Archive pour 12 décembre 2010

Attentat de Stockholm: SVT dormait-elle?

L’histoire du premier attentant-suicide à survenir sur le territoire scandinave (eh oui, si grand!) passera sans doute à l’histoire comme du terrorisme amateur, l’explosion n’ayant tué que le kamikaze lui-même dans une rue déserte.

Fort possible, cependant, que des questions soient posées à Sveriges Television pour son manque de réaction face à l’évènement.

Vrai que le samedi soir n’est jamais le bon moment pour une « breaking news » à la télévision suédoise, mais la chaîne publique a carrément manqué le bateau.

Donc, l’incident survient à 16:50 en plein centre-ville de Stockholm. Pas Saint Glin-Glin entre les frontières finlandaise et norvégienne, mais quelques kilomètres seulement de la « TV-Hus ».

À 18:00, soixante-dix minutes après l’explosion, Rapport sur SVT1 ouvre avec Cancun. Ce n’est qu’après ce reportage, dont à 18:03, que la présentatrice prend la peine d’informer les auditeurs de l’explosion, mais n’en parle pas plus que 30 secondes.

19:30, deuxième édition de Rapport sur SVT1. L’infographie d’ouverture a encore Cancun, sauf que cette fois on nous passe directement l’attentat. Un résumé sur quelques images, un clip du porte-parole de la police. 44 secondes!

Pourtant, à 19:00, TV4 Nyheterna n’a pas niaisé avec la puck comme on dit: pratiquement un tiers du bulletin de nouvelles de 19:00, en ouverture, a été consacré à l’attentat. Un direct, plusieurs images, bref un bon 5 minutes.

SVT s’est certes rattrapée plus tard dans la soirée, incluant un « Extra Rapport » à 23:45, ainsi que dimanche mais franchement, on n’a pas bougé avant qu’il soit clair qu’il s’agissait d’un attentat terroriste et non d’un simple fait divers. Or, deux explosions d’auto dans une ville aussi relax que Stockholm, ça devrait attirer l’attention des médias, non?

Évidemment que je sais combien, en Europe, la télévision, en particulier publique, regarde de haut les faits divers et normalement je fais de même, mais je ne peux m’empêcher de rire en voyant comment SVT a laissé passer l’histoire samedi avant de nous passer un article, très en vue sur son site web, sur comment Stockholm a eu l’attention des médias de partout dans le monde ce weekend.

Pour des gens qui pensent que couvrir des faits divers c’est voyeur, méchants attention whores!

Jónsi vs Arcade Fire

Difficile pour moi de passer à côté de cet énième double standard journalistique québécois.

Que « Animal Arithmetic » de Jónsi soit nommé parmi les 10 chansons de l’année n’est pas passé inaperçu en Islande, où Visir n’a pas oublié de le mettre bien évidence, soulignant au passage la présence de « Eyjafjallajökull » comme parmi les buzzwords de 2010.

Dans le même classement que le chanteur de Sigur Ros, « Sprawl II (Mountains Beyond Mountains) » d’Arcade Fire. À demi-surpris, j’ai constaté que seul un article de France parlait de la nomination dans la langue de Molière.

Certains diront que ce n’est pas important, que nos médias en font un plat moins grand parce que nous sommes plus que 310000. Mais je ne leur donne que partiellement raison.

Parce que nos médias ne manquent jamais de nous parler du moindre geste de nos artistes en France, allant même jusqu’à les faire passer pour plus grands qu’ils ne le sont vraiment, on est capable de comparer.

Comparer le traitement que reçoit un groupe « du bon bord », pure-laine, comme les Cowboys Fringants, voire Céline Dion, avec des groupes anglophones comme Simple Plan et Arcade Fire.

Et c’est là qu’on voit que, quoiqu’en disent les Marjo, Yann Perreault et autres membres de l’ADISQ qui voient un déclin de la chanson francophone, la chanson anglo-québécoise est marginalisée, voire même carrément considérée comme non-québécoise.

Je sais, les nationalistes soupçonneront le racisme pour expliquer comment un groupe comme Sigur Ros peut avoir plus de succès aux USA en chantant dans une langue imaginaire qu’un band francophone. Ou encore, comme le laissait entendre Nathalie Petrowski ce weekend, qu’aimer les autres, c’est s’haïr soi-même.

Nathalie Petrowski ramène encore l’épisode de Rammstein sur le tapis, le deuxième texte dans La Presse qui les plante cette semaine. Parce que pour eux, chanter en allemand, c’est nécessairement au détriment du français. La langue serait ainsi un zero-sum game.

C’est oublier que Rammstein est le groupe allemand le plus populaire de tous les temps. Que Rammstein, j’en ai été témoin plusieurs fois, amène des gens à apprendre l’allemand pour comprendre les paroles. Combien de chanteurs francophones ont poussé des gens à étudier notre langue?

À ceux qui disent que « trop d’anglais » dans les festivals nuisent à l’image du Québec, regardez Iceland Airwaves. Et quand les Jonsi, Sigur Ros ou Gus Gus se sont produits à Montréal, où étaient nos journalistes? Vous aviez une chance de faire découvrir de la musique « non-anglo », vous avez passé votre tour!

Je me rappelle Chuck Montana, qui me disait chez Louis Préfontaine que de la musique comme Simple Plan, c’est de la musique artificielle, non québécoise. À ce compte là, notre ami n’écoutera rien d’autre que des vieux 45 tours de Soirée Canadienne… Pensez à tous ces chanteurs des années 60 qui traduisaient des hits américains. Et croyez-vous vraiment une seconde que Blaz Roca est plus « authentique » parce qu’il rappe en islandais? Come on! La seule raison qui fait que nos nationaleux salivent sur Loco Locass, c’est parce qu’ils mettent leur idéologie en paroles. Autrement, je les imagine facilement lever le nez sur cette « musique importée des États-Unis » comme l’élitiste BBC refusait de diffuser les Beatles sur le Light Programme.

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