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Mélissa François: Eyjafjallajökull, prise…2

Désolé pour madame mais derteil n’a aucune, mais vraiment aucune pitié, pour l’erreur de la lectrice de LCN lors de l’annonce de la mort de Kim Jong-Il.

Certains crient au bloopers mais je n’achète pas cette thèse une miette: Si cela avait été le cas, elle se serait reprise IMMÉDIATEMENT.

Je sens que je parle comme Denise Bombardier mais, qu’importe, il est tout à fait indigne de mettre en ondes un lecteur de nouvelles ne sachant pas qui était le dictateur de la Corée du Nord depuis 1994.

On ne parle pas du Roi du Swaziland ni d’une personne d’un siècle passé. On parle d’un dirigeant bien actuel, ayant affamé son peuple tout en faisant chanter le Japon, la Corée du Sud et les États-Unis au sujet de l’arme atomique, ce n’est pas rien!

Même si, à TVA/LCN, l’Univers se limite au Québec, c’est INEXCUSABLE. Va parfaire ta culture générale et reviens-nous dans six mois!

Cela dit, parallèlement, comment être surpris quand cette fille évolue dans un milieu médiatique complaisant et paresseux, qui a passé le mois d’avril 2010 à parler d’un « volcan islandais » parce que c’était trop demandé d’appeler l’ambassade d’Islande à Ottawa, l’Université McGill, l’Université du Manitoba, une salle de nouvelles de Reykjavík, de chercher sur Google, ou même moi pourquoi pas… pour savoir comment on prononce Eyjafjallajökull!

On reste donc dans le modèle!

Monsieur Lisée, Franz Kafka était Mordecai Richler

Quelle ironie d’entendre Jean-François Lisée faire référence à Kafka lors d’une discussion sur le français dans les milieux de travail au Québec!

Né en 1883, Franz Kafka a vécu presque toute sa vie à Prague qui, jusqu’en 1918, faisait partie de l’Empire Austro-Hongrois. Et le Prague de Kafka, qui était d’ailleurs juif, c’était « Prag » et non pas « Praha ».

À son époque, l’Empire fonctionnait en allemand et c’est dans cette langue qu’il fallait évoluer si on voulait avancer dans la vie, le statut officiel de la langue tchèque n’ayant été établi qu’en 1897.

Prague avait vraisemblablement ses « grosses Anglaises de chez Eaton’s » et si votre nom de famille était…ahem…Nadvornikova (je vois déjà rire Mathieu Demers), vous aviez généralement le même genre de destin que les Canadiens-français à la même époque.

Les oeuvres de Kafka n’ont pas été traduites en tchèque de son vivant et, même aujourd’hui, il est tellement tchèque que Wikipédia tchèque ne le dit même pas:

Franz Kafka (3. července 1883, Praha – 3. června 1924, Kierling u Klosterneuburgu) byl pražský, německy píšící spisovatel židovského původu a jeden z literárně nejvlivnějších a nejoceňovanějších spisovatelů 20. století.

Un Pragois de langue allemande et de confession juive.

En bon québécois, ça devient donc un Montréalais de langue anglaise et de confession juive.

Monsieur Lisée, controverses politiques en moins, Franz Kafka est à la République Tchèque ce que Mordecai Richler est au Québec.

Comme je disais, quelle ironie!

Un Québec fou de ses agresseurs

Mercredi après-midi, j’étais sur la route entre Saguenay et Québec et j’entendais la mère de Marjorie Raymond expliquer à Radio X (ou FM93???) que les intervenants de l’école Gabriel-Le Courtois et de la Commission scolaire des Chic-Chocs avaient préféré voir un problème domestique, la menaçant de plaintes à la DPJ advenant que l’adolescente continue de s’absenter de l’école.

Le « système » a sciemment refusé de protéger une victime. Je ne peux pas m’imaginer qu’il aurait été impossible d’envoyer un professeur lui enseigner chez elle, le temps que la situation se règle. En région, les listes de suppléance des commissions scolaires débordent!

