Archive pour 22 janvier 2011

Hizb-ut-Tahrir sur l’Afghanistan: Un Califat règlera tout

Une conférence controversée s’est tenue vendredi soir à la bibliothèque royale du Danemark à Copenhague: le groupe pan-islamiste Hizb-ut-Tahrir organisait une rencontre intitulée « Afghanistan: Les gouvernements scandinaves au service des USA ».

À prime abord, un simple clic nous apprend qu’il ne s’agit pas d’un meeting des Fermières. Même l’invitation à la rencontre est répugnante avec les images de cerceuils de militaires danois et suédois tués en Afghanistan.

Debatmødet vil også sætte fokus på pligten til væbnet modstand for muslimerne
i Afghanistan og omegn. Vi anser denne modstand som fuldt ud legitim.

« Le débat va aussi mettre l’accent sur l’obligation de résistance armée pour les musulmans en Afghanistan et environs. Nous considérons cette résistance comme complètement légitime ».

Selon Politiken, hommes et femmes étaient séparés dans l’auditorium. Les organisateurs ont longuement discuté des avantages du califat pour l’Afghanistan et le monde musulman en général. Il s’agirait de la solution à tous les problèmes, y compris celui de l’impérialisme occidental.

Bravo pour la profondeur des arguments!

De 2 à 300 personnes, de droite comme de gauche, ont manifesté pour s’opposer à la tenue de la conférence. Conférence qui a justement attiré certains groupes qui s’occupent de libertés civiles.

Statut Facebook de mon ami Thomas, une personne dont j’admire l’éloquence:

« Les conflits entre les principes de Voltaire sur l’acceptation des opinions différentes et la tolérance du mal selon Thomas Mann est la criminalité »

À trop tolérer, on tolère l’intolérance…

Le Montréal d’Henning Kruse

Sous la plume d’Henning Kruse, le Berliner Morgenpost publie samedi, dans sa section voyage, un article intitulé « L’Europe rencontre l’Amérique du Nord à Montréal » (ici).

Ma propre expérience m’amène toujours à prendre ces chroniques avec un grain de sel. N’ayant que peu de temps, et accompagnés de représentants d’offices du tourisme, les journalistes touristiques n’ont pas le temps de s’attarder aux villes au-delà des clichés. Il m’apparait donc difficile d’accuser Henning Kruse d’avoir fait pire avec Montréal que Marie-Claude Lortie fait avec Copenhague. C’est le propre du genre, il faut simplement que le lecteur soit capable de faire la part des choses.

Car ils me font bien rire, ces Québécois qui crient fort quand un Français parlent de plumes et d’igloo alors qu’ils sont eux-mêmes bien confortablement ancrés dans leurs préjugés sur la baquette et les femmes poilues… Même chose pour toutes les énormités dites sur le ROC et les États-Unis, mais non, nous on ne peut pas être comme vous décrivez…

Inversement, en voyage, on ne voit que le beau. Normal, donc, de ne pas reconnaitre le Montréal qu’on connait au Québec!

Le texte est donc bien garni en clichés bien répandus: parler français feraient des Québécois des Européens, des gens qui aiment bien fêter, bien manger, bien boire… à la française, évidemment! J’entends déjà les Français et les Québécois rire. Sans oublier la fameuse légende selon laquelle les Montréalais ne sortiraient jamais dehors l’hiver à cause des tunnels – combien d’Allemands m’ont déjà sorti ça!

Monsieur n’avait manifestement jamais entendu parler de la loi 101, mais il a probablement lu un dépliant du PQ pour parler de la bourgeoisie anglaise de Westmount comme si on était encore en 1950… Tout comme sa phrase sur la péréquation, « un moyen pour le Canada de retenir le Québec ».

Le vrai #Fail par contre, c’est sans doute ses quelques phrases sur le Bixi. Il parait que c’est tellement populaire que la circulation automobile a baissé depuis 2 ans et qu’on construit des pistes cyclables partout… AYOYE!

On va tout de même lui donner quelque chose: sa franchise sur le chemin entre Dorval et le centre-ville. Ceci dit, je n’ai pas non plus été très charmé à l’arrivée à Tegel, Kastrup, Roissy-CDG et Heathrow… Montréal n’est pas la seule ville où la première vue fait pitié, alors lâchez-moi le catastrophisme!

Geotagging: #FAIL

Le plugin « voyage » de Berliner-Morgenpost.de me met le tout en français…mais me colle une pub de Air Transat pour visiter Montréal 😛

Malheureusement, quand je vais à Montréal, c’est en Mazda 3 bleue plaquée au Québec…

Krach – Mensonges radio-canadiens sur l’Islande (2ième partie)

Et c’est reparti pour un autre épisode de Krach. Révision de la première partie ici.

J’avoue que, pour cette semaine, je préférerais le terme « omissions » à « mensonges » puisque je n’ai pas entendu de passage où j’ai réellement voulu m’arracher les cheveux… Si ce n’est le « E » que Jean-François Lépine prononçait dans Landsbankinn.

L’épisode m’a ramené, personnellement, à ce dimanche soir, le 5 octobre 2008 où j’ai constaté que la télévision publique islandaise avait diffusé un bulletin spécial à 23:30. Je me suis dit qu’une catastrophe devait s’être produite, à cette heure là le dimanche, il y a longtemps que la petite salle de nouvelles de la RUV dort!

