Archive pour 10 février 2011

Colisée: Tout le Canada passe à la caisse…oh oui!

Le Québec est une province où le système de santé est en ruines, où l’éducation manque de tout, où les viaducs tombent, où il faut des décennies pour finir une route, et où même le système judiciaire est dans un piteux état.

Bref, bien avant de financer la procréation assistée, et de faire un quasi-chèque en blanc pour un Colisée, il y avait bien des choses qui avaient besoin de ces millions.

Je peux bien convenir que la santé et l’éducation, domaines si chers à la gauche, ne peuvent pas être les seuls postes de dépenses et que faire une route n’enlève pas automatiquement un médecin d’une urgence mais, de grâce, on a perdu tout sens des priorités!

Est-ce qu’on peut s’assurer que la « base » aille bien avant d’aller dans des domaines superflus?

Régis Labeaume dit: « On a le droit d’être heureux et avec l’amphithéâtre, on se fait plaisir! »… Décidément, il prend les mêmes pilules que Raymond Bachand, pour qui le bonheur passe avant l’équilibre budgétaire.

Vous savez ce que ça me rappelle? Les voyages de fin d’année au secondaire. Que ce soit Ottawa, New York, La Ronde, ou même le Village des Sports, il y avait toujours quelques camarades de classe qui préféraient se priver de manger pour magasiner plus.

Enfin bref, mon appui à un financement minoritairement public aurait été conditionnel à d’excellentes finances publiques. Donc, même pour 25%, Labeaume et ses amis ne l’ont jamais eu.

Les nationalistes, peu importe le parti, se plaindront de l’absence de financement fédéral. On nous a même dit, via les médias, que si Ottawa ne payait pas « sa part » c’était par peur d’un backlash ailleurs au pays, autre signe que le ROC fait des wetdreams de nous exterminer.

Bien, j’ai des petites nouvelles pour eux: c’est tout le Canada qui va payer. La part du provincial signifiera des coupures ailleurs, il faudra donc compenser quelque part, par cette source de revenu apparemment intarissable qui s’appelle la péréquation.

Ça veut aussi dire que ceux qui sont prêts à faire leurs boîtes pour ne pas payer l’éléphant blanc de Régis Labeaume doivent quitter le Canada, pas seulement le Québec!

Violence d’extrême-gauche: Berlin rappelée à l’ordre

L’administration municipale berlinoise a été écorchée au Bundestag ce mercredi, le caucus gouvernemental (CDU-CSU-FDP) ayant exprimé un blâme à l’encontre de sa tolérance envers la violence d’extrême-gauche. C’est le député Kai Wegner (CDU Spandau-Charlottenburg Nord) qui s’est levé en chambre.

Selon l’élu conservateur, la Sénat de Klaus Wowereit regarde ailleurs quand il est question de violence commise par des groupes d’extrême-gauche (et des « vrais », pas Amir Khadir). Anarchistes et communistes en seraient à établir des « zones de non-droit » avec le silence complice des autorités SPD/Linke.

La question est soulevée une semaine après l’évacuation du squat Liebigstrasse 14 dans Friedrichshain. 2500 policiers ont dû intervenir pour sortir des squatters. Il y a eu des dizaines d’arrestations, tant sur place que pendant des marches de soutien dans le quartier, et plusieurs blessés. Les coûts, tant pour le personnel, les frais de cours que les dommages aux biens, n’ont pas toujours pas été évalué.

En images: Ici, ici, ici, ici.

L’édifice était squatté depuis 1990. Après quelques années, la ville leur avait accordé des baux puis le processus d’expulsion a trainé devant les tribunaux après la vente il y a 10 ans.

La Ville de Berlin s’est défendue, disant qu’on avait appelé au calme… Mais come on, ces gens ne sont pas des pacifistes et considèrent que la police doit être battue, alors les mots du Sénateur de l’Intérieur d’un parti « bourgeois » comme le SPD, ils s’en tappent!