Or, Le Soleil nous apprend que ces mêmes personnes qui ont manqué à leurs devoirs à l’égard de la victime sont toutes compatissantes envers la « bully », que l’on protège en lui disant de se terrer chez elle.

De toute façon, nous dit la mère de Jade, elle n’aurait pas envoyé sa fille dans la « fosse aux lions ».

Mme Chantal Lavigne voulait faire la même chose, sauf qu’on ne le lui a pas permis et elle a fini par décrocher sa fille pendue dans son garage sous les yeux de sa cadette de 5 ans.

Alors que, dans plusieurs pays, Jade prendrait le chemin du palais de justice, au Québec elle jouit de toute la sympathie du « système ».

Rien pour donner tort au Sénateur Boisvenu!

Une belle gang d’hypocrites

C’est la seule chose qui m’est venue en tête en voyant les images de la cérémonie à la mémoire de Marjorie Raymond à son école de Ste-Anne-des-Monts. Des élèves, des professeurs, des directeurs, des parents ont été complices dans cette histoire, et viennent maintenant se donner bonne conscience en la pleurant.

Le hasard a voulu que la nouvelle sorte alors que je me rendais à Québec pour ma sortie annuelle sur la Grande-Allée avec mon ami Martin. Si on remonte de 15 ans, c’est un gigantesque revirement… Lui qui m’affligeait de blagues homophobes douteuses a fini par devenir mon meilleur ami.

Je ne considère pas avoir été le souffre-douleur de personne « dans le temps », bien que j’aurais vraiment aimé avoir plus de « respect » de la part de mes camarades.

J’ai néanmoins eu des épisodes où j’étais possiblement dépressif mais je ne pouvais tout simplement pas concevoir l’idée du suicide. « Ils seraient beaucoup trop contents si je disparaissais ».

Mais, surtout, je me disais que si j’en finissais, je ne pourrais tout simplement jamais faire ce que je voulais dans la vie. Quelle mort plate, n’avoir jamais réalisé aucun de mes rêves!

Et voir ces loser me dire que je fais une belle vie, ça n’a pas de prix.

Hôpital: 250 km

Je l’avoue, je me suis toujours bien marré de ces histoires concernant les grands espaces canadiens. L’explication serait probablement que je ne suis jamais sorti des zones habitées. Parallèlement, je suis tout aussi désintéressé quand on me parle sur comment les Européens vivent collés. Très vite, je rappelle à mes interlocuteurs que 1000 km séparent Paris de la Côte d’Azur, qu’il faut des heures pour traverser l’Allemagne et qu’au départ de Copenhague, on roule 500 km avant d’atteindre la pointe nord du Danemark.

En 2007, j’ai pris le train de Paris vers Montluçon pour assister au mariage de mes amis dans le département de l’Allier…. 3 heures dans le bois! À me descente, je me suis exclamé « Veux-tu bien me dire pourquoi les Français viennent au Québec pour aller dans le bois? »

C’est en Islande que la notion de « territoire vide » s’est vraiment ancrée dans moi. 320000 personnes vivent sur 103000 km2 et une fois qu’on enlève le sud-ouest du pays, Akureyri et l’archipel de Vestmannaeyjar, il reste moins 100000 personnes sur un territoire immense. Rouler 2-300 km et ne rencontrer qu’une dizaine de véhicules, voir des fermes où le plus proche voisin est à des dizaines de kilomètres, voilà.

La fermière de Moðrudalur nous expliquait que le voisin est à 37 km, l’épicerie 60 et la ville 104. Helga, notre guide, disait que pour vivre dans ces coins reculés de l’est du pays, il faut avoir un congélateur bien rempli et être prêt à tout, y compris éteindre l’incendie de sa maison. La scolarité des gens est basse, les jeunes n’ayant pas toujours les moyens de continuer leurs études s’ils doivent habiter en ville… Au primaire, les enfants doivent tellement parcourir de kilomètres en autobus qu’ils ont des horaires de cours spéciaux.

