qui posent des questions? De se vanter de ne pas avoir d’opposition comme si c’était une nuisance d’avoir à rendre des comptes?

J’oubliais presque ses cheerleaders. Là-dessus, Jean Tremblay est comme Barack Obama: quels imbéciles sommes-nous de ne pas voir la Lumière qu’il nous apporte?

En passant, quelle surprise (mon oeil!) de voir le gouvernement Charest protéger le milieu municipal qui manque de transparence

Integration: Hartfrid Wolff hat Recht

Voici le email que m’a inspiré le mémoire du FDP déposé au « Sommet de l’Intégration » à Berlin hier.

Herr Wolff,

Auf Twitter habe ich über Ihre Teilnahme beim Integrationsgipfel gelesen und ich muss Ihnen schreiben, um Sie zu bedanken. Vorher habe ich nie gehört, dass Ausländer in Deutschland eine Chance haben, als Deutsche anerkannt zu werden.

« Ausländer » ist für mich eine Beleidigung. Warum in Deutschland leben, wenn wir « Aus » sind? Hätten wir noch Interesse, Amerikaner, Briten oder Türken zu bleiben, dann würden wir einfach nicht in Deutschland leben. Ich bin nicht nur zur Integration, sondern auch zu Assimilation, bereit! Im Internet habe ich 100% beim Einbürgerungstest bekommen, schon vor ein Paar Jahren.

Es ist auch sehr unfair, die deutschen Auswanderer überall in der Welt zu treffen, wenn Deutschland eine Festung ist. Warum soll Kanada, Australien, und viele anderen, die Träume dieser Leute ermöglichen, wenn wir nicht die andere Richtung nehmen dürfen?

Als kanadischer Staatsbürger bin ich wahrscheindlich auf der falschen Seite der Atlantik geboren. Mit 5 Jahren war ich schon tief in Deutschland verliebt. Schon in der Grundschule hatte ich gelesen, alles ich über Deutschland finden könnte. Ich hatte damals nur einen Traum im Leben: in mein Land mich niederzulassen, Bürger der schönsten Stadt der Welt (natürlich Berlin, meine erste Liebe!) zu werden. Deutsch was für mich sehr einfach zu lernen, innerhalbs 18 Monaten war ich (fast) flüssig.

Nach 17 Jahren Wartezeit bin ich endlich 2006 nach Deutschland gereist. Selbst meine Eltern sagten « Endlich geht er nach Hause ». Montag, den 12. Juni 2006 gegen 13:45, werde ich diesen Zeitpunkt nie vergessen. Ich war der glückliste Mann der Welt. Mein erster Spaziergang auf dem Ku’damm brachte mich sogar die Tränen.

Ich wollte nie wieder in Kanada leben. Ich hatte schon Kontakt aufgenommen, um Arbeit in Berlin zu schaffen. Es fehlte mir nur die Papiere. Die Mitarbeiterin der Ausländerbehörde, eine der unfreundlichsten Personen, den ich je getroffen habe, sagte mir, in kurz, dass ich besser meinen Träum vergessen muss und in meinem sogennanten Traumland Kanada zu bleiben.

Viele Deutsche halteten mich fast für verrückt, in Deutschland leben zu wollen. Eine Frau beim Berliner Ausländerberater lachte mich im Gesicht. Eine CDU Mitglieder des Berliner Abgeordenetenhauses empfielte mich, eine deutsche Frau zu heiraten. Es wäre, so sagte er, der einzige Weg nach Deutschland für Leute wie ich.

Ich müsste leider nach Kanada zurück. Aber ich könnte nicht mein Ziel aufgeben, also bin ich 2007 wieder nach Deutschland geflogen, dieses Mal mit einem Vertrag des Pädagogischen Austauchdienstes. Sogar in der NPD-Festung Sächsischen Schweiz fühlte mich zu Hause und ich habe dort keine Ausländerfeindlichkeit erlebt.

Natürlich wolle ich noch nie nach Kanada zurückfliegen. In Deutschland zu bleiben war immer noch unmöglich, deswegen habe ich Dänemark probiert. Ich träumte schon von Einbürgerung aber ich bekam leider keinen Job. Aber trotzdem fand ich die Dänen besser als die Deutschen zum Thema Migration: dort sind Migranten « Nydanskere », also keine Ausländer bis zum Tod wie in Deutschland!

Seit dem 17. Juni 2008 lebe ich immer noch in diesem Land, das ich nicht mag. Ich lebe in einer Region, wo der Arbeitsmarkt schlecht ist, also in den nächsten Monaten werde ich im Tourismusbereich in der Karibik arbeiten.

Ich bin kein Schulabbrecher. Ich habe Politikwissenschaft studiert, spreche Französisch, Englisch, Deutsch flüssig mit guten Dänisch und Isländisch Kenntnissen und arbeite schon seit ich 17 Jahren bin. Ja, ich bin kein Ingenieur oder Zahnarzt aber ich könnte sicher eine Karriere in Deutschland führen.

Aber dafür braucht man eine faire Migrationpolitik, wie Punkte. Deutschland muss weg vom Nationalismus der CSU. Je offener das Land ist, desto reicher das Volk wird: Liberale kennen dieses Prinzip!

Vor einem Jahr am 9. November haben wir die Freiheit gefeiert. Ich bin dafür nach Berlin gereist, ich könnte das nie verpassen. Heute hoffe ich, dass eines Tages die Mauer der Festung Europa fallen, damit ich meinen grössten Freiheitstraum erleben darf: Berliner mit deutschem Pass zu sein!

Ich wünsche der FDP-Fraktion vielen Erfolg und freue mich schon auf eine neue Zuwanderungspolitik.

Mit freundlichen Grüssen,

« Lola » ou le mariage forcé

Quand j’étais plus jeune, ayant commenté que mes parents n’avaient pas trop l’air bien ensemble, on me répondit que se séparer ou divorcer ruinerait mon père, ma mère n’ayant rien à elle, et qu’ils étaient donc mieux de s’endurer.

Pas de panique, ils sont toujours aussi dépareillés mais ça marche encore leur affaire.

Si on applique cette sagesse parentale à l’affaire Lola, bien le Québec sera bientôt, après avoir détenu le record mondial de l’union libre, la capitale mondiale des gens seuls.

Bien sur qu’un divorce avec des « gens de 2010 », indépendants financièrement l’un de l’autre, donne des patrimoines équivalents, donc un choc moins grand que mon père et ma mère. Je ne peux cependant m’empêcher de conclure que l’on vient d’imposer les termes du mariage à ceux qui ont fait le choix de ne pas se marier.

Donc, les couples qui ne veulent pas « mélanger » leurs affaires devront simplement avoir deux logements. Remarquez que ça peut mettre un peu de piquant… 😀

Mon côté macho se demande aussi si la mesure sera aussi populaire une fois que, comme c’est bien parti, les femmes québécoises deviendront plus riches que les hommes (ce que la FFQ appellera l’égalité de sexes :P).


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