Archive pour 2 décembre 2010

Les gros et longs bras de l’OPC norvégien

Si je compare l’Office de la Protection du Consommateurs à ses homologues européens, je constate rapidement que notre ami l’OPC est à l’image de la société qui le finance: « C’est la loi! » pourrait être son slogan.

En plus de la dépendance exagérée envers l’intervention de l’État, l’OPC québécois se démarque par son attachement aux entreprises québécoises/canadiennes et, de façon générale, par une défense du corporatisme existant au lieu des réels intérêts des consommateurs à avoir plus de liberté pour moins se faire fourrer.

On pourrait aussi le qualifier de mou, si on regarde ce qui se passe en Norvège.

Une enquête de la NRK a révélé que non seulement des phosphates, une substance chimique illégale, était ajouté au poisson vendu par de nombreuses entreprises mais que l’on ajoute de l’eau pour que les poissons, plus lourds, soient vendus plus cher.

La deuxième offense étant synonyme de trafiquer une balance, elle équivaut à de la fraude selon la loi norvégienne.

Forbrukerrådet, le Conseil des Consommateurs, a donc déposé un dossier à Økokrim, l’escouade des crimes économiques, afin qu’une enquête pour fraude soit réalisée.

L’enquête peut déboucher sur des accusations criminelles.

On niaise pas avec la puck!

NRK

Un dixième Pakkajól

Le Québec a sa Grande Guignolée des Médias, l’Islande a son Pakkajol, deux initiatives destinées à agrémenter les fêtes de ceux qui ont moins de moyens.

Le hasard étant ce qu’il est, les deux collectes célèbrent cette année leurs dix ans.

Organisé par la station de radio Bylgjan, Pakkajol ressemble davantage aux collectes de jouets des pompiers chez nous. Le slogan est d’ailleurs « Assure à tous les enfants un Joyeux Noël » et les gens sont invités à acheter un cadeau et le déposer au pied de l’arbre du centre commercial Smaralind. Les gens en dehors de Reykjavik peuvent faire parvenir leurs contributions gratuitement grâce à Islandspostur. Ils seront distribués à Noël par les trois organismes de charité islandais.

Les premiers paquets ont été déposés par de nombreuses célébrités cet après-midi.

31400 Islandais, soit 10.2% de la population, vivent sous le seuil de la pauvreté fixé à 160800 kr par mois pour une personne seule ou 337700 kr pour une famille de 4.

L’achalandage des banques alimentaires a augmenté depuis 2008, par contre les statistiques sur la pauvreté en Islande n’ont pas bougé significativement depuis plus de 20 ans.

En 1988, la première étude sur le sujet a calculé que 8% des Islandais étaient pauvres dont 12.4% des personnes âgées de plus de 65 ans. Dix ans plus tard, le taux se chiffrait à 6.8%, et il n’y avait plus que 4.3% des retraités dans cette catégorie. Texte

Dix ans, ça veut dire 1998. Déjà 7 ans que David Oddsson était premier ministre, lui qui a supposément mis la hache dans l’État islandais. Un taux qui se tient autour de 10% dans les plus anciens tableaux disponibles et qui demeure pareil malgré le choc de 2008.

8-7-10, on n’est pas dans un mode de variation très intense sur 22 ans. Ce qui nous indique à la fois que le « néo-libéralisme » et la récession n’ont pas fait les ravages escomptés.

Mbl.is

Jóhanna Sigurðardóttir et Jean Charest: ensemble dans l’abîme

L’ami Matvail s’est demandé si le gouvernement Charest n’était pas le plus impopulaire de toutes les démocraties libérales en ce moment. Cyberpresse a apporté une partie de la réponse: Dalton et Gordon sont presque aussi bas que lui.

À 4 heures et demi d’avion du Québec, se trouve une autre première ministre qui traîne au bas-fonds des sondages. Le Gallup de décembre est tout aussi dévastateur que nos CROP…

Seulement 16% des Islandais se considèrent satisfaits du travail du gouvernement. Les deux partis gouvernementaux obtiennent un beau 36% des intentions de vote. Ceci dit, Jean Charest sera probablement jaloux: Johanna obtient 21% de satisfaction (donc, les chiffres sont inversés entre les deux situations).

La situation n’est pas plus rose dans l’opposition, dont le travail ne satisfaisait que 22% des électeurs en mars (dernière fois que la question a été posée).