Tout ça pour en venir à un sujet d’actualité de ce mardi: les salles d’accouchement en Islande rurale. Dans 7 régions du pays, les mamans doivent parcourir plus de 75 km pour donner naissance à leur enfant, la palme revient aux résidentes de Þórshöfn á Langanesi – 250 km pour se rendre à l’hôpital d’Akureyri. Un trajet long mais aussi impensable par mauvais temps, et en Islande c’est plus la norme qu’autre chose (exemple).

Pourquoi on en parle? C’est que l’Islande a besoin d’argent et les services de santé en région rurale sont dans la ligne de mire. Or, c’est un roue qui tourne, par prévoyance, les femmes se rendent en ville au lieu d’avoir à parcourir de si grandes distances. Donc, les salles d’accouchement des dispensaires des plus petites communautés en viennent à ne plus être utilisées: on ne recense aucune naissance à Egilsstaðir depuis 2002, à Húsavík depuis 2007 et à Patreksfjorður depuis 2004. Et même dans les plus grandes, compte tenu de la baisse de la fécondité, on observe une baisse des accouchements.

Le dilemme est donc prévisible. D’un point de vue comptable, logique de fermer des installations qui ne sont pas utilisées. Mais la population locale y tient tout de même, le service devant exister pour des situations d’urgence telle une naissance prématurée.

J’avoue ne pas être 100% certain que la situation ne se produit pas au Canada mais la prochaine fois qu’on m’en parler, je saurai quoi répliquer… 😀

Huang Nubo: Anguille sous roche

Le milliardaire chinois Huang Nubo est en beau maudit: le gouvernement islandais a fait volte-face et on refuse désormais de lui vendre un terrain de 300 km2, terrain qu’il disait acquérir pour construire un hôtel et un terrain de golf.

J’ai vu des gens applaudir la chose sur mon fil Twitter, notamment Bernard Drainville. Et, pour être franc avec vous, je ne crois pas qu’empêcher la transaction était une mauvaise idée.

Seulement, je m’attends à avoir une meilleur discussion. Normal que des protectionnistes s’objecteront, tout comme ceux qui ne jurent que par la nationalisation des ressources naturelles… Ce sont, disons, des justifications habituelles, universelles. Sortez-moi des paroles adaptées au sujet!

Plusieurs Islandais n’ont pas apprécié les tours de passe de la canadienne Magma Energy afin d’aquérir HS Orka..et, plus près de nous, il est de bon ton de rejeter les investissements d’entreprises non-québécoises dans des secteurs dits stratégiques.

Telle Pauline Marois ce soir, notre investisseur chinois affirme que c’est son origine ethnique qui discrédite son projet islandais.

Personnellement, et j’ai vu mon opinion partagée par bon nombre d’Islandais sur le web, je suis inconfortable avec les liens de Huang Nubo avec le pouvoir chinois. J’ai l’impression qu’il se trame quelque chose de louche, qu’il y a là une mission politique.

C’est que, voyez-vous, son projet ne tient pas de bout. Ouvrir un gigantesque hôtel dans le nord-est de l’Islande, ça ne tient pas la route d’un point de vue économique. Un terrain de golf dans une région enneigée 8 mois sur 12? Voyons!

La Chine aime beaucoup l’Islande, son ambassade est la plus grande de Reykjavík. Pas de doute que Pékin se cherche un coin près du Pôle Nord.

La prochaine fois, ils feront ça plus discrètement.

P.S.: Reportage télévisé sur la chicane entre les deux camps gouvernementaux: l’extrême-gauche exige une interdiction totale de la vente de terrains à des étrangers, les sociaux-démocrates préfèrent y aller au cas par cas.

Santé au Danemark dans La Presse: Parole de technocrate

C’est @Citoyenk qui m’a tweeté l’article suivant, paru dans La Presse le 2 novembre dernier: Financement de la santé: Le Danemark l’exemple à suivre.