Le lendemain, à 16:00, le premier ministre Geir H. Haarde s’adressait à la nation (texte). Dans la demi-heure qui suivait, l’Althing adoptait ce que les Islandais connaissent comme la « loi d’urgence », la loi autorisant l’intervention du trésor public en raison de circonstances spéciales dans les marchés financiers. Si vous relisez mes textes écrits à cette époque, il est évident que je comprenais très peu ce qui se passait mais le temps a fait son oeuvre…

Dès les premières lignes, le texte de loi rappelle le caractère extrêmement urgent et rare d’en appeler à l’argent public pour intervenir dans le secteur bancaire. Mais si l’État s’autorise à prendre le contrôle de banques en faillite, il les laisse toutefois tomber: en article 1, la loi mentionne que le ministère des finances utilise « son » capital pour créer de nouvelles institutions financières à partir des biens d’institutions financières en faillite.

Les trois banques islandaises ne sont donc pas « bailed out » à proprement parler: on les laisse plutôt faire faillite et on les récrée le lendemain, cette fois avec l’État comme actionnaire super-majoritaire. C’est donc dire que les actionnaires des banques originales ont perdu leur argent, bien que la nouvelle banque ait hérité des dettes de celles-ci (corrigez-moi si nécessaire!). Notons aussi que les « nouvelles banques » ne concernaient que leurs actifs islandais.

Mais Radio-Canada, comme de nombreux médias, a mal situé la crise islandaise dans le temps. S’il est vrai que c’est la chute de Lehman Brothers qui fait s’effondrer Glitnir, Landsbankinn et Kaupthing, à compter du 29 septembre 2008, il faut remonter encore pour commencer à parler de crise….et de ses causes!

Pour les Islandais, la crise débute non pas en octobre mais en mars, pour ne pas dire à la fin 2007 lorsque la bourse commence à descendre. Le 17 mars 2008, la couronne islandaise chute de 7% en une seule journée. À compter du 10 mars, la Banque Centrale d’Islande commence à imprimer de l’argent, à la demande des banques qui manquent de plus en plus de liquidités. L’inflation s’emballe, tout comme le taux de change.

En termes concrets, qu’est-ce que ça veut dire l’inflation pour les Islandais? Ça veut dire ceci. Même en trois mois, la différence se faisait sentir à l’épicerie (voyez toute la liste des « études de prix » faites par le syndicat ASI).

Quant aux taux de change, dans un pays qui importe tout, vous comprendrez l’effet dévastateur d’avoir une monnaie qui s’effondre… Les restaurants de Reykjavik vont même cesser de servir plusieurs aliments au lieu de les importer à des prix trop élevés.

Le taux de change a aussi un effet catastrophique sur un phénomène dont Radio-Canada n’a pas parlé, puisqu’il ne concerne que les Islandais. Les prêts en monnaie étrangère. Les conseillers financiers islandais ne prêtaient pas en couronne, mais en yen, en euro, en dollar américain… Imaginez le résultat quand la couronne perd 50% de sa valeur!!!!

Mais là-dessus, pour faire un parallèle avec le marché immobilier américain, il faut être deux pour danser le tango. C’est à l’emprunteur, et non pas à la banque, de déterminer ses besoins en crédit et savoir les respecter. Ce n’est pas le voisin qui a surendetté les ménages islandais, je ne suis pas tout d’accord avec le fait de faire porter tout le blâme aux banques.

Parce que les banques ont certainement un blâme à porter, en fait le milieu politico-financier. En Islande, l’État imprimait tout l’argent qu’elles demandaient. Ne pas avoir eu l’oreille attentive de la planche à billets, elles auraient « slaquées » au moins plusieurs mois à l’avance.

Comme Egill Helgason a dit, c’est un monde qui a grossit très vide et qui pensait être meilleur que les autres. Ces banques, avec aucun étranger sur leurs CA, achetaient des chaînes de magasins, des compagnies aériennes, etc… Avec les fonds des épargnants, séduits par les comptes à 10% d’intérêt, mais aussi avec la garantie que toutes les couronnes nécessairement seraient imprimées…

Et même à la fin, on était croche. Le 6 octobre 2008, Landsbankinn prêtait 35 milliards ISK à un milliardaire russe. Rendu là, c’est carrément de la fraude… Et parlant de fraude, ceci pourra vous intéresser

Dans le premier épisode, Radio-Canada traitait David Oddsson comme un quasi-criminel pour avoir privatisé les banques et « l’île » ». Mais ce n’est pas comme premier ministre qu’il s’en comporté en « mafieux » mais comme gouverneur de la Banque Centrale d’Islande (seðlabankastjóri). Passer à côté, c’est refuser de voir que les banques centrales peuvent être fautives.

Sauf que, quand j’entends les gens de la SRC, comme Gérald Fillion, ou encore Jean-François Lépine qui semble déplorer l’absence de bail out à Lehman Brothers, je me demande s’ils peuvent vraiment, crédiblement, accuser un monétariste comme David Oddsson alors qu’ils sont eux-même keynésiens!

Pour le reste de l’épisode, on va chez Le Libertarien

Suite la semaine prochaine


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