Comme quoi il n’y a pas que le bleu des murs de la chambre des députés qui unissent l’Islande et le Québec. Un très fort fuck you à la classe politique aussi!

RUV
RUV
RUV

Fortuné et instruit, mais pas assez bon pour vivre au Danemark

Depuis 2001, le Dansk Folkeparti monnaye son appui au gouvernement minoritaire VK en exigeant des règles toujours plus strictes envers les étrangers. Ces nationalistes sont très fiers que le Danemark ait la politique d’immigration la plus dure d’Europe, une fierté peu partagée autant à gauche que chez les libéraux.

À certains égards, VKO aura divisé le Danemark en deux camps un peu comme les États-Unis se sont polarisés en Blue States et Red States au deuxième mandat de Bush.

Il sort périodiquement des histoires d’horreur sur l’immigration danoise. Comme l’histoire de cet Australien.

Marié à une Danoise, travaillant 60 heures par semaine et payant 300000 kr en impôts par an (50000$, le plus haut bracket à plus de 50% de son salaire), Djenan Ganic vit à Copenhague depuis 6 ans, n’a jamais reçu un sou de l’État et n’est même jamais allé à l’hôpital. C’est aussi un analphabète lourd: il a lâché l’école après avoir reçu un doctorat en physique.

On lui refuse la résidence permanente sous prétexte qu’il n’est pas assez engagé dans la communauté. Car, oui, le gouvernement considère les heures de bénévolat dans sa décision d’accorder ou non un permis de résidence. Et monsieur, bien, c’est plate mais il travaille trop donc il n’a pas le temps d’en faire assez!

La meilleure chose à faire serait de voter avec ses pieds, partir. Aller dans un pays qui veut de lui.

Sauf que le gouvernement danois ne comprend pas ce message, exprimé des tonnes de Danois et d’étrangers depuis 9 ans. Personne au gouvernement n’a contredit DF lorsque le parti a affirmé qu’il valait mieux que les entreprises danoises quittent le pays que faire venir des employés étrangers.

C-32: Action locale, phénomène global

Wired a beau déclarer le piratage comme mort, ça n’empêche pas les artistes québécois de réclamer une redevance sur les lecteurs mp3 et les connections internet au Canada afin de récupérer ces « pertes ».

L’idée n’est pas nouvelle. Je me souviens qu’on a parlé en Allemagne d’un « Kulturflatrate », et qu’en Islande le fournisseur internet Siminn a étudié le dossier.

Mon ami Juan, musicien au Mexique, me dit que, bien franchement, il ne voit pas comment un tel système profiterait aux artistes puisque les producteurs sont les premiers à se remplir les poches.

Comme contribuable, il est tout à fait légitime de croire que la culture est déjà assez subventionnée comme cela sans qu’on vienne encore presser le citron.

Et en plus de tout cet argent qu’on nous soutire pour supporter du matériel que l’on ne consomme pas, on vient restreindre nos choix avec le CanCon à la radio.

Internet était la porte de sortie rêvée pour ce modèle. On pouvait trouver la musique que l’on voulait, d’où on voulait, des artistes émergents trouvaient un public…

Mais c’était trop demander. Les dinosaures de l’ADISQ envient la Chine, n’appréciant pas de perdre leur audience traditionnellement captive.

On a pu lire, sur certains textes, que des artistes tels Lady Gaga, Beyoncé, Justin Bieber et autres étaient désolés de leur absence mais qu’ils supportent moralement nos artistes tout en se réjouissant que le piratage soit exclusivement québécois.

Derrière cette dérision, un constat: les partisans de la Grande Muraille n’ont manifestement pas compris que les artistes de tous les pays sont touchés par le phénomène et que cela exige donc, s’ils insistent pour agir, quelque chose d’international.

Si Ottawa pliait à leurs demandes et taxait bel et bien les lecteurs mp3…

– Les artistes étrangers recevraient-ils leurs dû ou les artistes canadiens leurs voleraient leurs droits d’auteur?

– Comment les artistes se distribueraient l’argent entre eux? Ça ne serait pas juste pour Marie Mai si elle devait recevoir autant d’argent qu’un groupe très peu connu.

Autant dire que ça causerait probablement bien des maux de tête et, pas sur que le problème serait réglé.