Passons-le au rayons x…

Tout d’abord, prenons acte qu’Ariane Lacoursière a discuté avec un certain Poul Erik Hansen, qu’elle identifie comme le ministre de la santé du Danemark. Or, il n’en est rien. Le site officiel de la conférence le décrit chef du service économie du ministère danois de la santé. En danois, son poste s’appelle « Kontorchef » – un administrateur dans la fonction publique. Désolé mais ça part mal…

Les établissements de santé y sont gérés par cinq «régions», plutôt que par 18 agences et 95 centres de la santé et des services sociaux (CSSS) ici au Québec.

Le budget annuel du ministère de la Santé du Danemark, qui dessert 5,6 millions d’habitants, est de 20 milliards de dollars canadiens. Au Québec, où on compte 7,9 millions d’habitants, le budget annuel est de 28,1 milliards de dollars.

Il semblerait donc que le Danemark économise sur les cadres et les coûts de gestion, donc l’argent va vers les patients et non pas dans les bureaux. Je lis
ici que les coûts administratifs du système de santé danois ne sont que 5 à 8% du budget total.

Un citoyen moyen paie 50% de taxes diverses dans ce pays.

Un pauvre aussi, madame!

«Plus un hôpital traite de patients, plus il reçoit d’argent»

Combien de fois a-t-on voulu faire ça au Québec?

En 2007, le gouvernement a aussi obligé les 98 municipalités de son territoire à payer une portion des frais de santé de leur région. «Les municipalités paient ensemble 10% de la facture de leur région», explique M. Hansen.

Sans expliquer que la Kommune fait des choses qu’aucune ville québécoise ne fait… Au Danemark, la ville reçoit 50% des impôts et s’occupe de presque tous les services directs aux citoyens: passeports, garderies, perceptions des impôts, écoles… Loin de nos villes où la principale dépense est le déneigement!

«Mais pour que ça fonctionne, on a dû mettre en place un réseau d’information détaillé, dit-il. Tous les jours, les hôpitaux peuvent savoir quel est leur volume d’activité et celui des autres établissements. On présente aussi à tout le monde le prix de chacun des actes effectués à l’hôpital.»

Doit-on rappeler que le Danemark est un pays où les comptes de dépenses des élus sont sur internet? L’appareil d’État québécois manque de transparence pour se soumettre à un tel exercice. Voici un exemple de rapports, comparaisons des établissements au niveau des chirurgies ophtalmiques. Tarifs 2011.

Depuis plus de cinq ans, le gouvernement danois a aussi instauré une «garantie de traitement en un mois» pour tous les citoyens. «Si vous n’êtes pas traité en un mois, vous pouvez aller vous faire soigner dans un établissement privé ou dans un autre pays et votre région devra payer la facture», explique M. Hansen.

Malgré cette possibilité, 98% des Danois préfèrent se faire soigner dans le secteur public. Preuve, selon M. Hansen, que le réseau est efficace et de qualité. «Des gens préfèrent attendre un peu plus longtemps pour se faire soigner dans l’hôpital public de leur choix. C’est pour ça que notre temps d’attente moyen pour un acte est de 60 jours», note-t-il.

Je pense que M. Hansen spin un peu ici. Pour se prévaloir d’un tel droit, il faut répondre à certains critères, fort possible que c’est moins possible en pratique. Je m’explique aussi mal comment le déplacement de seulement 2% des patients vers le privé auraient suffi à faire baisser les listes d’attente de 30% par rapport à 2001 (voir ce rapport). Aussi, par rapport aux 2%, le rapport du ministère parle plutôt de 63000 patients qui vont au privé aux frais du public en 2009 (2008: 93000)… Cela dit, le Vérificateur général fait état d’une augmentation constante de l’argent dépensé par le public dans les hôpitaux privés. Pour 2010, Politiken parle d’un regard de patients s’étant prévalu de la garantie de soins

Ma recherche amène aussi un texte curieux. En mai dernier, Politiken relevait que les coupures et les congédiements dans les hôpitaux publics avaient réussi à réduire le temps d’attente de 67 à 53 jours en 2 ans.

