Kosningar til stjórnlagaþings 2010: l’impossible campagne

Samedi prochain, les Islandais sont appelés aux urnes pour élire les 25 personnes qui réviseront la constitution au cours de l’hiver. Une élection marquée par la complexité, complexité qui menace royalement le taux de participation.

Les candidats ne pouvant pas être liés au monde politique actuel, l’immense majorité des 523 candidats sont d’illustres inconnus. 523 personnes indépendantes, c’est du monde. Comment en élire 25 quand on connait personne, ou seulement 2-3 personnes de vue. À la limite, on peut voter pour les gens de sa ville mais, vous voyez le genre, difficile de faire un choix éclairé.

De façon individuelle, plusieurs candidats ont fait des pages Facebook, monté des sites web, d’autres ont fait les trolls dans les commentaires des articles de journaux sur le net… Mais bon, que faire pour parler de ces 523 personnes dans les médias traditionnels.

Le ministère de la justice, organisateur des élections, a distribué un document de 96 pages dans tous les foyers islandais. On y présente très sommairement chaque candidat, en plus d’expliquer le déroulement du vote.

En gros, l’électeur choisit 25 personnes. Ils les note, ainsi que leurs numéros de candidats, sur la feuille brouillon. Rendu au bureau de vote, il retranscrit ses choix. Les résultats sont compilés par informatique et les candidats élus selon la méthode STV.

Différents sites web se sont intéressés à leur donner la parole. Svipan.is s’est essayé mais le plus intéressant est le site du journal DV: biographies, questionnaires mais aussi un outil web pour trouver sa compatibilité avec les candidats. C’est moins bien que la section spéciale Mbl.is, pourtant le site islandais le plus visité.

Ceci dit, quelques centaines de candidats se sont plaints que la RUV ne respectait pas ses obligations légales en reléguant au second plan la couverture. La direction s’est défendus, disant que les reportages quotidiens y seraient, de même que quelques émissions spéciales et la présentation des candidats lors que la télévision publique est hors d’ondes (c’est à dire environ 16 heures sur 24 en semaine).

Mais les protestaires n’étaient pas encore contents.

Alors aux grands maux, les grands moyens. Il a été décidé vendredi que, dès lundi soir 19:00, tous les candidats pourraient débattre et se présenter, par groupe de 10-12, sur les ondes de la station publique Rás 1. De mardi à vendredi, le marathon se poursuivra de 9:00 à 12:20, de 13:00 à 16:00 puis de 19:00 à minuit.

Et ça va changer quoi? À part emmerder les quelques milliers d’Islandais qui aiment bien les émissions culturelles de la première station publique, je ne vois pas trop le but. Car si on peut très bien décider de son choix lors d’un débat des chefs de 2 heures, même le plus indécis des indécis ne se tapera pas toutes ces heures de radio.

Surtout que si le taux de participation n’atteint pas 70%, seuil où les Islandais jugent une élection comme légitime, il y aura bien du monde qui se demanderont si ça valait vraiment la peine de faire tout cela. Même les élections de 2009 ont attiré 85% des électeurs, alors qu’on n’en pouvait plus des politiciens!

2 Responses to “Kosningar til stjórnlagaþings 2010: l’impossible campagne”


  1. 1 matvail2002 samedi, 20 novembre 2010 à 18:29

    Le problème c’est que avec un tel nombre de candidats, ça ressemble aux débats lors des élections primaires aux présidentielles Américains. Cependant, c’est évident que l’électeur indécis va pas aller voter surtout s’il connais pas personne de façon personnelle sur cette liste.

    Mais enfin, je dois dire que dans une juridiction comme l’Île-du-Prince Édouard (ou au New Hampshire), c’est tellement une démocratie directe que tu connais personnellement le député ou bien ton voisin le connaît. Cela fait aussi qu’il est très facile pour un candidat d’aller dans quasiment toutes les résidences lors d’une campagne électorale et cela fait aussi que ces élections ont généralement un meilleur taux de participation qu’aux élections fédérales.

    Et encore, de nos jours, 70% comme taux de participation au Canada, en Suisse ou en Grande-Bretagne c’est très bien. Je crois fort probablement que c’est fini les taux de participation à 80%, sauf qu’il est évident que le 95% du référendum constitutionnel de 1995 a été un quasiment un record absolu pour une démocratie libérale. Et le plus ironique, c’est que le taux de participation a été très similaire dans nombre de circonscriptions.

  2. 2 derteilzeitberliner dimanche, 21 novembre 2010 à 6:47

    Le nombre de candidats est représentatif de l’intérêt de plusieurs, ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi. Le problème, c’est un point du mode d’élection: tout le monde est élu au national. Ce qui rend la campagne impossible.

    Avoir eu une élection par municipalité ou communes rapprochées, ça aurait été plus facile de faire campagne. Mais je crois qu’on a opté pour un vote centralisé parce que l’Islande a 76 municipalités et qu’on ne voulait pas avoir à trancher, surtout que, même voisines, il peut y avoir 2 heures de routes entre deux communautés.

    Pour le taux de participation, les élections scandinaves atteignent des scores au dessus de 80% depuis des années mais c’était encore plus élevé avant. Étrangement par contre, au municipal c’est plus au tour de 50% comme si le maire était moins important que le PM.


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