L’ère numérique amène la nécessité d’un nouveau modèle d’affaires pour les musiciens, comme dans bien d’autres domaines, chose qu’un « vieux de la vieille » comme David Byrne semble avoir mieux compris (ici et ) que nos admirateurs de la censure nord-coréenne.

Moi, Jón Gnarr, politicien

Il s’est présenté à la mairie pour faire un pied de nez à la politique traditionnelle dans un pays où on n’y croit plus. Son élection a fait le tour du monde, son Besti Flokkurinn a été imité dans le comté de Ventura en Californie et son aventure politique est même devenue un film qui aura un « worldwide release » au printemps.

Mais Jon Gnarr deviendra-t-il un genre de Barack Obama municipal, plus populaire hors de sa ville qu’auprès de ses administrés? Remarquez que c’est moins pire qu’être un Jean Charest islandais 😛

Près de six mois après son arrivée au pouvoir, Reykjavik n’a ni ours polaire ni Disneyland. Et la gratuité des serviettes, ils sont probablement allé la chercher ailleurs.

Car le conseil municipal de Reykjavik, qui vient de déposer son budget 2011, a renié une promesse du Besti Flokkurinn: Ne pas augmenter les taxes et les tarifs.

Sans trop de surprise, Hanna Birna Kristjánsdóttir du Parti de l’Indépendance, la mairesse qu’il a délogé, est tombée là-dedans à deux mains: Augmenter les taxes, c’est tomber dans la facilité. Avant de fouiller davantage dans la poche des contribuables, on rationalise.

Les deux sont entrés dans une guerre de chiffres lors d’un débat télévisé.

L’opposition avance que les hausses annoncées vont toucher les familles beaucoup plus que la coalition Besti Flokkurinn/S le prétend. Pour le Parti de l’Indépendance, la bonne santé financière de Reykjavik aurait pu éviter à la ville d’exiger davantage des citoyens – Reykjavik a 18 milliards de couronnes en capitaux propres. Sans surprise, VG dénonce le fait que les hausses ne soient pas appliquées en proportions des revenus et donc « touchent plus durement les familles gagnant 180000 kr par mois par rapport à celles disposant de 800000 kr ».

À moins que la majorité au conseil ait des choses à cacher? On le saura au cours des deux prochaines semaines. Jusqu’à maintenant, Jon Gnarr se cache derrière la loi islandaise qui interdit aux municipalités de faire des déficits pour justifier toutes les augmentations.

Ceci dit, à date, la seule hausse des dépenses annoncée (ok, qui m’est passé dans la face!) est celle des prestations d’aide sociale et force est d’admettre que c’est relativement marginal comme dépense (et vivre à Reykjavik avec 150000 kr par mois, ça doit être dur).

Aide sociale? Oui. En Islande, comme dans les autres pays scandinaves, la municipalité gère beaucoup plus que les lampadaires, le patchage des rues et les vidanges. La première dépense de la ville de Reykjavik est l’éducation, 16 milliards de couronnes (dont 14 pour les écoles primaires) sur un budget total de 56.

Les villes islandaises se financent d’abord par une flat tax sur les revenus qui varie entre 11 et 13.28% selon l’endroit (barèmes fixés par la loi). Reykjavik augmente la sienne de 13.02 à 13.20%. Il existe aussi une taxe sur les habitations dont je n’ai pas trouvé le taux.

Reykjavik augmente aussi les tarifs pour les services suivants: écoles maternelles, services de garde, activités sportives, cantines scolaires, piscines…même l’entrée au « faux zoo ».

Il a aussi été annoncé que la ville n’offrirait pas d’emplois d’été aux jeunes de 13 ans pendant les vacances scolaires (oui, les Islandais travaillent très jeunes et prennent leur retraite à l’article de la mort – dans votre pipe, cousins français :D).

En tout, Reykjavik veut aller chercher 5 milliards supplémentaires. Les hausses de tarifs sont accompagnées d’une baisse correspondante en subventions.

Pour tout vous dire, cette annonce a complètement éclipsé l’assemblée constituante dans l’actualité. Quelques semaines après la hausse de 25% des tarifs d’électricité chez Orkuveita Reykjavikur, ça fait encore plus mal!

C’est à suivre, mais une chose est certaine: le maire anti-politicien en est devenu un!

Reykjavik.is
RUV


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