Ici, un rapport du vérificateur général couvre également un aspect que ni La Presse ni la la conférence elle-même n’ont abordé. Ces Danois qui payent de leurs poches, ou via des assurances complémentaires, pour se faire soigner au privé. De 141000 en 2002, le nombre d’assurés privés est passé à 1 million en 2008. Et si, en 2007, le privé ne réalisait que 3% des chirurgies totales au Danemark, il prend une place de plus en plus importantes dans certains domaines: 22% des opérations aux yeux, 35% des interventions en orthopédie et 60% des chirurgies bariatriques sont effectuées dans les hôpitaux privés.

En juillet dernier, étude indiquait qu’un Danois sur 5 avait déjà eu recours aux soins de santé privé. Sans trop de surprises, les électeurs les plus à gauche, SF et Enhedslisten, sont les plus réfractaires.

Pour le gouvernement danois, tout le monde gagne d’avoir ces « deux vitesses »: Ceux qui peuvent aller au privé libèrent des places pour les gens qui ne peuvent pas.

Quand on lui demande quelle est la durée moyenne de l’attente au service des urgences de son pays, M. Hanse s’exclame: «Elle est longue!» Selon les périodes de l’année, elle varie de moins de 1 heure à 12 heures, selon M. Hansen. Au Québec, l’attente moyenne a été de 17h36 l’an dernier.

Contrairement au Québec, où l’accès à un médecin de famille est difficile et où la pénurie d’infirmières cause bien des maux de tête, le Danemark n’éprouve pas ces problèmes. «On a même un peu trop d’infirmières en ce moment», note M. Hansen.

C’est faire abstraction des différences fondamentales entre les deux systèmes d’assurance-maladie. Si on réfère aux informations sur le site de la Municipalité de Copenhague, on remarque que le système danois impose le médecin de famille comme premier contact dans le réseau. Les communes tiennent des listes de médecin et chacun doit s’y enregistrer, on peut demander aux autorités de nous assigner à un médecin. La clinique doit être dans les 5 km de son lieu de résidence, à moins d’avoir la permission écrite du médecin qu’on veut voir. Des frais sont applicables pour changer de médecin. Notez qu’on peut aussi être assuré dans le « groupe 2 », où vous allez chez n’importe quel médecin mais vous payez et l’assurance-maladie publique vous rembourse.

Les médecins danois ne travaillent que le jour, il faut donc s’absenter du travail pour les consulter. En dehors des heures de bureau, un « sans rendez-vous » est assuré à tour de rôle… C’est ainsi qu’on n’engorge pas les urgences pour des grippes ou des otites, un facteur très aggravant dans le système de santé québécois.

Sur les infirmières, on se rappelle que la pénurie québécoise a été causée par les mises à la retraite massives de l’ère Marois – sans compensation par une libéralisation du système de santé, sans oublier la dictature des ordres professionnels qui contingent la profession. Impossible, par exemple, de donner un poste au 65% d’infirmières danoises qui ne trouvent pas d’emploi après leurs études!

Selon le ministre, les Danois «sont fiers de leur réseau de la santé». «Ils apprécient l’accès gratuit et universel aux soins, dit-il. Et, oui, je pense qu’ils trouvent qu’ils en ont pour leur argent.».

Ce que dit le « ministre » ici a été dit dans plusieurs sondages, à savoir que les Danois ont l’impression d’en avoir pour leur argent avec tous les impôts qu’ils paient. Jusqu’à quel point c’est vrai, difficile à dire, mais je serais porté à penser que l’universalité du système fiscal amène les politiciens à être beaucoup plus responsables qu’ici.

Poul Erik Hansen a été invité à Montréal pour vendre sa salade en faveur du système de santé public à une conférence organisée par des groupes en faveur d’une tell option. Il a dit aux participants ce qu’ils voulaient entendre, c’est leur choix. Et même si ses paroles ont globalement passé l’épreuve des faits, ça m’enrage de constater qu’encore une fois, la journaliste n’a aucunement remis en doute ce qu’il lui disait.