La « bataille » avant d’ailleurs commencé. Début janvier, les bureaux de l’arrondissement Friedrichshain-Kreuzberg ont été attaqué et le maire de l’arrondissement (Die Grünen) s’est fait dire qu’on ferait exploser sa voiture BZ. L’an dernier, 30 policiers ont dû protéger un simple stand de la CDU dans l’arrondissement rebelle…

Les anarchistes, communistes et autres « anti-fascistes » se font rarement arrêter, nous rappelait un texte du FAZ l’an dernier. Même si ça ne veut pas nécessairement dire que les autorités ignorent le phénomène, comme par exemple ici ce rapport de 2009.

Ce n’est pas la première fois qu’une personne de la CDU sonne l’alarme sur le freeride qu’aurait la violence d’extrême-gauche par rapport à l’extrême-droite.

Il est vrai que les nazis sont plus violents que les anarchistes. Dans son rapport 2009, le Bundesamt für Verfassungsschutz disait qu’on avait recensé 19468 « crimes politiques de droite » contre 9375 « crimes politiques de gauche » (page 36). Ceci dit, l’extrême-gauche devient plus violente tandis qu’à droite, c’est en baisse.

Évidemment que, dans leurs fondements intellectuels, nazisme et communisme ont beaucoup en commun mais, pour les fins de l’exercice, faisons comme les Allemands: ce sont deux choses opposées.

Mais au-delà de toutes les considérations partisanes, on revient au sempiternel débat sur le romantisme de la gauche versus l’inhumanité de la droite.

Les partis politiques allemands vouent une haine féroce à la « droite », qui signifie les nazis. Au point où les conservateurs de la CDU et les libéraux du FDP se voient comme des partis centristes (ce qui n’est pas faux en pratique, mais on s’éloigne du sujet…). En Allemagne, droite = nazi. Une étiquette présente depuis 80 ans, rien n’y fait. Manifester « gegen Rechts », c’est contre les nazis, pas le FDP.

Au passage, je souligne néanmoins que personne à gauche ne fait d’amalgames douteux entre libéraux et libertariens du FDP avec le nazisme comme on entend à propos du RLQ ou du Tea Party…

En ajoutant l’effet médiatique, je pense que l’on conditionne les Allemands à conclure que la violence politique ne peut être que le fait des nazis. L’extrême-gauche, c’est die Linke, c’est sympathique. Or, ce n’est pas parce qu’on commet moins de « crimes politiques » à gauche qu’à droite qu’il faudrait fermer les yeux.

Il ne viendrait à l’esprit d’aucun Allemand de relativiser le Troisième Reich. Dans la tête des Allemands, le régime nazi est tellement mal, c’est le summum de l’horreur. Pourtant, depuis 60 ans, on est toujours incapable d’avoir une telle unanimité par rapport à la RDA.

La même chose se voit auprès des squatters. Liebigstrasse 14 aurait-elle eu autant de sympathie si ça avait été un squat de nazis? Certain que non. On ne touche pas au « brun »: des propriétaires refusent de louer à des nazis, des banques ferment les comptes de leurs clients d’extrême-droite… Mais s’ils sont rouges, c’est correct!

Je me déclare même coupable: je suis un fan fini du Kunsthaus Tacheles, un squat dans les ruines d’un ancien magasin et dont les jours sont comptés… Mais aller prendre une bière dans une « Nazi-Kneipe » ou à la discothèque nazie en face du Ring Center? Over my dead body!

Mais si je peux me permettre de revenir sur la motion des parlementaires, des députés du SPD et Linke se sont levés pour dire que la violence n’avait pas sa place… Mais Swen Schulz (SPD, Landesliste Berlin) et Halina Wawzyniak (Linke, Landesliste Berlin) ont toutefois trouvé le moyen de faire des liens entre les évènements de Friedrichshain et le désengagement social du gouvernement Merkel… L’art de dire une chose et son contraire.

Ceci dit, la prochaine fois que vous verrez le Black Block dans une manif à la télé, dites-vous qu’à Berlin, ils font partie du paysages dans nos quartiers, tous les jours!

Berliner Morgenpost


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