Le Montréal d’Henning Kruse

Sous la plume d’Henning Kruse, le Berliner Morgenpost publie samedi, dans sa section voyage, un article intitulé « L’Europe rencontre l’Amérique du Nord à Montréal » (ici).

Ma propre expérience m’amène toujours à prendre ces chroniques avec un grain de sel. N’ayant que peu de temps, et accompagnés de représentants d’offices du tourisme, les journalistes touristiques n’ont pas le temps de s’attarder aux villes au-delà des clichés. Il m’apparait donc difficile d’accuser Henning Kruse d’avoir fait pire avec Montréal que Marie-Claude Lortie fait avec Copenhague. C’est le propre du genre, il faut simplement que le lecteur soit capable de faire la part des choses.

Car ils me font bien rire, ces Québécois qui crient fort quand un Français parlent de plumes et d’igloo alors qu’ils sont eux-mêmes bien confortablement ancrés dans leurs préjugés sur la baquette et les femmes poilues… Même chose pour toutes les énormités dites sur le ROC et les États-Unis, mais non, nous on ne peut pas être comme vous décrivez…

Inversement, en voyage, on ne voit que le beau. Normal, donc, de ne pas reconnaitre le Montréal qu’on connait au Québec!

Le texte est donc bien garni en clichés bien répandus: parler français feraient des Québécois des Européens, des gens qui aiment bien fêter, bien manger, bien boire… à la française, évidemment! J’entends déjà les Français et les Québécois rire. Sans oublier la fameuse légende selon laquelle les Montréalais ne sortiraient jamais dehors l’hiver à cause des tunnels – combien d’Allemands m’ont déjà sorti ça!

Monsieur n’avait manifestement jamais entendu parler de la loi 101, mais il a probablement lu un dépliant du PQ pour parler de la bourgeoisie anglaise de Westmount comme si on était encore en 1950… Tout comme sa phrase sur la péréquation, « un moyen pour le Canada de retenir le Québec ».

Le vrai #Fail par contre, c’est sans doute ses quelques phrases sur le Bixi. Il parait que c’est tellement populaire que la circulation automobile a baissé depuis 2 ans et qu’on construit des pistes cyclables partout… AYOYE!

On va tout de même lui donner quelque chose: sa franchise sur le chemin entre Dorval et le centre-ville. Ceci dit, je n’ai pas non plus été très charmé à l’arrivée à Tegel, Kastrup, Roissy-CDG et Heathrow… Montréal n’est pas la seule ville où la première vue fait pitié, alors lâchez-moi le catastrophisme!

2 Responses to “Le Montréal d’Henning Kruse”


  1. 1 Jeff B. dimanche, 23 janvier 2011 à 10:37

    Ben voyons, le Bixi, c’est tellement bien ! Aucune subvention pour cacher les déficits, un savoir qui s’exporte sans heurt !

    Ouf pas facile à dire sans rire.😉

    Le touriste moyen veut être dépaysé… mais juste un peu. Il faut que ca soit suffisament différent de chez lui pour justifier la dépense… mais que ca lui rappelle la maison en même temps pour ne pas l’inquiéter. C’est donc tout à fait normal que les reportages touristiques génériques soient remplis d’énormes clichés. À quelque part, ils ont fait leurs preuves. C’est comme tout le reste, faut se servir de son jugement devant ces reportages comme vous le dites.

  2. 2 offre d'emploi lundi, 24 janvier 2011 à 23:14

    un joli partage, j’apprécie l’expression lâchez-moi le catastrophisme


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