Sans doute ne faut-il pas mal parler du Danemark quand on travaille avec Marie-Claude Lortie…

Récit d’Henrik Finn Edtwodth Andersen sur son expérience dans les deux systèmes

L’OQLF au secours de Jean Charest

Apparemment, la marche de 500 « fascistes linguistiques » aurait supposé suffit à convaincre le ministre du bonheur d’accorder des crédits afin que l’Office Québécois de la Langue Française démarre toute une campagne de sensibilisation au « respect du français dans l’affichage commercial », programme éventuellement assorti « d’aide financière » aux entreprises.

Fort probable que l’opposition péquiste ne trouve rien à redire.

Mais croyez-vous vraiment que ce sont ces 500 personnes qui ont convaincu le gouvernement? Le Parti Libéral n’a strictement rien à gagner en pliant face à des extrémistes tels Mario Beaulieu et Jean-Paul Perreault. On sait que les gens de ce genre, et même des plus modérés, se plaisent bien à l’appeler « John James Charest », à le considérer comme un Quisling du fédéralisme ou du colonialisme britannique.

Mais Jean Charest est un fin renard. Il sait très bien que le peuple resserre les rangs quand la nation est menacée, un bon vieux truc de dictateur impopulaire qu’on peut très bien recycler partout.

Et pendant qu’on en parlera, on oubliera qu’il n’y a toujours pas d’enquête sur la construction et que le Québec arrive de plus en plus proche de la faillite…

Cachez ces trophées pas assez prestigieux?

Dimanche en soirée, Jonathan Boyer a tweeté cet article de Canoe où Karkwa exprime son mécontentement envers l’ADISQ, qui les a fait revenir d’Europe pour jouer mais sans leur remettre de prix.

Je me demande cependant pourquoi chialer qu’on ne gagne pas quand on n’est même foutu de le mettre sur son CV?

«En général, il y a un manque de curiosité flagrante au Québec, poursuit François. L’autre jour, j’ai vu des annonces de la radio NRJ au cinéma et c’était Sean Paul et Lady Gaga que l’on voyait. Où sont les Québécois là-dedans? Ils disent qu’ils aiment la musique francophone québécoise, mais c’est de la crisse de marde!»

Sur une note plus joyeuse, Karkwa a amorcé une nouvelle tournée européenne, à la mi-octobre. Le groupe s’est produit notamment au Iceland Airwaves, un populaire festival de musique, en Islande. «On a donné deux concerts et il y avait environ 200 personnes, dit Louis-Jean. Je me suis fait arrêter sur la rue par un Islandais qui m’a dit qu’il nous suivait depuis Les tremblements s’immobilisent.»

Euh…désolé les boys mais ça ne marche pas comme ça. On confond les genres ici. Conservatisme et uniformité des majors, ça ne veut pas dire que le public est aussi mainstream que les matantes de Star Académie. Si c’est comme « dans mon temps », les plus jeunes ne se reconnaissent pas vraiment dans la pop bonbon de NRJ et Musique Plus.

Mais la musique, c’est comme tout le reste. Pas tout le monde est un Claude Rajotte. Et c’est même relatif: mon ipod est peut-être exotique dans ma voiture ici mais dans le marché d’origine de ces artistes, bof…

Louis-Jean s’étonne d’avoir un fan à Reykjavik? Páll Óskar serait peut-être surpris de savoir que je tape ce billet en écoutant sa pièce « La dolce vita ». J’ai déjà croisé des acteurs allemands au Saguenay.

Mais est-ce que ça veut dire que, parce qu’un dude random les connait qu’ils sont partout en Islande? Allo! Oui, je me souviens très bien que c’est à Rás 2 que j’avais découvert Malajube et possible que Karkwa y ait déjà figuré mais reste que je suis certain que si François voyait ceci, il se dirait que la direction musicale de FM957 pense, comme il présume pour NRJ, aussi que « íslenski tónlistinn er skít ».

Combien d’artistes européens ont gagné un prix aux MTV Europe Music Awards? ZÉRO! À part Justin Bieber et le groupe coréen BigBang, tous les gagnants sont Américains. Est-ce que ça veut dire qu’aucun artiste européen ne peut rivaliser avec eux? Pas du tout.

Les artistes québécois qui en veulent aux majors parce que leur matériel, moins mainstream, ne passe pas, ne devraient pas voir leur salut dans des quotas plus stricts. C’est au contraire ce qui étouffe la musique québécoise.

Aucun musicien au Québec ne pourra réaliser son plein potentiel tant et aussi longtemps que les quotas de l’ADISQ et du CRTC le protégeront.

Visir.is

Rebaptiser les commerces: Laver plus blanc que blanc

Samedi après-midi, le centre-ville de Montréal a été « visité » par des manifestants sympathiques à la cause du Mouvement Montréal Français pour augmenter la présence du français dans les commerces. Signe que l’agenda des militants linguistique se radicalise, la cible n’est désormais plus tant la langue de service (la situation s’étant grandement améliorée), mais les noms.

Permettez-moi d’abord de voir, encore une fois, une preuve que ces gens sont anti-anglais davantage que pro-français quand j’observe que des marques comme American Apparel et Second Cup les empêchent de dormir, mais qu’ils n’ont absolument rien à cirer du suédois IKEA ou des danois Jysk ou Ecco.

Je rage quand j’entends Denis Trudel dire à François Cormier de Radio-Canada que le mouvement n’exige que la « normalité », ce que « tous les peuples du monde ont ».

Bien, Denis, allons voir…

Constatons d’abord que les « Bureaux en Gros », « Marché Express » ou encore « Les Cafés Starbucks » sont des faveurs accordées aux marché québécois et dont on ne retrouve que peu d’exemples ailleurs dans le monde.

L’automobiliste européen qui va faire le plein chez Total va payer dans un dépanneur appelé « Bonjour » sur la totalité du continent… Pas de « Ciao » ou de « Dobry den ». À côté, Aral impose la bannière « Aral Store ». Lequel préférez-vous?

Les grandes banques américaines servent volontiers leurs clients en espagnol mais elles ne traduiraient jamais le « branding » de leurs cartes, et encore moins leurs noms. D’ailleurs, trouvez-moi donc le slovaque sur celles-ci, ici je vois très bien le « expires end of » mais pas de féroïen et aucune trace de russe ici non plus. Une des grandes institutions financières suédoises a pour nom Swedbank, pas Sveriges Bank.

Mais puisque l’on parle de magasins et de vitrines, continuons notre tour du monde…

Voici l’affichage des soldes devant un magasin Karstadt en Allemagne.

Observons les noms des commerces dans ces centres d’achats de Reykjavik, Oslo, Mlada Boleslav, Copenhague et même Sofia.

Les mêmes noms reviennent, sans traduction, et même, parfois, derrière une raison sociale anglaise se cache une entreprise tout à fait locale. Et non, ça ne semble pas causer d’urticaire à beaucoup de monde hors du Québec et de la France.

Ma recherche m’a même fait découvrir que Pharmaprix a des magasins en Pologne, en Israël et en Chine sous le très local nom de Super Pharm!

Et au final, parce qu’on pourrait en parler éternellement, j’aimerais souligner que, selon moi, ces enragés du français devraient apprendre à pardonner. Pardonner, ça ne veut pas dire s’écraser ou se soumettre, contrairement à ce qui semble être exprimé.

Je me souviens de mon étonnement de voir des touristes israéliens en Allemagne, tout comme je trouvais étrange les bonnes relations des Tchèques et des Polonais à l’égard de leurs voisins qui, il y a 70 ans, voulaient les exterminer. Et quand j’en ai discuté, on me disait essentiellement « C’est fini ces histoires-là ».

Il n’y a jamais eu de chambres à gaz au Québec. Aucune mesure contre le français n’a été aussi dure que ce que la Russie et l’Allemagne ont fait subir à la culture polonaise.

Et pourtant, à entendre nos drama queens nationalistes, on croirait que c’est tout le contraire.

Bien ce sont eux les impérialistes.


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